Le checkpoint de Qalandia

Par Nour et Samia. Comme tous les jours, de bon matin, notre lieu de rendez-vous est la Place des Lions de Ramallah au petit bar ou les jus de fruits pressés sont si bons. Notre objectif de la journée était d’aller rencontrer le maire de Nazareth pour discuter de la vie politique et en particulier des impacts sur les relations israélo-palestiniennes.

Par Nour et Samia. Comme tous les jours, de bon matin, notre lieu de rendez-vous est la Place des Lions de Ramallah au petit bar ou les jus de fruits pressés sont si bons. Notre objectif de la journée était d’aller rencontrer le maire de Nazareth pour discuter de la vie politique et en particulier des impacts sur les relations israélo-palestiniennes.

Pour se déplacer sur ces territoires la ligne droite n’est pas forcement le chemin le plus court. il faut toujours prendre en compte les contraintes des checkpoints.

Nazareth est distante d’environ 180 km de Ramallah dans le Nord d’Israël. Il nous faut passer le checkpoint de Qalandia pour rejoindre Jérusalem puis prendre un deuxième car pour rejoindre Nazareth la sacrée.

Nous étions plutôt de bonne humeur sur le trajet ce qui doit expliquer le contact facile avecdeux hommes âgés qui partaient faire la prière à la mosquée de Jérusalem. Dans le car, deux femmes accompagnées d’un enfant de 5 ans qui désirait se rendre auchevet d’un proche à l hôpital, étaient assis vers l’avant.

Elles étaient munies de leur « visa » souvent délivré la veille qu’elles nous montraient avec une certaine résignation. On pouvait y voir leur photo, et y figuraient les horaires pendant lesquels Jérusalem leur était ouverte.

Les deux hommes,de véritables « mémoire vivantes » nous comptaient leurs histoires etla manière dont ils ont été dépossédés de leurs terres et parfois séparés del eur famille.

Arrivés au checkpoint, l’ambiance dans le taxi s’est un peu tendue car on ne voulait donner aucun prétexte aux soldats pour nous faire perdre du temps ou justifier un refoulement. On a range nos appareils photo, nos caméras, et préparé nos passeports.

Le car s’est arrête et un jeune soldat, d’une vingtaine d‘année en treillis vert, arme au poing, monta dans le car avec un air martial. Après avoir contrôlé les Observacteurs, l’ambiance s‘est très vite refroidie quand le jeune soldat s‘est arrêté sur cette femme de 60 ans qui n’avait pas le droit de passer le checkpoint dans le car. C’est un privilège réservé aux plus de 65 ans.

Le jeune soldat ntima l’ordre à cette femme de descendre pour passer le checkpoint a pieds en vue d'un contrôle beaucoup plus approfondi. Malgré son laissez-passer en règle, et les insistances et les explications de cette dernière, le jeune soldat, directif et froid, lui montra la porte du car. Le sentiment d’impuissance était insupportable. Après quelques minutes de négociation elle se résignait. Elle s’estl evée, a pris ses affaires dans un silence gênant pour descendre du car. Elle savait ce qui l’attendait : de très longues minutes d’attente pour un contrôle de ses papiers, un interrogatoire, un contrôle au rayon X de ses affaires, puis un passage au détecteur de métaux…

C’était la deuxième fois du séjour que l’on se confrontait de manière aussi violente à la deshumanisation d’une personne par l’armee d’Israël.

Cela doit expliquer le silence pesant qui s’est installé dans le car pendant plusieurs kilomètres et les quelques larmes qui ont coulé discrètement…

 

Et dire que c’est le quotidien banal pour les Palestiniens….

 

 

 

 

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