Billet de blog 5 mars 2015

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Pour que les aiguilles à tricoter ne servent plus qu'à ça

C’est en 1974 que toutes les femmes ont fait un pas décisif vers la liberté grâce à Simone Veil, une femme qui s’est battue devant une assemblée masculine pour  que l'IVG n'apparaissent plus comme un crime mais comme la liberté  de disposer de son corps. C’était il y a 40 ans. On fait le point. Par Victoria David et Laurie Desouches.

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C’est en 1974 que toutes les femmes ont fait un pas décisif vers la liberté grâce à Simone Veil, une femme qui s’est battue devant une assemblée masculine pour  que l'IVG n'apparaissent plus comme un crime mais comme la liberté  de disposer de son corps. C’était il y a 40 ans. On fait le point. Par Victoria David et Laurie Desouches.

 « La loi Simone Veil est une bénédiction, il suffit de défendre le travail qu'elle a fait et d'être vigilant et de défendre les droits acquis » dit Cécile Wallard, sache femme en P.M.I de la maison de la solidarité. « Il y a toujours eu des avortements. Depuis la loi, le taux d'IVG est stable. Les femmes qui avortent ont entre 20 et 35 ans moment où la fertilité est la plus grande »

Quand on est mineur c'est le même système pour avorter que les majeurs. Sauf qu'il faut avoir l'autorisation d'une personne adulte responsable ou d’un parent. » Pourtant, pour Cécile, la question reste complexe, pas seulement technique. Pour répondre à toutes les situations, il faut souplesse et liberté. En effet les enfants non désirés n’arrivent pas que par défaut de contraception ; il y a aussi ceux que l’on veut pour raccommoder un couple qui va mal, sans y parvenir et bien d’autres situations. 

Ce qu’on en pense aujourd’hui 

Ce n’est pas un sondage et les avis recueillis ne prétendent pas dégager une tendance. Les adultes que nous avons interrogés ne remettent pas en cause la loi. Marie-Noëlle, admiratrice de Simone Veil, ne voit pas qu’on puisse revenir dessus. « Simone Veil est une ancienne déportée qui a montré beaucoup de courage. Elle a fait une très bonne loi qui a permis aux femmes de gérer leur grossesse, de s'émanciper et d'éviter des décès en ayant recours à des faiseuses-d ‘anges  mais il est fort dommage qu’en 2014 il soit encore tabou d'avorter dans de bonnes conditions pour certains. »

  Pour Laurence, il va de la santé des femmes. « Je suis pour l'avortement car si la personne n'a pas le droit d'avorter, ça peut entraîner des drames pour la maman et l'enfant ». Enfin, pour Pascal : « il vaut mieux avoir le choix d'avorter que d 'abandonner les enfants ».

Côté jeunes, c’est plus mitigé. Ainsi, Laura déclare : «je suis contre l'avortement car ça peut tacher la vie d'un couple » ; tandis qu’Anastasia est plus affirmative :« je suis contre l'avortement parce que ça tue une vie humaine qui n’a rien demandé. »

Illustration 1
© Photo, K'eskon Attend, Collège Descartes, Châtellerault (86)

En Espagne

Il faut pourtant prendre garde parce qu’on voit que dans certains pays, ce que l’on pensait acquis est parfois remis en question. Ainsi, en Espagne, qui est un pays qui s'est longtemps battu pour l’avortement, il doit aujourd’hui recommencer pour conserver ce droit. 

En effet, jusqu’en 2009 l'avortement était interdit puis ça a changé à partir de 2010, date à laquelle on autorise l'avortement jusqu'à 14 semaines et 22 semaines de grossesse en cas de problème avec le fœtus. En 2013, cependant, une loi est présentée par le ministre de la justice ultraconservateur Alberto Ruiz-Gallardon qui interdit aux femmes d'avorter sauf en cas de viol ou de danger pour la mère ou l'enfant. En sachant que la mère doit obligatoirement être examinée par deux médecins. Heureusement cette loi n’est pas encore votée par le parlement, enterrée pour des raisons électorales. Mais on a eu chaud ! 

Pour Marie-Jo Medina Roullin, professeur d'espagnol, ce serait un vrai recul si elle était votée!  « Je suis pour la loi Veil, c'est une très bonne loi qui a libéré les femmes ». En Espagne, dit-elle, le problème est chez les hommes. « Les jeunes hommes sont plutôt favorables à l'avortement par contre les personnes âgées catholiques conservateurs sont contre. Il faut qu'il y ait une loi qui protège les femmes pour l'avortement mais surtout donne plus d'informations sur les moyens contraceptifs ».

Aujourd'hui encore, c'est compliqué d'avorter. Dans beaucoup de pays, des problèmes existent. 

« C'est compliqué encore parce que dans la mentalité ce n'est pas très bien accepté, les personnes croyantes disent que le fœtus est vivant dès la conception et qu'on n’a pas le droit de le supprimer. » Pourtant pour éviter les enfants dans les poubelles, il faut défendre cet avortement qui permet aussi aux femmes d’être libres de décider de leur vie.

Victoria David et Laurie Desouches, K'eskon Attend, Collège Descartes, Châtellerault (86)

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