L'Allemagne expulse des milliers de gitans réfugiés des Balkans (un article de Luna Bólivar publié dans Periodismo humano)

Un article de periodismo humano que je lis de temps á autre, traduit de l'espagnol par mes soins. 

Un article de periodismo humano que je lis de temps á autre, traduit de l'espagnol par mes soins.

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Choquée par les déclarations de Nicolas Sarkozy à ce sommet de l'union européenne où il avait déclaré que Angela Merkel, elle aussi s’apprêtait á expulser les roms de l'Allemagne, j'ai cherché des informations un peu partout sur la web.

Une amie chilienne vient juste de me faire parvenir cet article que j'ai jugé bon de traduire en francais pour en simplifier la compréhension aux non hispanophones, l'original est en dessous et le lien vers l'article paru ce jeudi.

Les autres articles de cette journalistes sont intéressants, pour ceux qui lisent l'espagnol, je ne saurai trop vous conseiller de les lire,c'est ici

 

Alemania deporta a miles de gitanos refugiados de los Balcanes

L'Allemagne expulse des milliers de gitans réfugiés des balcans

par Luna Bolívar Manaut le 14 octobre 2010

 

Depuis le début 2010, Paris a rapatrié plus de 8.000 rom et a démantelé un grand nombre de camps en laissant ce faisant nombre de personnes sans toit au dessus de leur tête. Le sujet est dans les journaux télévisés de toute l'Europe, il fait la une des magazines et est débattu avec intensité non seulement à l'intérieur, mais aussi aux portes de nos institutions communautaires. Durant les dernières cinq années, et principalement pendant ces derniers 12 mois, Berlin a expulsé à quelque 15.000 gitans. Le fait trouve à peine écho dans la presse.

 

« Nous n'avons pas de chiffres concrets car quand ces personnes sont arrivées ici, personne n'a enregistré à quel groupe éthnique ils appartenaient », signale Stefan Telöken, d'ACNUR Allemagne. « Eux-mêmes ne se définiraient as comme rom, mais comme Serbes ou des kosovars », ajoute Bernd Mesovic, de l'ONG Pro Asyl. Des chiffres concrets n'existent pas non plus parce que le Gouvernement allemand n'informe pas sur les rapatriements qu'il mène à bien. Le Parlement est obligé de répondre seulement quand on le lui demande. « À partir de là, nous effectuons nos estimations. Mais, pour être sincères, celles-ci sont peu représentatives. Le sujet est très difficile », reconnaît Mesovic.

 

Ce que l'on sait est que la majorité des gitans qui au début des 90 fuyaient la guerre en ancienne Yougoslavie et celle du Kosovo à la fin de la décennie, ont cherché refuge en Allemagne. Ils ont dû arriver à être des centaines de milles. « En 2005, ils restaient quelque 25.000 réfugiés rom en Allemagne. Aujourd'hui, ils seraient approximativement 10.000 », esplique Telöken, « c'est toute l'information dont nous disposons, bien que je doive dire que les données ne sont pas les nôtres. »

 

L'UNICEF donne le même nombre. L'organisme parle de 11.770 gitans menacés d'expulsion sur le sol allemand, dans un rapport publié en juillet 2010. Entre 42 et 50 pour cent de d'eux sont mineurs de moins de 18 ans ; deux tiers sont nés en Alemagne. Ils vivent depuis parfois des décennies sous des statuts sociaux « réfugiés », qui n'est pas un permis de séjour et qui offre légalement une vague protection.

 

Trois sur quatre des enfants gitans rapatriés par l'Allemagne cesse d'aller au collège quand ils arrivent au Kosovo, écrit l'UNICEF. Les raisons sont la pauvreté, les difficultés avec la langue locale qu'une grande partie d'entre eux ne parle déjà pas et le manque de certificats qui créditeraient leur passage dans le système scolaire allemand. « Beaucoup de ces mineurs sont ici bien intégrés », déclarait Tom Königs dans la présentation de l'étude à Berlin, « l'expulsion leur vole pratiquement toutes les occasions d'un futur meilleur ». 100 pour cent des enfants interrogés par l'UNICEF après l'expulsion disent qu'ils veulent retourner en Allemagne.

