La pauvreté à Genève

LE BRIEFING DU JOURNAL LE TEMPS
Mercredi 12 septembre 2018

Chère lectrice, cher lecteur,

A Genève, nous sommes allés à la rencontre des Suisses qui vivent sous le seuil de pauvreté et font leurs courses chez Caritas. Cinq cents passages en caisse journaliers et des prix 40% moins élevés qu’ailleurs: on y navigue entre soulagement et peur de la stigmatisation, comme Maria-Stella, la cinquantaine, qui a vu sa vie basculer il y a cinq ans.

Autrefois secrétaire de direction dans une banque privée, aujourd’hui obligée d’économiser sur tout, cette mère qui vit avec sa fille universitaire dans un 2,5 pièces et s’habille avec des vêtements de seconde main est l’exemple typique de l’histoire qui n’arrive soi-disant qu’aux autres.

Après une période de chômage, d’aide sociale, la voilà en stage non rémunéré de 50% à l’Etat. «On bascule dans la précarité à une vitesse hallucinante, dit-elle. Deux ou trois événements qui s’enchaînent, et vous vous retrouvez tout seul.»

En Suisse, plus de 7% de la population vit sous le seuil de pauvreté, établi à 2247 francs par mois pour une personne seule. La légère augmentation du taux de pauvreté observée par l’OFS entre 2014 et 2016 n’est pas statistiquement significative. Il n’empêche: le chiffre d’affaires de Caritas a progressé de 11% l’an dernier, passant le cap des 12 millions de francs, avec près d’un million de clients en 2017.

 – Xavier Filliez, rédacteur en chef adjoint

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