Aujourd'hui, je me suis mise devant mon ordinateur avec mille idées en tête pour essayer d'écrire sur les événements qui se sont produits en France depuis le 7 janvier. Je pourrais faire un mélange de plusieurs articles que j'ai lus et vous les résumer mais quel en serait l’intérêt ? Raconter encore une fois le déroulé des événements? Expliquer à nouveau qui sont les responsables et leurs histoires respectives ? Je ne pourrai rien apporter de plus à ce qui a déjà été dit. Pourtant, je vais quand même revenir sur les faits.
Le 7 janvier 2015, deux français de confession musulmane tombés dans l'extrémisme religieux ont assassiné des dessinateurs et journalistes, des humains. Pas de simples personnes comme vous et moi, mais des personnes qui ont usé jusqu'à la moelle de la liberté d'expression. D'ailleurs, je pourrai aussi vous dire à quel point la liberté d'expression est importante pour vivre dans une démocratie et qu’il faut à tout prix la défendre et l’enseigner mais j'aurais peur d'enfoncer des portes ouvertes. Alors j’aimerai partager toutes ces questions qui se bousculent dans ma tête.
Enseigner le fait religieux ?
Depuis ces meurtres, le gouvernement prend toutes sortes de mesures. Les idées fusent de tous côtés! La ministre de l'éducation nationale, par exemple, parlait de cours de laïcité à l'école ou plus précisément de «renforcer le contenu de l’enseignement laïque du fait religieux dans les programmes du primaire et du collège.». Peut être que l’enseignement des religions d’une manière laïque pourrait permettre de les comprendre, chacune, et d’apprendre la richesse que chacune pourrait apporter à une nation, à un Etat. Mais qui pourrait enseigner cela ? Nos professeurs ? Mais qui n’a jamais entendu "de toutes façons, ces profs ce sont tous des cons" ? Alors, les parents envoient leurs enfants dans des écoles privées où l'enseignement correspond à leurs idées. Pourtant, est ce que ce sont les bonnes idées ? Ne serait-il pas plus intéressant de montrer la diversité d’opinion qui existe actuellement? Ont-ils peur de l'enseignement public qui ne pense pas le monde comme eux et qui pourrait entrainer leurs enfants à se « rebeller » contre l’autorité parentale? Mais un avantage de cet enseignement c'est qu'il est le même pour nous tous. Lycéens de Paris, Vannes, ou encore le village le plus perdu de France, nous sommes donc tous égaux sur le plan éducatif. Dans les écoles privées, l'enseignement n'est pas encadré, certes on pourrait dire que c’est une forme de liberté d’opinion. Mais quand, dans certaines écoles, on oblige les élèves à assister à des offices religieux ou à suivre des cours où l’on apprend comment pratiquer une religion sans en expliquer l’histoire et surtout sans expliquer les autres religions, n’est-ce pas priver les élèves de leur liberté de choix ? Le choix de ses opinions en l’occurrence.
Rebelles, mais contre qui ?
Dans les périodes de crise, comme c’est le cas aujourd’hui, il me semble que nombreux sont ceux qui se méfient de l’école et des enseignants. Les enfants croiront-ils les professeurs qui enseigneront le fait religieux tout en respectant l’enseignement laique? Nous avons bien vu la réaction suite à l’attentat de certains qui disaient « Ils l’ont bien mérité » ou d’autres phrases avec la même idée derrière, pourtant, ce n’est, normalement, pas à l’école qu’ils ont appris ca… J’ai le sentiment qu’aujourd’hui la tendance est celle de voir l’éducation nationale comme un ennemi. Quoi que les responsables fassent, ils auront tort. Plus proches de nous, élèves, j’ai cru voir qu’il était difficile pour certains de voir nos professeurs comme des alliés et qu’ils étaient souvent vu comme symbolisant une autorité contre laquelle il faut se rebeller. Mais adolescents, on a aussi envie de se rebeller contre ses parents. Alors qui croire ? Quelqu’un rencontré dans la rue qui nous a convaincu avec un joli discours ? Des personnes qui écrivent leurs idées sur Internet aux vues et aux lires de tous ? On ne sait plus qui croire, parce que malgré notre désir d’indépendance, nous restons tous influençable et sommes influencés par ce que nous lisons dans les médias, sur Internet, ce que nous entendons à la radio, à la télé ou sur Youtube.
Capucine Saulpic, Les Mots nécessaires, lycée Claude Monet, Paris 13