« No land's song », ce week-end en intégralité sur Mediapart

En Iran, depuis la révolution de 1979, les femmes n'ont plus le droit de chanter en soliste en public. Une jeune compositrice, Sara Najafi, avec l'aide de trois artistes venues de France (Elise Caron, Jeanne Cherhal et Emel Mathlouthi), va tout tenter pour organiser un concert de chanteuses solo à Téhéran. Ce film sera visible pendant trois mois sur Mediapart.

Chaque mois, Mediapart en partenariat avec Images en bibliothèques vous proposent un documentaire intégral. Dès vendredi, le film de 91 min No Land's song, réalisé par Ayat Najafi (sorti le 16 mars 2016 et distingué de nombreux prix) sera donc offert à nos abonnés pour trois mois. Voici ce qu'en dit Julien Farenc, de la Bibliothèque nationale de France :

« Depuis la Révolution iranienne, une femme ne peut chanter seule en public devant un public masculin. Une chanteuse iranienne ne peut donc se produire qu'accompagnée par des hommes ou dans un chœur.

Sara Najafi, la sœur du réalisateur, est compositrice. Elle veut monter un spectacle à Téhéran pour présenter le répertoire chanté par certaines stars de l’histoire de la chanson de son pays, à commencer par Qamar ou Gougoush ; un spectacle pour réhabiliter les femmes dans l’espace public iranien, un spectacle pour faire entendre leur voix. Elle sollicite ainsi à deux amies et chanteuses iraniennes, Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi, mais aussi Élise Caron et Jeanne Cherhal, ainsi que la tunisienne Emel Mathlouthi, diva éphémère de la Révolution de Jasmin, pour travailler à des reprises en farsi.

La dimension ouvertement protestataire et féministe du projet vise à créer un précédent symbolique pour l’émancipation des femmes en Iran.

Sa chronique, tout en aller et retour entre la France et l’Iran, met le doigt sur la complexité des arcanes de la censure iranienne. Une bureaucratie rendue très instable par les fréquents changements politiques, et par un “Ministère de la guidance islamique” manquant singulièrement d’arguments pour étayer ses décisions arbitraires.

Sans divulgâcher le coup de théâtre final, c’est bien la nouvelle donne à la tête de l’État ainsi que la frilosité des autorités, qui vont finalement lever les difficultés. Difficile d’évaluer en revanche la portée d’un événement assez peu populaire à en juger par la taille de la salle, et son public trié sur le volet. 

Reste la visite dans les ruines du quartier des plaisirs dans le Téhéran pré-révolutionnaire, de ses salles de spectacle devenues des restaurants ou des imprimeries. Reste l’extraordinaire voix des deux chanteuses iraniennes, la qualité des musiciens qui les accompagnent, la salve rageuse d’Emel Mathlouthi sur scène, sans oublier la touchante obstination de la belle Sara Najafi, sorte d’Erin Brockovich seule contre les Mollahs. »

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