2 Les Partenaires sociaux ! c'est qui ces gens?

Tous les jours on nous parle des « partenaires sociaux » qui se sont rencontrés pour causer de « la sécurisation de l'emploi ».

Ce terme répété dans les médias évoque un ensemble non conflictuel qui se préoccupe de social

 

Ces  « partenaires » sont des gens qui seraient associés, et comme ils sont « sociaux », ils vont s'occuper de social. Cette notion de social aux contours assez flous et assez incertains peut désigner des choses très différentes.

Ces « partenaires sociaux » mal connus, pas très médiatiques, sont des spécialistes du « dialogue social » qu'ils ne peuvent pratiquer que dans le calme et la sérénité. Ils n'aiment pas du tout être dérangés par les gens dont ils causent, les salariés en colère par exemple.

Ils sont sociaux, donc ils vont s'occuper des gueux, mais qu'ils les laissent tranquilles sinon les partenaires ne pourront plus dialoguer et s'entendre dans le bruit et la fureur.

Les partenaires sociaux ont besoin de calme

 

Or, ceux qui sont présentés comme des partenaires, sont les forces antagonistes qui structurent l'économie :

d'un côté les organisations syndicales représentatives pour lesquelles ont voté les salariés aux élections professionnelles, prud'homales, et petites entreprises.

Il s'agit donc clairement des syndicats CGT, CFDT, FO, CFTC, CGC, UNSA, SOLIDAIRES

 

d'un autre côté du fameux « partenariat » l' adversaire le plus déterminé qui soit du social, à savoir, les organisations patronales, le MEDEF, la CGPME, UPA représentative des artisans

 

Ces forces sociales n'ont rien à voir avec un quelconque partenariat, elles représentent des intérêts divergents, elles sont amenées à se rencontrer à l'occasion de conflits sociaux d'une certaine ampleur. Quelques une de ses rencontres sont restées célébres : accords de Matignon, accords de Grenelle.

La rencontre entre les organisations ouvrières et les organisations patronales n'a pas pour but de dialoguer mais de négocier sur la répartition des richesses produites dans les entreprises.

Cette négociation a pour but de modifier les données existantes en particulier le Code du travail.

Pourquoi ne pas dire simplement « Les syndicats et le patronat se rencontrent par discuter de... », ce serait plus clair pour tout le monde.

Il devient malséant de dire syndicats ouvriers et organisations patronales, on cause beaucoup mieux que ça aujourd'hui.

L'expression « partenaires sociaux » est le leurre utilisé pour faire croire que le droit social, le droit du travail est soluble dans une association informe ou « les partenaires » sont sur le même plan Il n'y a que le gouvernement pour croire à cette légende.

Le but est de semer la confusion, cette approximation cache l'identité réelle et le rôle de chacun des « partenaires » impliqués.

 

Les organisations syndicales se sont construites dès l'origine contre la répression patronale, en opposition aux employeurs férocément opposés aux revendications.

 

Malgré le changement de vocabulaire, les choses n'ont pas changé d'un poil. Alors bien sûr, on ne parle plus de classes sociales et encore moins de lutte des classes (c'est grossier, archaïque, couteau entre les dents) , mais « le combat continue » et c'est le MEDEF qui sous le gouvernement Hollande est entrain de le gagner.

 

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