17,5 degrés. Ce n'est pas la température ressentie à Paris ce mardi 24 mars 2015. Ce n'est pas non plus celle observée à Nice. Non, sachez juste que si vous vouliez profiter d'un brin de chaleur mardi dernier, il aurait fallu vous rendre en Antarctique. Par Terry Mossot
Vous savez, l'Antarctique, ce gros bout de glace au pôle Sud dont la température moyenne oscille dans les -50° et qui, depuis ces dix dernières années, s'est considérablement réchauffé au point de faire augmenter le niveau des eaux ?
Le week-end d'avant, le coup de chaleur sur le bout de la planète, Paris a connu une merveilleuse semaine sous un épais nuage de particules fines qui nous a privé d'éclipses / paysages /bonne partie de nos poumons. En à peine 1 an, ce fut la deuxième « attaque » que Paris et sa banlieue a subie, et c'est aussi la deuxième fois qu'on voit apparaître les mesures exceptionnelles dont on risque de prendre l'habitude : la circulation alternée et la gratuité des transports dans toute l'Île-de-France.
Avec deux événements de la sorte qui se suivent, je n'ai qu'une question qui me vient aux lèvres : que faisons-nous ?
Si ça se trouve, nous assistons doucement à l'extinction de notre planète, mais aucun engouement citoyen ne vient pour améliorer notre condition. Comme si cracher ses poumons une fois par an à cause de l'air qu'on respire, s'irradier ou voir les côtes de mer disparaître à cause de l'érosion ne suffisaient pas à nous faire suffisamment agir…
Des associations comme « WWF » ou des partis politiques comme « Europe Écologie Les Verts » sont là pour nous faire avoir ce sursaut citoyen. Mais, souffrant d'une image défavorable, les écolos peinent à attirer. Qui n'a jamais entendu de réflexion désobligeante concernant les actions de « Greenpeace » ou constaté une mauvaise représentation médiatique des « Zadistes » de Notre-Dame-Des-Landes ou plus récemment du « Barrage de Sivens » ?
Une mauvaise représentation médiatique et politique bloque ainsi beaucoup de personnes à s'engager pour sa planète alors que l'enjeu reste de taille. Les écolos ont-ils tous des dreadlocks et fument-ils tous des joints en écoutant du Bob Marley tout en débattant sur la fin de nucléaire ?
Ce n'est pas ce que vous pourriez dire en voyant Amélie, 18 ans et futur bénévole pour « Greenpeace ». Cette étudiante en lycée hôtelier à Paris, sensible depuis son adolescence à l'écologie et aux enjeux que ça représente sur notre futur, a accepté de répondre à mes questions afin de, elle l'espère, nous convaincre à nous aussi agir.
-Pourquoi « Greenpeace » et pas une autre association comme « WWF » ?
Amélie : Je suis beaucoup l'actu de « WWF », et ce que je recherche dans une association, c'est de l'action. « WWF » a beaucoup de dons et possède même des aides de l'Etat, alors que Greenpeace est une association marginalisée qui a besoin de beaucoup plus de soutiens. Et même si elle est mal vue, j'ai envie de défendre leurs causes, car il faut l'avouer, leurs actions ont quand même de l'impact, il n'y a qu'à voir leurs intrusions dans les centrales nucléaires.
-Un événement en particulier t'a poussé à t'engager ?
Amélie : J'envisageais à m'engager dans une association depuis très longtemps, mais ce qui m'a vraiment poussé vers l'environnement, c'est le fait de voir les médias en parler encore et encore et voir que personne n'agit face aux problèmes et continue et continue même à fermer les yeux.
-Que penses-tu de la politique actuelle par rapport à l'environnement ?
Amélie : Le gouvernement devrait écouter les associations, elles ont chacune des idées réalisables qui pourraient vraiment changer la donne. Après au niveau des partis politiques, ils ont globalement de bonnes idées même si on sait tous qu'elles mettront du temps à se réaliser, si elle se réalise un jour ...
-Pourquoi ne pas s'engager dans un parti écologique ?
Amélie : La politique ne m'a jamais intéressé, selon moi un parti écologique n'a pas encore assez de pouvoir ou d'appui pour pouvoir agir en ce moment même.
-En parlant d'agir maintenant, quelle situation doit absolument changer ?
Amélie : La déforestation doit absolument cesser, principalement en Amazonie. Cela crée d'énormes dégâts au niveau animal, environnemental et social ! Ne serait-ce que par le Co2 pollué qu'on inspire, le bois vendu de manière illégal en France, ou l'essence dit à « l'énergie végétal » qui est en fait une - excusez-moi du terme - une grosse arnaque en étant soi-disant « écolo-friendly » alors que ça détruit plus que ça ne produit ...
-Comment vois-tu la terre dans 10 ans ?
Amélie : Sans être pessimiste, je la vois dans un état encore plus inquiétant que celui dans lequel on est. Des espèces animales auront encore disparu et la pollution empirera si on n'agit pas rapidement.
-Que penses-tu du nucléaire d'ailleurs ?
Amélie : Avant de m'intéresser à Greenpeace, je ne captais pas l'immensité du problème nucléaire. Je connaissais son danger environnemental bien sûr, mais pas au point d'en faire une priorité. Le problème du nucléaire est qu'on ne trouvera pas de solution miracle pour arrêter de l'exploiter ... Il faudra toujours faire avec des substituts, mais reste à savoir lesquels.
-Un mot à dire au gouvernement ?
Amélie : Écoutez toutes les associations, et trouvez un moyen de sensibilisation encore plus poussé, car c'est un problème qui se pose de génération en génération. Ne laissons pas une mauvaise planète aux générations futures. Normalement, un Agenda 21 aura lieu au mois de décembre avec les représentants de « Greenpeace », j'espère qu'il y aura un vrai échange avec le gouvernement et que des mesures contre le gaspillage d'énergie par exemple seront prises.
-Un mot à dire aux lecteurs ?
Amélie : Pas besoin forcément d'un cadre associatif ou politique pour vous sensibiliser, dans la vie de tous les jours, il y a des gestes qui changeront réellement le présent et le futur de tous : Prendre le moins souvent sa voiture, ne pas jeter de papiers ou de mégots de cigarette par terre, éteindre les lumières allumés pour rien, ouvrir la fenêtre avec un chauffage allumé, éviter d'utiliser trop de papier non recyclé (quand c'est possible) ... C'est si simple !
Et aussi, ne vous fiez pas aux idées reçues sur Greenpeace et toutes les autres associations !
Terry Mossot, Université Paris-Diderot et ancienne rédactrice du journal « Le Coup » du lycée M. Pagnol d'Athis-Mons.