Billet de blog 18 janv. 2014

7. La nov langue

cerise
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Les mots de la novlangue affluent pour que les gens aient l'impression qu'on leur parle de choses sérieuses alors qu'on les embrouille sur l'essentiel.

Les mots de la nov langue passent partout, ils peuvent servir à parler des relations de travail dans le Bâtiment, à La Poste, dans l'enseignement,  le tout est d'utiliser les mots clés tellement généraux, qu'au bout d'un moment on ne sait plus de quoi on parle, on ne comprend plus rien mais on a l'impression d'écouter un discours de "pro" alors qu'on n' apprend rien de nouveau et qu'on ne comprend plus rien au sujet qui devait être traité.

Les mots de la nov langue ont comme rôle essentiel de camoufler les buts réels des "réformes" ces buts sont en fait très cruels, limites barbares, ils ne peuvent se dire avec des mots ordinaires. On ne peut pas dire aux gens, on va vous faire travailler sans une minute de répit, on va vous supprimer la pause, on va vous fliquer dans votre façon de travailler, alors on dit aux agents de maîtrise que leur boulot c'est "d'être le relais des évolutions ou d'optimiser  les ressources"  voilà qui fait plus chic que d'utiliser cette expression sortie tout droit du vocabulaire colonial "faites leur suer le burnou au maximum

Une illustration de ce discours tirée d'un journal interne de La Poste sur le rôle les agents de maîtrise :

La performance repose en grande partie sur le capital humain et sa valeur ajoutée, l’échelon fonctionnel de chef d’équipe est fondamental, il est au coeur de l’organisation du travail, le socle du management des équipes et de leur efficience, le relais des évolutions de l‘entreprise en fonction de l’évolution des marchés et de l’environnement économique.

Ce jargon pour définir le rôle des agents de maîtrise à La Poste. Encore que derrière le jargon les objectifs soient assez clairs. Il s'agit de faire que les concernés puissent se sentir flattés d'être investis de la mission sublime d'être les relais des évolutions de la boîte en fonction de l'évolution des marchés et de l'environnement économique.

Le mot évolution est balancé 2 fois pour bien faire rentrer dans la tête des gens qui "s'accrochent à leurs acquis" qu'autour d'eux tout "évolue" et qu'il va falloir qu'ils se bougent pour faire passer la politique de suppressions d'emplois face à la concurrence (les marchés). Parceque bien sûr n'importe quel "bidou" de la Poste est au jus de l'environnement économique, des marchés, des entreprises,  du CAC 40, enfin quoi il a fait science po!.

Comme enfumage c'est pas mal, mais professionnellement parlant c'est le vide absolu, le néant. En fait ce qui est défini là n'est rien d'autre qu' un rôle "politique" ceci avec un langage pompeux qui  neutralise la violence du message : Tirer une peu plus du "capital humain" en fonction des intérêts définis dans les sphères "des marchés et de l'environnement économique"où comme disait Coluche, on n'y est pas, nous !

Rien que ça ! et pour un traitement excessivement modeste !

Ce langage manié avec dextérité par les politiques sortis de l'ENA est un écran de fumée qu'il faut absolument dissiper pour accéder au réel et poser les bonnes questions dans un monde où il y a des salariés, des patrons et une société avec des niveaux hiérarchiques. Les appellations de manageurs, décideurs ou boss n'y changent rien.

 Il est de salubrité publique de remettre les choses à leur place et de refuser la mystification.

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