© Blandine Huk & Frédéric Cousseau

A l'heure où le premier président noir des Etats-Unis, Barack Obama, achève son dernier mandat, My name is Gary, documentaire sorti en 2015, raconte en 85 minutes une certaine histoire de l'Amérique, celle de la ségrégation, du racisme et de la désindustrialisation. Il sera visible dès ce week-end et pendant trois mois sur notre site.

Comme chaque mois, voici l'avis d'un membre du réseau Images en Bibliothèques, partenaire de Mediapart pour la sélection des films que nous diffusons. A propos de My name is Gary, Jean-François Baudin, de la bibliothèque départementale de Rhône, écrit :

« Gary est le nom d’une ville de l’État de l’Indiana dans la banlieue de Chicago. Cette ville industrielle a connu un essor foudroyant au moment du climax de l’industrie automobile grâce à son industrie de l’acier. Elle est connue pour être la ville natale de la famille de Mickael Jackson. Fondée au début du XX° siècle par la compagnie U.S. Steel Corp., la ville a accueilli une forte population noire issue des États du Sud et utilisée comme main d’œuvre dans les aciéries. La coexistence des deux communautés noires et blanches ne s’est pas faite aisément. Lors de l’élection de Richard G. Hatcher, premier maire noir des États-Unis, en 1972, de nombreux blancs quittèrent la ville pour fonder plus au sud la cité de Merrilville.

Aujourd’hui la ville de Gary, désertée depuis l’effondrement des cours de l’acier, est devenue une ville fantôme, lieu de nombreux trafics, sources d’une criminalité exacerbée.

Le portrait de cette ville est aussi un portrait en creux de l’histoire du XX° siècle américain. De l’héritage des guerres de Sécession à l’essor économique sans précédent, des problèmes raciaux aux discriminations sociales et économiques, différents témoins raconte cette histoire mouvementée dans un décor urbain marqué par la décrépitude des rues et des maisons abandonnées. Parmi les témoins, notons une longue interview de Richard G. Hatcher, le premier maire noir de Gary et des USA.

Le film est à la fois un objet mémoriel important et un plaidoyer pour une ville meurtrie : en posant la question cruciale d’une inévitable recomposition urbaine qui semble ne pas se concrétiser en dehors de la volonté de ses habitants vouloir transcender les ségrégations passées. »

Chaque mois, Mediapart et Images en bibliothèques vous proposent un documentaire intégral. Pour retrouver l'ensemble de cette programmation, cliquez ici.

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Merci. Comment redonner vie à ces villes ?