Les retraites en France, faites comme les Suisses !

Les retraites en France… un vrai casse-tête !

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Malgré des mois de prétendues négociations et plus d’un mois de grève, ce n’est pas demain, ni après-demain que l’État et les syndicats trouveront une solution soi-disant universelle... Du pipeau toutes ces promesses ! La complexité administrative et comptable perdure depuis près d’un demi-siècle. Et il faudra bien une cinquantaine d’années pour unifier le système et mettre les pendules à zéro.

Une chatte, encore moins un ministre, ne s’y retrouverait parmi les 42 régimes disparates - à disparaître ? - et voilà qu’un puits de science infuse en crée de nouveaux pour semer la zizanie chez les grévistes. L’Administration française a toujours fait compliqué au lieu de faire simple, c’est inscrit dans ses gênes.

Et pourtant, il y avait moyen de faire simple depuis 1945/46, comme l’on fait les petits « Suisses » où le fonctionnement est de la simplicité d’un gousset automatique. Mais d’ici à se pencher de leur hauteur d’esprit parisien de l’autre côté du Jura et converser avec ces péquenots économes, il y avait une enjambée que les émules de Poincaré n’ont pas fait.

1er pilier : AVS/AI – Assurance vieillesse, survivants et invalidité

Grosso modo, la cotisation mensuelle sur les salaires est de 10.55 % payable moité/moitié par l’employé et l’entreprise. Celle des indépendants est de 7,8 % sur le revenu net de leur activité. L’âge de la retraite - pivot - est de 64 ans pour les femmes et de 65 ans pour les hommes avec la possibilité de la prendre un ou deux ans plus tôt avec une diminution de 3 à 6 %. Le système s’applique sans distinction à toutes les professions. Compte tenu des revenus médians et de la durée de cotisation, seul un tiers des retraités perçoivent la somme maximale de 2.350 francs, les autres reçoivent en moyenne 2000 francs par mois voire moitié moins. La pénibilité n’est pas prit en considération dans la retraite mais dans la fixation du salaire.

En revanche, l’assurance-invalidité (AI) est une assurance sociale obligatoire qui vise à réinsérer professionnellement les personnes devenues incapables de travailler totalement ou partiellement pour des raisons de santé. L’AI aide les personnes concernées à couvrir leurs besoins vitaux au moyen de rentes.

2ème pilier – LPP - Prévoyance professionnelle

Compte tenu du coût de la vie, l’AVS/AI s’est avérée insuffisante, raison pour laquelle le deuxième pilier a été rendu obligatoire depuis l’année 1985 à tous les salariés gagnant plus de 21’150 francs par an.

Les prestations du 2e pilier associées à celles du 1er pilier doivent permettre au retraité de maintenir un niveau de vie suffisant, parfois jusqu’à 80 % de son dernier salaire !

Il faut s’affilier soit à un fonds de prévoyance, soit à une assurance privée qui fixera les cotisations en fonction de l’âge de la personne, en général un tiers pour le salarié et les 2 tiers pour l’entreprise.

En résumé, vous n’entendrez jamais un édile helvétique dire que ce sont ceux qui travaillent aujourd’hui qui paient les retraites de leurs vieux. Au cours de 75 ans d’existence, l’AVS/AI a accumulé des réserves considérables, de l’ordre de 44 milliards !

 

 

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