VIVE LE CONFINEMENT !

Voici deux mois qu'il n'en fait qu'à sa tête.

Voici deux mois qu’il n’en fait qu’à sa tête. Concocté par une cohorte d’édiles scientifiques et politiques, le confinement tire ses dernières cartouches. Par retard, négligence et l’absence de matériels adéquats pour juguler ce virus venu d’ailleurs, l’État, qui l’a introduit, fait marche arrière toute ! Malgré une myriade de soignants dévoués à leurs risques et périls, faute de moyens, impossible de résister à ce tueur qui a causé la mort de milliers de personnes. Et qu’on se le dise… ça va continuer...

Dès le 11, chiffre fatidique, le bon peuple doit se démerder avec une nouvelle technologie que l’on nomme le « déconfinement », ce mot inculte - de technocrate - qui ne figure pas dans le petit Larousse ! D’un jour à l’autre, on lâche quasiment tout : les bagnoles, les 100 km, le tour d’horloge, la consommation tout azimut, l'industrie, le bâtiment, l'artisanat, les services les parcs, les plages peut-être, la compresse dans le métro et les bus.

A bas l’écologie, la route est libre pour le réchauffement de la planète. Comble de la bêtise, on rouvre les librairies en n’ayant plus le temps de lire ! A chacun de se débrouiller pour jouer à cache-cache avec cette pandémie héritée des Chinois. Après les gilets, le péril jaune est de rigueur ! Au boulot les feignasses, ça coûte un pognon de dingue de toucher un salaire les bras croisés.

Adieu le bon temps, on va souffrir avec la suppression du confinement et de nouvelles mesures annoncées au coup par coup par des ministres désemparés. De nouveaux intervenants au niveau des préfets, des conseillés généraux, des maires et autres députés rebelles ont voie au chapitre.

Et regretter ces deux mois de calme, de silence, ne plus entendre le vacarme des bagnoles, écouter le gazouillis des oiseaux, faire grasse matinée, courir cinq-sept au magaz, préparer de bons petits plats, être enfin le chef de la cagna, gronder les mioches, la gifle ayant repris du poil de la bête. Faire des signes à la voisine d’en face, la rejoindre vite fait au local poubelle. Fini la causette avec la dame âgée du cinquième. Fini ce changement de vie dont on avait pris goût, le temps de prendre son temps, de revivre son passé, sa jeunesse débridée. Boire son pastaga avec les copains en visio-apéro. Plus moyen de découvrir une cité déserte, ces ruelles historiques, ces bâtiments de style imposant. L’abandon de ces chères tomates plantées hors sol sur le balcon et les salades mazoutées au coin de la rue.

Fini le télétravail à la va comme je te pousse avec le loisir de visionner en cachette des films pornos sur l’ordi. Restera les souvenirs notés jour après jour sur un agenda pour la postérité, du genre : « rien à signaler » ou « idem » !

 

 

 

J-1

 

 

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