Ce dimanche 7 décembre, après le spectacle de l’humoriste Ary Abittan, la Première dame française a qualifié des militantes du collectif féministe #NousToutes de « sales connes ». Cet évènement a fait le tour des réseaux sociaux et a donné lieu à une polémique.
Tout d’abord, en 2021, l’humoriste français Ary Abittan avait été accusé de viol par une jeune femme de 23 ans. Néanmoins, il a bénéficié en 2024 d’un non-lieu lors de son procès.
Il avait disparu des médias depuis l’accusation et est revenu cette année pour une nouvelle tournée de spectacles cette année. Ce 7 décembre, la conjointe du président Brigitte Macron avait assisté à son one-man-show.
Quatre militantes du collectif #NousToutes qui est engagé contre les violences faites aux femmes sont intervenues à son spectacle ce soir dernier. En effet, elles portaient un masque à l’effigie de l’humoriste avec écrit « violeur » sur son front. Elles scandaient également « Abittan violeur » dans la salle. Elles ont été ensuite immédiatement sorties de la salle par la sécurité.
À la fin du spectacle, Abittan avait rencontré la Première dame française dans sa loge et avait échangé quelques mots :
« J’ai peur. » « Peur de quoi ? » « De tout. » « S'il y a les sales connes, on va les foutre dehors ! »
Cet échange avait été filmé et publié sur les réseaux sociaux par le média Public. La vidéo a fait polémique et plusieurs Françaises ont pris la parole sur TikTok et Instagram en se qualifiant de « sales connes » et en créant le hashtag #salesconnes pour montrer leur mécontentement face aux propos de Mme Macron et leur soutien au collectif féministe. Des célébrités également se sont prononcées, comme notamment l’actrice Marion Cotillard. Elle avait ainsi posté sur Instagram : « Je suis une sale conne » en écriture blanche et en fond noir et en description : « Et fière de l’être ». Les chanteuses Santa, Camélia Jordana ou encore le député Sébastien Delogu ont approuvé la publication de l’actrice. Cet évènement a donc pris une grande ampleur et est devenu « viral ».
Une plainte contre Brigitte Macron a été déposée au nom de 343 femmes et de plusieurs associations féministes pour injure publique. Elle a donc présenté ses excuses lors d’une interview pour le média Brut en disant « désolée » d’avoir blessé les femmes victimes et que cet échange était « destiné à quatre personnes ». Le fait qu’elle « n’aurait certainement pas employé ces termes-là en public » et qu’elle n’ait pas regretté « de parler » a aussi été mentionné par l’épouse du président. Ainsi, elle risque 12 000 € d’amende si elle est reconnue coupable d’injure publique.
Le journal de l’Humanité a également demandé la réponse de #Noustoutes à Brigitte Macron lors d’une interview avec Marie, faisant partie du pôle média du collectif. Elles disent avoir été « effarées » et « pas très surprises » face à ces paroles « lamentables ». C’est une « confirmation du mépris de l’État pour leurs luttes, de la culture du viol et du soutien aux agresseurs ». Le plus important : « Un non-lieu veut dire qu’il n’y a pas assez d’éléments, ce n’est donc pas un acquittement », dit Marie au sujet d’Ary Abittan.
Enfin, cette polémique a grandement dégradé la réputation de Mme Macron auprès des Françaises, mais les a aussi appelées à se battre encore plus contre la situation des femmes en France.