A(d)mis de justesse

Pour la plupart des Observacteurs, la première rencontre avec Israel a eu lieu à l'aéroport de Tel Aviv, dans la nuit du 11 avril, sous les traits des policiers aux frontières et à l'abri d'une salle de rétention. Les premiers d'entre nous, arrivés à 00h30, n'ont pu être autorisés à entrer sur le territoire qu'à 7h30. Certains ont même du dormir à même le sol.

Pour la plupart des Observacteurs, la première rencontre avec Israel a eu lieu à l'aéroport de Tel Aviv, dans la nuit du 11 avril, sous les traits des policiers aux frontières et à l'abri d'une salle de rétention. Les premiers d'entre nous, arrivés à 00h30, n'ont pu être autorisés à entrer sur le territoire qu'à 7h30. Certains ont même du dormir à même le sol. Avant de nous rendre nos précieux sésames, l'une des agents s'est fait un plaisir de nous rappeler que sans l'intervention des autorités françaises, nous aurions fait demi-tour.

Le plus dur à supporter fut l'incertitude couplée d'un contrôle au faciès flagrant. Sentir, durant des heures, notre sort attaché à la pesanteur du pouvoir de l'Etat, se présentant à nous sous les traits pourtant charmants de la policière qui nous fait subir un interrogatoire aussi mystérieux qu'incompréhensible.

Après avoir été refoulés au contrôle, les douze membres de l'équipe ont du, les uns après les autres et isolés, décliner leur identité, celle de leur père et de leur grand-père. Cette série de questions d'état civil reste à nos yeux absurde. Les autorités israéliennes nous ont ensuite demandé toutes nos adresses mails, nous laissant entendre la possible vérification de leur contenu.

Jusque là, le réconfort d'être en groupe nous laissait dans l'espoir d'une issue rapide. Après huit heures de vol, nous mourrions tous d'envie d'entrer enfin en Israël puis en Palestine. L'attente ne faisait pourtant que commencer dans une salle lugubre dont la peinture blanche jaunie et les lambeaux d'affiches au mur allaient vite nous mener vers un début de désespoir. Alors que les heures tournent, que la fatigue et la faim se font sentir, nous sentons que notre sort nous échappe, placés sous le joug d'un pouvoir implacable. Celui qui va décider de la suite de notre voyage. Celui qui nous permettra, ou non, d'entamer la découverte de cette region que nous préparons depuis si longtemps.

Encore une fois, malgré les « cautions » que l'on a pu présenter, rien n'y a fait. On se dit vraiment que comme souvent, voire toujours, Israël fait ce que bon lui semble, sans tenir compte du monde qui l'entoure. Jusqu'à nous mettre en garde sur les actions illégales que nous pourrions commettre durant notre séjour Clairement, ce qui est insoutenable et donc frappé du sceau de l'illégalité pour les dirigeants israéliens est notre soutien indéfectible au peuple palestinien.
Nous avons croisé des personnes à l'allure "convenable", qui elles n'avaient pas le même tort que certains d'entre nous : porter un nom à consonance ...
Mais tout comme nous, ces voyageurs ont été choqués par le contrôle au faciès, évident mais qu'ils n'imaginaient tout de même pas. L'image d'Israël s'écorne et cet accueil y contribue.

Arrivés à l'hôtel, nous déposons les bagages et allons nous emparer de Jérusalem. Cette ville a quelque chose d'inexplicable qui fait qu'on ne l'oublie pas, et qu'on s'y sent chez soi.
Après avoir visité les lieux saints des trois religions, nous avons continué de nous imprégner de cette ville en attendant de nous reposer avant le départ prévu demain destination.....

NB : la fatigue et le clavier expliquent les quelques maladresses et fautes....

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