Belo Monte: "Nous n'allons pas à Brasilia pour négocier”, affirment les indigènes

Après avoir occupé pendant 9 jours l'Usine Hydroélectrique de Belo Monte, un groupe d'environ 150 indigènes arrive à Brasilia ce mercredi 4 juin, pour une réunion avec des représentants du gouvernement fédéral.

 © Leticia Leite © Leticia Leite
Après avoir occupé pendant 9 jours l'Usine Hydroélectrique de Belo Monte, un groupe d'environ 150 indigènes arrive à Brasilia ce mercredi 4 juin, pour une réunion avec des représentants du gouvernement fédéral. Le dialogue prendra place au Palácio du Planalto, avec les ministres José Eduardo Cardozo, de la Justice, Gilberto Carvalho, du Secrétariat Général de la Présidence, et Edison Lobão, des Mines et Énergies et représentants d'autres ministères du gouvernement fédéral. La vice procureur général de la république. Deborah Duprat, doit aussi participer à la conversation.

Le principal chantier du barrage a été occupé deux fois, pendant 17 jours, au cours du mois de mai. Les indigènes revendiquent la suspension des chantiers et études de barrages en terres indigènes et la garantie de droit de consultation en amont avec pouvoir de veto.

“Nous n'allons pas à Brasilia pour négocier avec le gouvernement”, explique le porte parole du grand chef, Jairo Saw. "Nous n'avons passé aucun accord, nous n'en passeront pas. Nous allons présenter notre position sur la construction des barrages hydroélectriques sur nos territoires, et exiger que le gouvernement respecte la Constitution et les traités internationaux qu'il a signés, qui garantissent notre droit d'être consultés. Nous voulons pouvoir dire non".

Les indigènes affirment qu'ils n'iront signer aucun type de liste de présence ou document de réunion. "Ici au Xingu, ils vont jusqu'à utiliser des listes de présence de maquettes de l'usine pour dire que nous avons été consultés.", relate Socorro Arara. "Nous savons qu'à Belo Monte ils ont manipulé beaucoup de réunions dans les villages et les villes pour faire comme si ils nous avaient réellement consultés en amont.".

Pour le président de l'association Pusuru, Cândido Waro, la réunion représente une fois de plus la volonté des peuples indigènes à dialoguer avec le gouvernement fédéral. Mais il exprime de la préoccupation : "Nous savons que cette réunion peut être un piège, comme les autres fois lorsqu'ils ont tenté de nous obliger à signer des documents en faveur de l'hydroélectrique", souligne t-il.

Si le gouvernement le gouvernement n'est pas d'accord avec les demandes présentées à la réunion, affirment les indigènes, il est probable que de nouveaux mouvements surviennent. "Nous n'allons pas laisser arriver sur les rios (Teles Pires et Tapajós) ce qui est en train de se passer à Belo Monte. Selon ce qu'ils répondront, nous allons encore plus compliquer la vie du gouvernement", à conclu Cândido.

Par Ruy Sposati, publié sur xingo vivo , le 4 juin 2013

Source : http://www.xinguvivo.org.br/2013/06/04/nao-estamos-indo-a-brasilia-negociar-afirmam-indigenas/

trad. haut fay

 

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