M'bala-m'bala

Voilà un nom qui sent bon l'Afrique, les tambours du Sénégal et les cris dans la jungle équatoriale, à moins que l'on préfère entendre barrir l'éléphant, en bordure de la savane, un peu avant qu'il soit assassiné par un roi d'Espagne ou d'ailleurs...

Voilà notre métis de noir cameroun et de celtique petite bretagne, mélange explosif autant qu'intempestif, qui a poussé en une fleur ananas aujourd'hui vénéneuse, sur les trottoirs d'un Paris de la nuit et du rire.

Je trouve l'affaire dieudonné passionnante.

On analysera plus tard la chronologie du phénomène pour tout de suite noter l'évidence, il faut éliminer dieudonné.

Le pourquoi importe peu, c'est le qui, l'identité ou la sensibilité, ou encore la doctrine, à l'origine de ce qui devient, on peut le dire, une chasse à l'homme d'une ampleur médiatique à proprement parler incroyable.

Or, pardon, si l'on se fout pas mal de ce que peut dire un humoriste, après tout confidentiel, quand on ne lui fait pas de publicité, dès lors qu'il dérange à le voir cité par un ministre d'intérieur qui connaît très bien l'opportunité de mêler quelques blancos parmi les blacks et les beurs de sa commune sur un marché, on commence à s'interroger.

S'il se fait crucifier par un président de la république, revendiqué du socilisme donc de ce qu'on fait de plus poussé en terme de laïcité, à un dîner communautaire, hou, la, la...

La question n'est plus anodine ou accessoire, elle devient prioritaire.

Donc dieudonné se fout de la Shoah. Bonjour les blagues hors limites, mais c'est son affaire.

S'il va plus loin que son métier ou déclencher l'ire au lieu du rire, alors on peut réagir.

Nous avons des lois dans ce pays pour régler certains cas. A ce jour, disons-le, toute opinion n'est pas forcément bonne à dire, on risque l'amende et la prison et c'est de justice qu'il s'agit.

Si l'on n'est pas d'accord, on a le droit, il suffit de remporter la majorité à l'assemblée, puis de changer la loi.

La démocratie, c'est fait pour cela.

Seulement voilà, on n'est arrivé à un point qui pose un vrai problème: que quelqu'un décide de nommer la quenelle un salut nazi, voilà qu'un joueur de ballon, ou une bande de trublions se retrouvent accusés, a priori ,de nazisme.

Et là, non...

Chez moi, les nazis, on les met en prison.

Si un plus ou moins facho, revendiqué ou non, balance sa quenelle devant un monument , fut-il à valeur de souvenir sacré pour une partie de la population, la repentance qui serait alors exigée de tout le monde, je lui fais une quenelle bien profond.

Vu que l'animal est mou et peu encombrant, il ne fera pas trop mal.

Justement, ce n'est pas le but, il s'agit simplement, mesdames et messieurs les censeurs, de vous em...

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