Omar, Fred, le service après-vente des émissions : retournement de caricature ?

Il y a un programme court que j'aime bien sur Canal plus. Cela s'appelle le Service après vente des émissions animés par Omar et Fred, chaque jour vers 20h30.

Il y a un programme court que j'aime bien sur Canal plus. Cela s'appelle le Service après vente des émissions animés par Omar et Fred, chaque jour vers 20h30.

On voit l'un des deux qui appelle l'autre, ce dernier étant comme le service aprés-vente des émissions de télé, le premier donnant ses critiques, remarques, comme quand on est content ou pas d'un produit.

Les blagues sont très inégales, pas toujours légères, parfois franchement dadaïstes.

Quand Omar qui est noir, joue au noir, c'est souvent la pire des caricatures, qui ferait passer le yabon banania pour un monument de politiquement correct.

Quand l'un ou l'autre joue à l'homosexuel, c'est a peu prés aussi lourd que la cage aux folles.

 

Ces caricatures là, on les connait.

On caricature toujours les femmes, les personnes noirs ou arabes ou les homos.

Mais ce que j'aime c'est que Fred fait le blanc, et fait l'homme, et fait l'hétéro.

Et il les caricature.

Il grossit les traits du blanc dans sa supérioté évidente.

L'hétéro dans son machisme facile.

L'homme y compris dans sa difficulté à devoir être un mec, un vrai.

 

A travers leur humour, Omar et Fred arrivent à renverser le miroir et à nous poser quelques questions de fond.

 

On se dit que c'est dur d'être une femme dans l'entreprise, en politique. Mais ne devrait-on pas se demander pourquoi c'est si facile d'y être un homme, avec quels avantages, mais aussi quel coût individuel et collectif ?

On parle du « problème noir » en France, on se demande ce qu'est « être noir ». Mais pourrait-on poser la question d'être blanc, ce que ça signifie, ou s'il n'y a pas un « problème blanc », qu'on pourrait nommer discrimination ?

On parle du douloureux probléme de l'homosexualité, on s'insurge sur le fait que l'homosexualité pourrait devenir un modèle pour les adolescents si le mariage était ouverte aux personnes gays et lesbiennes. Mais l'hétérosexualité, ce qu'elle installe dans les rapports homme-femme par exemple, les cases dans lesquels beaucoup d'hommes ou de femmes se sentent à l'étroit, tout ça n'est-il pas un douloureux problème ? Compte tenu de son bilan en terme de névroses, la famille hétérosexuels peut-elle se poser en modèle ?

 

A ceux qui lui amenaient une femme adultère, Jésus lançait : « que celui qui n'a jamais péché jette la première pierre ». Un des exercices préféré de Jésus était de renverser la question, de la renvoyer à ceux pour qui, le partage de qui est "pur" et de qui est "impur" est évident, ceux pour qui l'ordre des places allait de soi.

Et, nous quand les choses nous semblent évidente, pourquoi ne jouerions-nous pas à ce jeu ?

 

 

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