 

C'est qu'il règne dans les campements de réfugiés où les laissent les avions charter allemands de piètres conditions de vie. Les possibilités de récupérer leurs maisons abandonnées sont nulles. Les propriétés des roms ont été pillées, incendiées ou confisquées pendant ou après les conflits. Il y en a qui ne possèdent même pas une preuve d'identité parce que leur fuite s'est produite en pleine panique et, évidemment, non par des voies officielles. Trouver un emploi quand persistent encore les haines est pratiquement impossible. Les guerres ne sont pas si lointaines et pas non plus le désir « de nettoyer » des États complets d'ethnies hypothétiquement étrangères, aussi des roms.

 

Dans les Balkans occidentaux, l'indice de chômage des rom dépasse parfois 70 pour cent, l'espérance de vie de ce groupe est moindre que celle du reste de la population, la mortalité infantile plus grande et fréquemment apparaissent des cas de malnutrition », dit Zeljko Jovanovic, chercheur de l'Open Society Institute et coauteur du rapport Voies vers le progrès, l'Union Européenne et l'inclusion des roms dans les Balkans occidentaux, « la majorité des gitans continue de vivre là dans des conditions qui sont plus propres de pays en développement que de l'Europe du vingtième siècle. Confinés dans des ghettos, dans des quartiers de cabanes, dans des domaines de réfugiés, habitant des terres contaminées, exposés aux expulsions forcées et à qui l'on nie le simple droit basique d'avoir des droits ».

 

Mais l'histoire ne commence pas avec la désintégration de l'ancienne Yougoslavie : il y a des milliers d'années de marginalisation qui ont atteint leur plus haut sommet pendant la seconde guerre mondiale, rappelle Jovanovic. Porraimos, dont le nom en rom signifie la destruction, c'est l'holocauste gitan. Entre 220.000 et 1.500.000 roms ont été victimes de la terreur nazi, la majorité en Europe de l'est. Des Serbes, Croates, Bulgares, hongrois, roumains ont participé ou ont permis et laissé faire l'extermination. Et puis est arrivé le communisme.

 

« Pendant l'époque communiste on a essayé d'assimiler les gitans et de restreindre leurs libertés. En Bulgarie, on a interdit la langue et la musique rom dans les lieux publics. En Tchécoslovaquie, les gitans étaient considérés comme "une couche sociale dégradée" et on a mené à bien des stérilisations de femmes rom comme un moyen politique destinée à réduire sa population », raconte Jovanovic. L'État de droit et le libre marché n'ont pas signifié non plus le principe de temps meilleurs : « l'effondrement dans les niveaux de vie de cette minorité n'a pas de précédents », assure l'expert.

 

Actuellement, la pauvreté est encore le principal obstacle pour l'intégration. « La transmission de la misère de génération en génération a renforcé un sentiment fataliste chez les rom qui ont cessé de croire que leur situation peut s'améliorer. "Et la vérité est que, non seulement elle ne s'est pas améliorée, mais que durant les 20 dernières années, elle a empiré" constate Jovanovic. Ni dans toute l'Europe de l'Est ni concrètement dans les Balkans, on ne pourra considérer la transition à la démocratie comme réussie tant qu'elle ne soit pas mis un terme l'exclusion socio-économique de la population gitane, de cela le chercheur est sûr.

 

L'Allemagne, pendant ce temps, dit apporter avec les rapatriements son grain de sable pour qu'une telle chose arrive en contribuant de ce fait à construire des « sociétés multiculturelles » dans les Balkans. Les processus de rapatriement dans les zones qui ont récupéré une certaine stabilité politique ont pu être menées à bien sans grande difficulté. Seulement le Kosovo a continué de poser un problème. Quand les Nations Unies ont administré la province, la porte au renvoi de gitans à la région a été fermée. Les allemands ont essayé pour la première fois en 2003, mais l'UNMIK a refusé : les minorités couraient danger en terre kosovar.

 

En février 2008, le Kosovo a été unilatéralement proclamé indépendant. Sept mois ensuite, la délégation de l'ONU a fait ses valises et a livré le pays à un gouvernement et à un Exécutif en grand besoin de reconnaissance. En juillet 2009, Berlin et Prístina ont signé le premier accord pour le rapatriement des kosovars de différentes ethnies, entre eux milliers de gitans. Cette même année, Navanethem Pillay, la haute commissaire des Nations Unies pour les Droits Humains, a qualifié l'Allemagne « de l'Exécutif le plus hostile aux rom de toute l'Europe ».

 

Le Conseil de l'Europe continue à déconseiller le retour des roms au Kosovo. En avril 2010, Berlin et Prístina ont ratifié un second traité de rapatriement.

