Avis de décès.

Nous avons l'immense douleur de vous annoncer la mort de Mme Démocratie en France, le 9 janvier 2014, au cours d'un lâche attentat qui a aussi coûté la vie à la liberté d'expression, de réunion, d'opinion.

En à peu près une heure, le conseil d'Etat, la plus haute juridiction administrative de France, a cassé un jugement du tribunal administratif de Nantes.

La lutte contre le racisme et l'antisémitisme n'a pas vocation a ruiner le droit français, ni à bafouer les droits de la défense, qui n'a pas pu s'exprimer dans un laps de temps étréci, alors que la justice devrait avoir à se prononcer sereinement.

Ensuite, on ne peut pas opposer deux vérités, le droit, l'antiracisme.

Etant donné l'esprit de la loi, ainsi que son application, créer un tel précédent n'est pas une décision de droit, mais une décision politique.

Si un gouvernement dit le droit, alors, on n'est plus dans un régime de séparation des pouvoirs, donc la démocratie qui est définie par cet absolu, est morte, objectivement, ce soir.

Maintenant, on va chercher qui l'a tuée.

Et on n'est pas content, parce que certains, dans ce pays, continuent bêtement à l'aimer, cette foutue démocratie.

Rectificatif, il semble que ma première idée était exagérée, en fait, on a lancé un débat juridique passionnant, si les Droits de l'homme et du Citoyen sont devenus la morale officelle en France qu'il faut défendre jusqu'à pouvoir interdire l'expression.

Si le référé est confirmé, on va pouvoir saisir les tribunaux pour bien plus de raisons qui ont été admises jusqu'ici, la conscience officielle de la France serait sa Déclaration des droits de l'homme, ce qui laisse rêveur quant au fabuleux et glorieux avenir de la démocratie  dans cette république.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.