Trouver du sens... A l'usage exclusif des dépressifs.

On se lève un matin, sans pouvoir avancer, c'est ennuyeux pour un bon paquet de raisons. Si vous avez quelques phobies, ce qui suit peut aussi vous faire du bien.

Je passe sur les causes, après tout, le public qui souffre d'un déficit chronique d'énergie et de volonté d'action, est tellement large que chacun doit bien faire un peu de recherche perso pour se faire une idée d'où il en est. Donc, ici, on ne va pas psychanalyser, on va juste discuter.

Procédons par ordre, qu'est-ce qui me permet de parler sur un tel sujet?

Et bien, croyez-moi ou non, peu m'importe, sur mon expérience personnelle, je peux.

Il n'est pas question de me déboutonner ici, cependant je fais partie de ces gens à problèmes, qui voient la récurrence d'un manque d'entrain pathologique, alors qu'ils sont, dans leur état dit "normal", plutôt battants.

Bien sûr, j'ai quelques originalités, pas d'alcool, pas de drogues, pas de médicaments, j'imagine que par chance ma biochimie n'en n'a pas tant besoin, un peu de vapotage me permet généralement de me séparer de la cigarette qui est mon vice avoué. Légère, la cigarette... Mais quand on a fumé sa première clope à onze ans, on s'est créé une familiarité avec cette si bonne saloperie.

Un excellent milieu familal, évidemment perclu de problèmes, peut-être plus que d'autres, mais pas agressif sur les manques de mon attitude plutôt éteinte sur le changement de situation, depuis quelques années, assez ouvert sur le sujet, pour me fiche la paix.

On se souviendra que je passe sur une foule d'évènements qui amène au présent.

Ce dont je veux parler, c'est de quelques règles, plutôt souples, à observer pour mettre en place une stratégie qui permette de ne pas finir prématurément au cimetière, à plus ou moins moyen terme, ou chez les fous, ce qui n'est pas non plus une destinée trop sympa.

Il peut être intéressant pour ceux qui sont en bonne santé(mdr), de lire ce type de texte, s'ils ont dans leur entourage quelqu'un de touché.

Je ne parle pas de quelqu'un dont ils n'ont rien à foutre, ce qui est la plupart du temps le cas, on se fiche largement du sort des autres, sauf que l'on ne le sait pas. Et c'est bien naturel, sinon, c'est la fin à brève échéance, à cause des pugilats ou du chagrin incommensurable sur le malheur humain.

Et à ce niveau, on sera étonné de comprendre combien en général les gens qui s'intéressent, soi-disant, sincèrement à leurs proches, s'intéressent en fait non pas à eux-mêmes, mais à un mirage parmi d'autres qui leur permet justement de ne pas sombrer...

C'est un fait. Tout le monde se défend d'une manière différente, pas de pot, certains réussissent trop bien.

Le malade est produit par une déficience de ses capacités et par son milieu, c'est clair. C'est moi qui le dit, et je ne suis pas diplômé, on fera avec ou non.

Que dire de ma formation théorique? Zéro.

D'ailleurs, entendons-nous bien, il n'est pas question d'en chercher. Je ne m'intéresse qu'à mon cas, d'un point de vue pathologique, et c'est ainsi que je peux relayer des aspects qui me semblent généraux parce que je les observés sur les autres.

Pourquoi, quel motif à cette communication?

Chacun ses défauts. Je souffre de cette maladie que l'on appelle l'empathie, j'aime les gens a priori.

Donc, je suis tourné vers le bien sous toutes ses formes. Mais attention, j'ai de sales côtés, je ne suis pas un saint...Mdr, c'est clair. Cependant, je me souviens très précisément de ceux et celles à qui j'ai fait du mal, ils ne sont pas si nombreux, mais ça fait du monde tout de même, je le regrette sincèrement, bien que je ne puisse pas revenir en arrière.

Quant à celles et ceux à qui je vais en faire, je crois que depuis des années, c'est mal barré pour esquinter qui que ce soit, du moins en vue d'un avantage personnel. Donc, ça va.

On adoptera peut-être une méthode pour venir à bout de ce truc bizarroïde.

J'ai dit dépressifs, dans le titre, parce que le sujet est vaste. En fait, mieux vaut parler d'extinction de la volonté d'agir dans un domaine ou un autre. Les puristes préciseront à l'infini.

Comment me suis-je dégagé personnellement du pire de la crise que j'ai rencontrée?

Par l'écriture essentiellement. Mais j'ai un vieux fond guerrier... Et sportif. Ce qui m'a desservi à un certain niveau, trop de volonté et pas assez de condition physique, plus des vieilles blessures, cela vous flingue en pleine recontruction. Le sport, c'est bon, mais doucement.

Sinon, j'ai écrit quatorze heures par jour, des centaines de pages de trucs plus ou moins affreux en moins d'un mois. Ensuite je me suis calmé... Des milliers ont suivi, ce qui m'a permis d'embrayer sur la recherche de sens à donner au corpus exprimé, avec des références qui tiennent la route, par chance, j'ai quelque chose pour l'écrit, chacun ses qualités...

Je passe sur mes contributions à mdp, ou j'ai été pas mal productif en billets et en commentaires, à une époque, je n'aurais jamais dû tout effacer, c'est la vie...

Donc à l'arrivée, commenter la politique et les évènements, alors que j'avais été immobilisé par un accident, puis lorsque  j'ai chopé une neurasthénie mortelle devant mes activités autrefois adorées, en leur ajoutant l'écriture de romans, cela  m' a fait une sortie, nb, je n'ai rien d'un romancier revendiqué, je me soigne.

Pourquoi perd -t-on un beau matin le goût de quoi que ce soit?

Les raisons vont loin, je résume:

La perte du sens.

Or, voilà précisément le problème, du sens, on n'en voit vraiment, c'est à dire dans la réalité, nulle part.

Rien n'a de sens. Objectivement, en dehors de celui que l'on va mettre. Et si l'on ne peut pas, c'est foutu.

Le sens, c'est notre vocation d'en donner.

Comment le retrouver?

A ce jour, j'essaye toujours.

J'imagine qu'il faut établir une stratégie personnelle pour se forcer sans se forcer...

J'y reviendrai dans un prochain billet, ne soyez pas pressés. On a le temps.

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