 

 

 

 

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El campo de Podgorica, en Montenegro. Aquí se refugian miles de gitanos de la persecución étnica: se les acusa de colaborar con los serbios. (AP/ Eileen Kovchok)

 

TEXTE ORIGINAL

Desde principios de 2010, París ha repatriado a unos 8.000 romaníes, ha desmantelado campamentos de gitanos y dejado a un número indefinido de personas sin techo. El tema abre telediarios en toda Europa, es portada de periódicos y se debate con intensidad no sólo dentro, sino también a las puertas de las instituciones comunitarias. En los últimos cinco años, y principalmente a lo largo de los pasados 12 meses, Berlín ha expulsado a unos 15.000 gitanos. El hecho apenas encuentra eco en la prensa.

 

 

 

“Cifras concretas no tenemos porque, cuando estas personas llegaron aquí, no se registraba a qué grupo étnico pertenecían”, advierte Stefan Telöken, de ACNUR Alemania. “Ni ellos se definían a sí mismos como romaníes, sino como serbios o kosovares”, añade Bernd Mesovic, de la ONG Pro Asyl. Cifras concretas tampoco existen porque el Gobierno alemán no informa sobre las repatriaciones que lleva a cabo. Sólo cuando es preguntado en el Parlamento está obligado a contestar. “A partir de ahí, realizamos nuestras estimaciones. Pero, para ser sinceros, éstas son poco representativas. El tema es muy difícil”, reconoce Mesovic.

 

Lo que sí se sabe es que la mayoría de los gitanos que a principios de los 90 huían de la guerra en la antigua Yugoslavia, y de la de Kosovo a finales de la década, buscaron refugio en Alemania. Debieron llegar a ser cientos de miles. “En 2005, quedaban unos 25.000 romaníes asilados en Alemania. Hoy, serían aproximadamente 10.000”, expone Telöken, “es toda la información de la que disponemos, aunque he de decir que los datos no son nuestros.”

 

UNICEF coincide en el número. De 11.770 gitanos amenazados por la repatriación sobre suelo germano habla el organismo en un informe publicado en julio de 2010. Entre un 42 y un 50 por ciento de ellos son menores de 18 años; dos tercios ha nacido en Alemania.Años, a veces décadas, llevan viviendo en el país con estatus de “consentidos”, que no es un permiso de residencia y legalmente ofrece vaga protección.

 

Tres de cada cuatro niños gitanos repatriados por Alemania deja de ir al colegio cuando llega a Kosovo, escribe UNICEF. Las razones son la pobreza, las dificultades con el idioma local- que gran parte de ellos ya no habla- y la falta de certificados que acrediten su paso por el sistema escolar germano. “Muchos de estos menores están aquí bien integrados”, declaraba Tom Königs en la presentación del estudio en Berlín, “la deportación les roba prácticamente todas las oportunidades de un futuro mejor”. El 100 por cien de los niños preguntados por UNICEF tras la expulsión dice que quiere volver a Alemania.

 

Y es que son desolados campamentos de refugiados en los que reinan ínfimas condiciones de vida el lugar al que los aviones chárter fletados por las autoridades germanas los regresan. Las posibilidades de recuperar sus casas abandonadas son nulas. Las propiedades de los romaníes fueron saqueadas, incendiadas o confiscadas durante o después de los conflictos. No son pocos los que ni siquiera poseen documentación, porque la huida se produjo en medio del pánico y, claro está, no por cauces oficiales. Encontrar un empleo cuando aún persisten los odios es prácticamente imposible. Las guerras no quedan tan lejos y a éstas las movió el deseo de “limpiar” Estados enteros de etnias supuestamente foráneas, también de gitanos.

 

“En los Balcanes occidentales, el índice de desempleo entre los romaníes supera a veces el 70 por ciento, la esperanza de vida de este grupo es menor a la del resto de la población, la mortalidad infantil mayor y con frecuencia aparecen casos de malnutrición”, cuenta Zeljko Jovanovic, investigador del Open Society Institute y coautor del informe ¿Vías hacia el progreso? La Unión Europea y la inclusión de los romaníes en los Balcanes occidentales, “la mayoría de los gitanos continúa viviendo allí en condiciones que son más propias de países en desarrollo que de la Europa del siglo XXI. Confinados en guetos, en barrios de chabolas, en campos de refugiados, habitando tierras contaminadas, expuestos a los desahucios forzados y negándoseles el derecho básico a tener derechos”.

