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Billet de blog 6 nov. 2008

Détenus libérables de Guantanamo: entre le marteau et l’enclume

Barack Obama s'est prononcé pour la fermeture du centre de détention de Guatanamo. 260 personnes y sont toujours détenues hors de toute légalité. Beaucoup sont «libérables» mais toujours prisonnières, rappelle Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France.

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Barack Obama s'est prononcé pour la fermeture du centre de détention de Guatanamo. 260 personnes y sont toujours détenues hors de toute légalité. Beaucoup sont «libérables» mais toujours prisonnières, rappelle Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France.

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Le centre de détention de Guantánamo Bay est une tache noire dans le bilan des droits humains de ces dernières années aux Etats-Unis. Synonyme de lieu de violation des droits fondamentaux, ce camp illustre de manière flagrante la façon dont le gouvernement américain cherche à se dégager de ses obligations en termes de droit international.

Plus de 260 personnes sont toujours détenues sur le sol cubain mais sous contrôle des Etats-Unis, en dehors de toute légalité, et pour la plupart dans des conditions cruelles, inhumaines et dégradantes.

Environ un quart des personnes toujours détenues à Guantánamo à ce jour auraient dû être remises en liberté ou transférées ailleurs… Bien que n’ayant jamais été inculpés et que les Etats-Unis les considèrent officiellement comme « libérables » (cleared for release), ces hommes ne peuvent pas être renvoyés dans leur pays en raison de risques d'y être torturés ou de subir d'autres violations de leurs droits fondamentaux. De tels risques ne sont pas pure hypothèse. En 2004 – par exemple – plusieurs personnes ont été renvoyées en Russie et ont été arrêtées arbitrairement, détenues au secret et torturées.

Ces hommes, bien que libérables, sont maintenus dans les limbes d’une détention à durée illimitée. Ils sont traités de la même manière que les autres détenus, enfermés 22 heures par jour dans des cellules d’acier sans ouverture sur l’extérieur, principalement dans le Camp 6, un centre de détention aligné sur le mode de fonctionnement des prisons de très hautes sécurités.

Pris entre le marteau qu’est leur « vie » à Guantánamo et l’enclume, que serait un retour vers un pays qui les exposerait à d’autres violations de leurs droits, ces hommes demandent simplement que leur soit donnée la chance de pouvoir reprendre le fil de leurs vies après des années de souffrance et d’isolement (près de sept pour certains !).

Leur situation est grave et alarmante. Ils sont écrasés par une pression extrêmement forte, comme l’a rapporté récemment l’un d’entre eux : « Je prie pour que les tribunaux des USA nous protègent – moi et mes compagnons de détention – d’un tel destin. Et je prie pour que le reste du monde comprenne que notre situation s’empire chaque jour. Sans lieu vers lequel aller, j’ai peur que les militaires m’envoient en Algérie, quel que soit le risque encouru ou quelle que soit la décision prise par un tribunal. Je prie pour que le monde agisse avant qu’il ne soit trop tard. »

Il est vrai que les Etats-Unis portent la responsabilité première de résoudre de manière satisfaisante ce problème qu’ils ont directement créé mais, en l’absence d’une autre solution acceptable, l’Union européenne (UE) – qui a par ailleurs condamné l’existence du camp de Guantánamo a de multiples reprises – doit trouver une solution durable à ce problème. C’est notamment ce qu’a affirmé récemment monsieur Gilles de Kerchove, coordinateur de la lutte contre le terrorisme de l’UE.

Maintenant que le nouveau président des Etats-Unis est élu, Amnesty International France lui demande de fermer au plus vite ce camp, Barack Obama, tout comme John McCain, s’étant déclaré favorable à cette fermeture pendant la campagne électorale.

La communauté internationale doit impérativement contribuer à la résolution de la dramatique question des détenus libérables de ce camp en permettant leur transfert vers des pays sûrs, notamment européens, et doit encourager les Etats-Unis à faire face à leurs responsabilités.

Faute de trouver une solution, combien d’années encore ces hommes resteront dans cette situation intenable ?

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