La boîte de Pandore

En d'autres temps, alors que le président n'avait pas un euro à donner pour la protection sociale, on lui réclamait un petit milliard, pour mettre en place le RSA, il a mis plus de deux ans à le cracher, il trouva deux cents milliards pour les banquiers en trois jours.

On a parlé de plus de six cents milliards à l'échelon européen, mais c'est du n'importe quoi, à moins d'être économiste non néo-libéral, on ne comprend plus rien, tellement on nous enfume.

Les banques étaient sauvées, elles continuent aujourd'hui d'écraser les peuples d'Europe, en les vampirisant par les intérêts de la dette publique qui auraient dû faire depuis longtemps l'objet d'un moratoire, après le sauvetage des entreprises bancaires, justement.

Le même président trouva beaucoup d'argent pour faire la guerre plus, en Afghanistan et tout seul en Lybie.

Aujourd'hui, si le gouvernement ne peut rien pour le smic, il peut beaucoup au Mali et en Centrafrique, ainsi que supprimer à peu près l'intégralité de la foi que l'on aurait pu avoir en la politique, en vidant de leur substance à peu près toutes les mesures qu'il avait annoncées aux citoyens, en échange de leur vote et de leur confiance.

C'est ainsi, il est des murs qui tombent, sans tambour ni trompette et d'autres, murailles à la mode chinoise, qui resteront pour l'éternité.

Bien sûr, il existe un prix à payer.

On voit aujourd'hui l'addition dans la montée des extrêmes, le phénoménal bond de l'abstention et la parole discréditée des grandes formations politiques.

Arrive un trublion. Pour se faire de la publicité, il pousse la provocation, l'excès jusqu'au hors limites, il a vu que cela fonctionnait, presque par hasard. Voilà qu'il met le feu là où l'herbe est déjà roussie depuis des années.

C'est une idéologie.

On l'appelle sionisme, on en a fait facilement une espèce de complot mondial, il réunirait les défenseurs d'Israel, planqués un peu partout aux points clés des pouvoirs nationaux. 

Défenseur non de l'Israël de la Bible, puisque les chrétiens et musulmans, en sont les légitimes héritiers, autant que les juifs. Et oui, Israël, avec Jésus-Christ, s'est étendu à tous les adorateurs du christ, avec Mahomet, à tous ceux d'Allah.

Donc on ne parle pas de celui de celui de la Bible, mais de l'autre, ce pays gouverné par des militaristes, qui fait rouler ses chars sur des populations civiles, en prétendant que quatre barbus sanguinaires vont égorger tous les israeliens, avant de jeter leurs corps à la mer.

Idée reprise en boucle par tous les médias, du moins en France.

Bon, que ce pays soit soutenu par la première puissance mondiale, c'est à questionner, qu'il soit soutenu par la presque totalité des pays développés, oui, on se demande, mais que tout ce beau monde fasse sa ronde sur l'organisation mondiale de l'économie, alors là, on commence à s'inquiéter.

Parce que soudain les vieux démons réapparaissent, ce n'est plus le complot des banquiers, que l'on sait tout à fait avéré, mais voilà que cela pourrait bien devenir le complot des banquiers juifs... Ici, l'horreur commence à pointer le bout de son nez.

C'est que l'on revient à de très, très sombres années...

Evidemment, quand on voit la qualité des programmes de la télé, le staff de présentateurs qui passent leurs temps à s'auto-congratuler, inviter toujours les mêmes tenants du même discours sur mesure,  défendre becs et ongles le néo-libéralisme, la doxa des puissants, escamoter du débat tout ce qui ne convient pas...

Et en plus le revendiquer.

Enfin, on voit cette exploitation jusqu'à la corde, à la lie, d'une façon éhontée de très vieux talents, ou des non-talents, en surfant sur la prépondérance que l'establishment exerce, à la fois par le copinage et  l'argent.

Alors, au sein du bon peuple, on se demande et on creuse plus ou moins mais sans trop de conviction, c'est qu'on l'ignorait, mais si des sujets sont tabous, ce n'est pas qu'ils soient si nuls, c'est qu'ils sont dangereux.

Qu'est-ce que l'on trouve?

Un trublion qui se fait dépouiller. Par qui?

Tout est là.

On va entendre hurler au complot sioniste qui bouffe la France, dixit une bande de dérangés qui a gardé ses habitudes depuis l'avant-dernière guerre mondiale.

On sait où va conduire ce type de discours.

De la situation intenable où nous ont mis des profiteurs, habillés de ce qu'il faut d'esprit d'équipe pour faire leurs affaires, on va passer à la mise en cause d'une communauté entière, qui ne sait ni ce qu'est une banque de l'intérieur, ni ce qu'est un média... Mais elle a malheureusement pour elle un passé et une histoire plutôt chargée, côté persécutions, bien qu'elle ne soit pas toute seule, il faut le rappeler.

Et bien, voilà, messieurs-dames, quand on occupe une position de pouvoir, on forme les jugements, dès lors que sa légitimité est reconnue, mais si l'on en abuse, alors on ouvre la porte à tous les n'importe quoi.

Plus personne ne peut prétendre dire la vérité, ni être écouté.

Ainsi, un congrès juif européen s'est cru obligé de porter aux yeux de l'europe entière une accusation d'apologie du nazisme, pour un geste fait par un international, noir, soi disant contre la Shoah.

Il est bien temps de prendre ses responsabilités et d'en finir avec des élites qui vont nous ramener à la vitesse grand v, ensemble, à ce qu'il y a de pire au fond de l'animale humanité.

Ces dingues qui nous gouvernent, avec des lobbies qui ne s'intéressent qu'à verrouiller les pouvoirs de l'argent, nous poussent à une vitesse accrue vers les futurs qu'on ne sait plus distinguer...

Et l'on n'en n'a pas envie, parce que si quelques uns ont payé le prix fort la dernière fois qu'une sauvagerie, née des avidités françaises, britanniques et allemandes, s'est installée pour produire la folie, la note a été largement partagée.

On ferait bien de ne pas l'oublier.

La Shoah n'appartient pas aux juifs, ni le génocide arménien aux arméniens, pas plus que l'esclavage n'appartient aux noirs, ou le massacre des indiens d'amérique aux rouges.

Les crimes contre l'humanité sont le patrimoine commun d'une mémoire chez tous les humanistes, d'où qu'ils viennent, au coeur soulevés d'une même horreur et aux bras prêts à se lever, pour combattre d'une même force!

On ferait bien de ne pas l'oublier.

Alors, avant de favoriser des retours dont personne ne veut, messieurs les bouteurs de feux, qui n'êtes pas sur des estrades de salles de spectacles qui auraient dû rester confidentielles, mais dans les allées du pouvoir ou vous êtes trop à votre aise, rappelez-vous, deux cents millions sont tombés et ils n'étaient pas tous juifs.

Merci de ne pas nous ramener la folie.

Levez un peu le pied et retrouvez la raison.

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