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Billet de blog 24 juin 2013

[Belo Monte] Sous pression, le gouvernement suspend les études de barrages sur le rio Tapajós.

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Munduruku © 

Sous pression depuis deux mois d'affrontements et de résistance des indigènes Munduruku, le gouvernement fédéral a suspendu les recherches pour la construction de barrages hydroélectriques. L'annonce a été faite pendant la réunion sur la place publique en fin d'après-midi de ce dimanche 23 juin, à Jacareacanga, à l'extrême ouest du Pará. Les chercheurs qui étaient dans la zone indigène ont quitté la ville.

"La Funai et le gouvernement fédéral, comme un tout, suspendent tout type de recherche en cours dans votre région", a affirmé la porte parole de la présidence de la Fondation Nationale de L'Indien, Lucia Alberg, malgré le fait que le ministre Gilberto Carvalho ait annoncé publiquement qu'il ne suspendrait ni les travaux, ni les études.

"Nous nous sentons très heureux", souligne le chef des guerriers Paygomuyatpu Munduruku. "Elle ne nous a encore fourni aucune preuve de cela, mais nous sommes très satisfaits avec ce qu'elle a dit". En mai et juin les indigènes Munduruku ont réalisé un nombre infini d'actions exigeant la suspension des chantiers et des études des barrages sur les rios Tapajós et Teles Pires, rios où vivent 13 000 personnes du peuple Munduruku.

En mai, à la suite d'une assemblée qui a réuni plus de 200 femmes, chefs, leaders et guerriers, les Munduruku ont marché dans les rues de Jacareacanga et ont rejoint les autres indigènes du bassin de Tapajós et du centre Xingu. Ils ont effectué deux occupations qui ont paralysé les travaux de l'usine hydroélectrique de Belo Monte pendant 17 jours, ont voyagé jusqu'à la capitale fédérale, ont réalisé une marche, occupé le siège de la Funai, manifesté au ministère des mines et énergies et au Palácio do Planalto (siège du gouvernement brésilien). Vendredi dernier, un groupe de quarante guerriers a expulsé environ 25 chercheurs de l'entreprise Concremat, prestataire de service du groupe d'études Tapajós, consortium composé par Camargo Correia, GDF Suez et Eletrobras, entre autres.

Dans ce contexte, les Munduruku ont subi un processus de criminalisation, diffamation et répression de la part du gouvernement fédéral. Les notes publiques, les déclarations à la presse et les procès judiciaires accusaient les indigènes de criminels et de menteurs, questionnant la légitimité du leadership Munduruku qui a engagé une mise en demeure pour crime contre les déclarations du ministre Gilberto Carvalho.

CHERCHEURS

"Nous avons libéré les chercheurs. Nous ne voulons plus les voir ici", explique la leader Maria Leusa Kabá. "Si ils reviennent, nous allons couper la tête des chercheurs. Nous sommes des guerriers. Nos anciens guerriers sont connus pour être des coupeurs de tête. Nous n'avons pas oublié notre passé", affirme Leusa.

"Nous allons continuer notre combat. Nous ne voulons pas qu'elles (les études) soient suspendues. Nous voulons que les études et les travaux soient annulés. La suspension est une victoire partielle", conclue Paygomuyatpu.

par ocupacaobm, Ruy Sposati, de Brasília (District Fédéral)

Sources : CIMI

http://ocupacaobelomonte.wordpress.com/2013/06/23/sob-pressao-governo-suspende-estudos-de-barragens-no-rio-tapajos/

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