Billet de blog 31 décembre 2025

Timour Aubin et Margot Krafft Prunier

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Municipales à Paris, Lyon et Marseille : une élection à haut risque pour la gauche

Les élections municipales de 2026 seront à haut risque pour la gauche par une multitude de facteurs : Droite à l'offensive, extrême droite en embuscade, réformes PLM... Décryptage.

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Histoire des différentes lois PLM

La loi PLM, votée en 2025 qui modifie le mode de contrôle pourrait faire basculer les résultats. Mais pour comprendre cette nouvelle loi, faisons un peu d'histoire.

Tout a commencé en avril 1884, avec une loi fondatrice du fonctionnement démocratique moderne des communes. elle stipulait que l'élection serait doréenavant à deux tours au examen de liste, mais décompte des voix par candidat. par la suite, elle a été changée de nombreuses fois. Mais, c'est avec  les  lois PLM que le système est ainsi à l'heure actuelle. tout d'abord, que représentent elles ?

Les lois PLM (Paris-Lyon-Marseille) sont un ensemble de lois françaises qui traitent la façon dont les conseils municipaux et les maires des trois plus grandes villes du pays sont élus, à savoir ceux de Paris, Lyon et Marseille selon Wikipédia. la première édition de ces lois date de 1982, et la deuxième, plus récente, date de 2025. elle a notamment été très controversée par les députés de l'Assemblée Nationale (183 pour l'adoption de la loi, majoritairement le Rassemblement National et La France Insoumise., et 53 contre cette loi notamment le Parti Socialiste et Les Écologistes. )

En ce mois de décembre, les enjeux sont déjà immenses pour ces 3 grandes villes, dont la façon de voter modifié rajoute de l'inconnu dans le résultat, prévu pour le 15 et 22 mars 2026. les sondages, déjà incertains, seront sans doute encore plus dans le flou, selon un journaliste au pôle politique. en effet, c'est la première fois que les municipales 2026 se déroulent sous cet angle.

« La seule chose que je veux pour Paris, c'est qu'un électeur peut avoir les mêmes droits et autant compter à Paris qu'ailleurs. (…) Une réforme en profondeur de la loi « Paris-Lyon-Marseille » pour revenir au droit commun » , disait le président Emmanuel Macron lors d'une conférence de presse, en janvier 2024.

Autre point important : la première majoritaire pour la liste arrivée en tête sera réduite de 50 à 25 %, ce qui profitera aux autres partis et partira encore un peu plus les pouvoirs de villes.

La gauche se cherche l'union

Face au danger de la droite (Paris et Lyon) et de l'extrême droite (Marseille), la gauche a choisi l'union dans les trois plus grandes villes de France.

À Lyon, Grégory Doucet, le maire écologiste sortant est soutenu par une large coalition de gauche allant de l'APRES (mouvement des ex-insoumis Clémentine Autain et Alexis Corbière) au Parti Socialiste. À Marseille, le socialiste Benoît Payan bénéficie lui aussi du même soutien, Les Écologistes ayant validé leur syndicat derrière le Printemps Marseillais, la coalition des gauches marseillaises menée par Payan.

À Paris, un feu suspense régnait pour savoir si un accord aurait bien lieu entre le PS, Les Écologistes et le PCF.

C'est David Belliard mercredi 17 décembre au matin qui brisa le silence en se retirant au profit d'Emmanuel Grégoire, tête de liste socialiste.

Belliard avait soumis au vote des écologistes parisiens son projet d'alliance avec les socialistes comprenant son retrait au profit de Grégoire mais aussi une meilleure représentativité des verts dans la gouvernance de la capitale. Ce même projet d'alliance avait également été présenté aux communistes et socialistes parisiens dans un vote, avant d'être adopté, comme chez les écologistes.

Un parti manque cependant à l'appel : La France Insoumise. Le mouvement de Jean Luc Mélenchon a décliné les offres d'union dans les 3 plus grandes villes de France. Pourquoi ?

"Nous avons eu des dialogues avec tout le monde, mais dans la grande majorité des départements, nous constatons que LFI divise et refuse l'union"  explique Pierre Lacaze, responsable Élections du PCF au journal  Le Monde.  Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise en répondant au journal  Le Monde  sur une question portant sur toute la France ,  que les insoumis ont proposé aux écologistes « un accord national »  le député des Bouches-Du-Rhône , « A Tours, à Besançon…, ils voulaient que l'on soit derrière eux. Dans aucune ville, ils n'étaient prêts à être derrière nous ».

À droite, la droite vire à droite

"On verra à ce moment là". C'est cette petite phrase, lâchée par Martine Vassal, candidate de la droite à Marseille, lorsque le journaliste de  Sud Radio  lui demande si elle s'alliera avec le RN au second tour qui a eu l'effet d'une véritable bombe politique dans le monde politique marseillais, et même au delà. Car même si elle a démenti ces propositions le lendemain sur les antennes d' Ici Provence , cette position en dit long sur "l'extrêmisation" de la droite. La candidate marseillaise avait déjà expliqué au journal  La Provence  début 2025 qu'elle partageait des valeurs avec le RN. La position tenue sur une potentielle alliance avec le RN au second tour a fait réagir jusqu'à ses propres alliés, à savoir les machinistes, par la voix de Sabrina Agresti-Roubache, ancienne ministre d'Emmanuel Macron qui a appelé Gabriel Attal, le président de Renaissance, à « prendre ses responsabilités », autrement dit à soutenir le soutien de Martine Vassal. Le parti à prévenu : " Aucune discussion, aucun accord, aucune alliance n'a et n'aura lieu avec le Rassemblement national et ses alliés. Ni avant, ni pendant, ni après les élections. ",  en guise de piqure de rappel pour Mme Vassal.

À Lyon, le candidat de la droite, Jean-Michel Aulas, ancien patron de l'OL, le club de foot de Lyon, représente un réel danger pour l'édile écologiste Grégory Doucet. En plus d'une domination dans les sondages, Aulas bénéficie d'une très grande notoriété à Lyon, et d'un soutien de tous les  partis de centre et de droite . l'OL est prêt à tout pour gagner la ville, même en diffusant des fakes-news, comme lorsque le candidat LR dénonce une soi-disant "explosion" de la dette de la Métropole de Lyon, dirigée par les Verts, alors qu'elle baisse au contraire.

Mêmes raccourcis quand Jean‐Michel Aulas estime fin novembre que les dettes  « explosent »  à la métropole de Lyon depuis cinq ans, alors que l'encours de la dette en 2024 (1,85 milliard d'euros) est réellement identique à celui de 2019 (1,78 milliard) selon les rapports financiers de la collectivité. Ou quand il s'appuie sur des chiffres  « accablants »  de l'insécurité à Lyon, pourtant loin de la réalité, comme l'a analysé  la Tribune de Lyon .

À Paris, enfin, la candidate de la droite (les macronistes soutenant un autre candidat), Rachida-Dati est en pôle position pour gagner la capitale, aux mains de la gauche depuis le début du siècle. La candidate de la droite est par ailleurs soupçonnée de beaucoup de fait de corruption, mais aussi de ne pas avoir déclaré des bijoux à la Haute Autorité de la Transparence de la Vie Publique, comme l'avait révélé le journal  Libération . Un procès aura lieu pour cette affaire du 6 au 28 septembre 2026.

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