 

Pero la historia no empieza con la desintegración de la antigua Yugoslavia: arrastra miles de años de marginación y alcanza su punto álgido en la II Guerra Mundial, recuerda Jovanovic. Porraimos, que en romaní significa “destrucción”, es el Holocausto gitano. Entre 220.000 y 1.500.000 romaníes cayeron víctimas del terror nazi, la mayoría en Europa del este. Serbios, croatas, búlgaros, húngaros, rumanos participaron o consintieron el exterminio. Luego, llegó el comunismo.

 

“Durante la época comunista se trató de asimilar a los gitanos y de restringir sus libertades. En Bulgaria, se prohibieron el idioma y la música romaníes en los lugares públicos. En Checoslovaquia, los gitanos estaban considerados ‘de un estrato socialmente degradado’ y se llevaron a cabo esterilizaciones de mujeres romaníes como parte de políticas destinadas a reducir su población”, narra Jovanovic. Tampoco el Estado de derecho y el libre mercado significaron el principio de tiempos mejores: “el colapso en los niveles de vida de esta minoría no tiene precedentes”, asegura el experto.

 

Hoy por hoy, la pobreza sigue siendo el principal obstáculo para la integración. “La transmisión de la miseria de generación en generación ha reforzado un sentimiento fatalista entre los romaníes, que han dejado de creer en que su situación pueda mejorar. Y la verdad es que, no sólo no ha mejorado, sino que en los últimos 20 años ha ido a peor”, constata Jovanovic. Ni en el conjunto de Europa del Este ni concretamente en los Balcanes se podrá dar la transición a la democracia por concluida hasta que no se acabe con la exclusión socioeconómica de la población gitana, de eso está seguro el investigador.

 

Alemania, mientras tanto, dice aportar con las extradiciones su granito de arena a que tal cosa suceda, ya que éstas contribuyen a construir “sociedades multiculturales” en los Balcanes. Los procesos de repatriación a las zonas que han recuperado cierta estabilidad política pudieron llevarse a cabo sin mayores dificultades. Sólo Kosovo continuó siendo un problema. Cuando Naciones Unidas administró la provincia, la puerta al envío de gitanos a la región estuvo cerrada. Los alemanes lo intentaron por primera vez en 2003, pero la UNMIK se negó: las minorías corrían peligro en tierra kosovar.

 

En febrero de 2008, Kosovo se proclamó unilateralmente independiente. Siete meses después, la delegación de la ONU hacía las maletas y entregaba el gobierno a un Ejecutivo necesitado de reconocimiento. En julio de 2009, Berlín y Prístina firmaron el primer acuerdo para la repatriación de kosovares de diferentes etnias, entre ellos miles de gitanos. Ese mismo año, Navanethem Pillay, la alta comisaria de Naciones Unidas para los Derechos Humanos, calificó al alemán del “Ejecutivo más hostil a los romaníes de toda Europa”.

 

El Consejo de Europa sigue desaconsejando el regreso de romaníes a Kosovo. En abril de 2010, Berlín y Prístina ratificaron un segundo tratado de extradición.

 

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Note de traduction :

 

J'ai eu quelques soucis avec le terme "d'extradición" qui, il ne semble, n'a pas le meme sens propre en espagnol qu'en français mais un spécialiste de droit pourrait surement nous en dire plus.

 

En francais le terme est clair: La définition que j'ai trouvée est la suivante : L'extradition est une procédure juridique par laquelle un État livre l'auteur d'une infraction à un État étranger qui le réclame, pour qu'il puisse y être jugé ou exécuter sa peine. "L'extradition est souvent permise par l'existence d'un accord préalable entre deux États mais pas nécessairement. Différentes conditions sont nécessaires telles que l'existence de l'incrimination dans l'État au sein duquel se trouve la personne concernée par la procédure, la réciprocité de la procédure d'extradition dans le droit du pays émetteur de la requête, l'absence de motifs politiques ou encore l'impossibilité pour l'État requérant de condamner la personne pour d'autres incriminations que celle pour laquelle est demandée l'extradition."

or dans le cas présent il ne peut s'employer en français dans le texte, j'ai donc choisi l'expression rapatriement qui ne me semble pourtant pas vraiment juste car il s'agit ici d'un rapatriement forcé, donc d'une expulsion..... même les langues nous jouent des tours pendables dans cette trouble histoire !

J'enverrai un mail à la journaliste pour l'informer de la traduction de cet article et lui demanderai son avis.

L'autre terme qui m'a posé problème est le statut spécial dont parle la journaliste "consentido", étant en Allemagne depuis peu, je ne sais pas si cela correspond très exactement au statut de réfugié français, la aussi, je lui demanderai précisions et si elle me répond, vous en informerai !

 

 

 

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