Sylvain George a filmé durant trois ans (juillet 2007- novembre 2010), les conditions de vie des personnes migrantes à Calais.

Alors que la situation à Calais s'envenime à nouveau entre migrants, transporteurs routiers, policiers et habitants, Images en Bibliothèque et Mediapart vous proposent de voir, dès mardi et pendant trois mois, le documentaire de Sylvain George, Qu'ils reposent en révolte.

Très remarqué à sa sortie en 2010 (rien que sur Mediapart, lire ici, l'article de Carine Fouteau, ou là, le billet de Jérôme Valluy), voici ce qu'en dit Alain Carou, de la Bibliothèque nationale de France : « Le film montre les conditions d’existence des clandestins de Calais. Infinie précarité qui est, ni plus ni moins, la condition que l’on a choisi de leur faire, entre arrestations et destructions des campements, écrit . Le rythme très lent du film, le choix du noir et blanc concourent à une impression d’austérité extrême. Si l’on n’est pas rebuté, on entre dans une expérience de cinéma rare, puisqu’il s’agit d’atteindre à l’expérience de personnes qui vivent dans les mêmes lieux que nous et pourtant dans une toute autre réalité. Comment en effet, sinon par un cinéma radicalement différent, sortir des effets de familiarité pour faire entièrement droit à ce que la vie des sans-papiers, dans la précarité absolue qui est la leur, a de radicalement autre ?

Le film contient de nombreux plans admirables de lieux vides aux heures blafardes, avant la police. On y voit, répétée à l’infini sans provoquer de lassitude, un clou rougi sur des braises pour servir à effacer les empreintes digitales sur les doigts. Sylvain George, à l’instar d’un archéologue, est attentif aux traces matérielles minuscules de ces existences : le clou, les éléments de récupération de campements de fortune, les couverts en plastique des repas pris dehors... On ne saurait oublier les panneaux publicitaires reemployés pour construire des abris de fortune, et qui proclament une société de consommation et de bien-être : discours dont Sylvain George tire une ironie cruelle.

On a ici affaire à un cinéma militant qui est aussi un cinéma de poésie (dans la mesure où le réalisme ouvre à force sur une autre dimension, qui n’est plus réaliste au sens conventionnel du terme) : objet presque unique en son genre.»

 

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je n'ai pas pu le voir… je ne sais pas comment faire… Pourriez-vous svp m'aider à pouvoir visualiser le film?