passifou
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Limites

Suivi par 16 abonnés

Billet de blog 12 janv. 2014

Dieudonné, la fin de l'antisémitisme en France.

passifou
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Avec le référé et la décision du conseil d'Etat nous avons vu l'interdiction de jouer n'importe quel spectacle dans tout le pays à un homme.

Parce que si l'on a décidé d'interdire le Mur, il est évident que l'on veut maintenant condamner à la ruine et à l'obscurité Dieudonné, la personne individuelle.

Il a été condamné pour antisémitisme, alors qu'il disait dénoncer parfois le sionisme.

Il a ét été condamné pour ses idées.

Plus loin, l'ensemble des spectateurs, des milliers qui le suivent ou bien qu'il interpelle et rend curieux, ont aussi été interdits de spectacle, au nom de quoi? Du trouble à l'ordre public.

En fait, on les accuse évidemment d'être ou de bientôt devenir des antisémites, puisqu'ils se fendent la poire à écouter le mariole.

A présent, on réfléchit aux moyens de pousser l'interdiction jusqu'à censurer, après le théâtre, les vidéos sur internet.

Donc, les quelques millions de gens qui ont vu ces vidéos et attendent d'en voir d'autres, sont aussi interdits de nourrir leur jugement, c'est qu'ils sont antisémites ou sont en train de le devenir.

N'importe quelle personne de bonne foi voit le niveau atteint par la police de la pensée, la censure morale dédiée à une vision de la vie, le décret d'un ordre naturel, il est interdit d'aborder certains sujets, non seulement dans l'histoire, mais maintenant partout.

Qu peut croire que cela va se passer sans souci?

Qui peut croire que cela se passe sans conséquences?

La première, c'est que l'on vide l'accusation d'antisémitisme de sa substance.

Aujourd'hui, être antisémite, ce n'est plus de haïr les juifs à vouloir leur nuire, c'est de partager une idée, ou une dénonciation ou une manière de rigoler, qui n'ont rien à voir avec la haine des juifs. Et la propagande et le matraquage médiatique toujours dans le mêm sens unitlatéral ne change rien, ils peuvent occuper et interdire aux autres avis l'espace médiatique, on continue à penser.

Aujourd'hui, la dénonciation de l'antisémtisme a singulièrement perdu de sa force.

Pensent-ils, nos censeurs, qu'un jour ils vont finir de la faire disparaître, par leurs excès?

Personne ne peut supporter longtemps d'être obligé de poser la main sur le coeur et jurer qu'il n'est pas un nazi, ou qu'il n'est pas antisémite, avant de donner son avis.

Quant à se faire traîner en justice ou perdre son travail, sous prétexte qu'on a eu un moment une pulsion antisystème, faisant un geste décidé être pro-nazi par la doxa des puissants, se rend-t-on compte de ce qui est en train de nous arriver?

On sait qui gagne au lynchage de Dieudonné. Ce ne sont pas les défenseurs de l'antiracisme.

La lutte contre l'antisémitisme d'autrefois vient d'être durablement entamée, va-t-elle s'en relever?

Mais peut-être cela arrange-t-il les intérêts des amis de la guerre de faire mousser le n'importe quoi, pour conitnuer à profiter des amitiés des puissants et continuer à occuper le terrain de l'oppression.

Après tout, tant que ça dure, ça dure, le tout c'est d'encaisser au maximum les dividendes à court terme de l'attention, on se fout des principes. Ils sont contents les amis de Vals en ce moment, ce sont les rois des médias. Le reste, ils s'en balancent.

Et les bonnes âmes à sens limité et unique leur servent de petits soldats, en oubliant les principes eux aussi, sous prétexte d'efficacité.

La démocratie, c'est lourd, lent et inefficace, à très court terme, oui, mais c'est aussi fragile, quand on l'éborgne, elle part dans le fossé. Cependant, elle vous fait une humanité à vivre qui s'inscrire quotidiennement dans l'Histoire.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Comment le CHU de Bordeaux a broyé ses urgentistes
Les urgences de l’hôpital Pellegrin régulent l’accès des patients en soirée et la nuit. Cela ne règle rien aux dysfonctionnements de l’établissement, mettent en garde les urgentistes bordelais. Épuisés par leur métier, ils sont nombreux à renoncer à leur vocation.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Force ouvrière : les dessous d’une succession bien ficelée
À l’issue du congrès qui s’ouvre dimanche, Frédéric Souillot devrait largement l’emporter et prendre la suite d’Yves Veyrier à la tête du syndicat. Inconnu du grand public, l’homme incarne, jusqu’à la caricature, le savant équilibre qui prévaut entre les tendances concurrentes de FO.
par Dan Israel
Journal
« Travail dissimulé » : la lourde condamnation de Ryanair confirmée en appel
La compagnie aérienne a été condamnée, en appel, à verser 8,6 millions d’euros de dommages et intérêts pour « travail dissimulé ». La firme irlandaise avait employé 127 salariés à Marseille entre 2007 et 2010, sans verser de cotisations sociales en France. Elle va se pourvoir en cassation.
par Cécile Hautefeuille
Journal — Social
En Alsace, les nouveaux droits des travailleurs détenus repoussent les entreprises
Modèle français du travail en prison, le centre de détention d’Oermingen a inspiré une réforme du code pénitentiaire ainsi qu’un « contrat d’emploi pénitentiaire ». Mais entre manque de moyens et concessionnaires rétifs à tout effort supplémentaire, la direction bataille pour garder le même nombre de postes dans ses ateliers.
par Guillaume Krempp (Rue89 Strasbourg)

La sélection du Club

Billet de blog
Destruction du soin psychique (2) : fugue
Comment déliter efficacement un service public de soins ? Rien de plus simple : grâce à l'utilisation intensive de techniques managériales, grâce à l'imposition d'un langage disruptif et de procédures conformes, vous pourrez rapidement sacrifier, dépecer, puis privatiser les parties rentables pour le plus grand bonheur de vos amis à but lucratif. En avant toute pour le profit !
par Dr BB
Billet de blog
Ce qu'on veut, c'est des moyens
Les salarié·es du médicosocial se mobilisent à nouveau les 31 mai et 1er juin. Iels réclament toujours des moyens supplémentaires pour redonner aux métiers du secteur une attractivité perdue depuis longtemps. Les syndicats employeurs, soutenus par le gouvernement, avancent leurs pions dans les négociations d'une nouvelle convention collective avec comme levier le Ségur de la santé.
par babalonis
Billet de blog
Le service public d’éducation, enjeu des législatives
Il ne faudrait pas que l’avenir du service public d’éducation soit absent du débat politique à l’occasion des législatives de juin. Selon que les enjeux seront clairement posés ou non, en fonction aussi des expériences conduites dans divers pays, les cinq prochaines années se traduiront par moins ou mieux de service public d’éducation.
par Jean-Pierre Veran
Billet de blog
par Bésot