Billet de blog 7 mai 2015

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Liberté, je crie ton nom !

Elle est une valeur fondamentale de la République française. La Liberté d'expression, je l'aime et je l'utilise. Aujourd'hui je la défend aussi, car souvent malmenée en ce début d'année. Par Jordan Guerin-Morin

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Elle est une valeur fondamentale de la République française. La Liberté d'expression, je l'aime et je l'utilise. Aujourd'hui je la défend aussi, car souvent malmenée en ce début d'année. Par Jordan Guerin-Morin

La Liberté d'expression, inscrite dans la Déclaration Universelle des Droit de l'Homme, permet à tout individu de dire, d'écrire et d'imprimer son opinion dans les limites de la loi. La constitution française est très précise sur le sujet. Si chaque individu est libre de s'exprimer, il ne peut attirer la haine à l'encontre d'un individu ou d'un groupe d'individus. Le blasphème, c'est-à-dire la satire de la religion, n'est pas condamné car la France est un pays laïc, la religion et l’État sont séparés depuis 1905.

Je suis Charlie

Cette mise au point, presque devenue routine, est nécessaire pour comprendre les événements post-Charlie, lorsque des musulmans descendaient dans les rues, à l'étranger, brandissant ce fameux dessin sur fond vert vers le ciel. Pourquoi_? Car dans la religion musulmane, la représentation du prophète Mahomet est interdite. Je ne reviendrai pas sur les explications de cette interdiction. Je préfère m'attarder sur le fait que la France est un pays laïc. Par définition, elle n'a pas à se plier à une interdiction propre à la religion musulmane. Les caricatures de Mahomet sont une satire de la religion, donc un blasphème. En aucun cas, il ne s'agit d'attirer les haine envers les musulmans. Charlie n'a pas écrit «_les musulmans sont des cons_». Le fait que des musulmans n'apprécient pas les caricatures de Mahomet – je ne parle pas des terroristes – est compréhensible. Mais personne n'a forcé ces musulmans à lire Charlie. Charlie, avec ses caricatures, reste dans le cadre de la loi française, à aucun moment il ne franchit les limites de la Liberté d'expression.

 Les autres limites

La Liberté de la presse permet aux journalistes d'exercer leur métier. C'est un droit de la Liberté d'expression. Chaque année, l'Organisation Non Gouvernementale (ONG) Reporters Sans Frontière (RSF) publie le Classement mondial de la liberté de la presse. Les résultats parlent d'eux mêmes. On observe d'importantes différences. Dans les pays d'Europe et d'Amérique du Nord, les journalistes bénéficient d'une situation bonne voire très bonne pour exercer leur métier. En 2014, la Finlande est la mieux placée dans le classement. La France est (seulement) trente-neuvième. D'autres états ont une situation difficile ou très grave. On en conclut que les limites de la Liberté d'expression varient selon les états, la rendant parfois inexistante.

 Je suis Raef Badawi

L'Arablie Saoudite est l'un de ces pays où la Liberté d'expression est presque inexistante, car la religion est trop présente. Prenons l'exemple de Raef Badaoui. C'est l'histoire d'un jeune blogueur de 31 ans condamné en 2014 à mille coups de fouet pour «_insulte à l'islam_» après avoir créé un forum sur Internet. Cette condamnation démontre la forte présence de la religion en Arabie Saoudite, il n'y a aucune distinction entre la religion et l'activité politique. Le droit de blasphème n'existe pas. Une police religieuse, la Muttawa possède plusieurs pouvoirs. Raef Badaoui est ainsi condamné pour s'être exprimé librement. Cette décision est inacceptable et d'un autre temps. C'est une humiliation moyen-âgeuse que doit subir Raef Badaoui_: 50 coups de fouets tous les vendredis sur place publique. Cette condamnation est d'une extrême cruauté et une atteinte à la Liberté d'expression.

Religion, dictature, guerre, dans de nombreux pays la Liberté de la presse n'est pas assurée.

#UnfollowMe

Il a fait parler de lui après les attentats de janvier : le Patriot Act. Pour prévenir et empêcher d'éventuels attentats, certains élus ont commencé à réfléchir à une version française de cette loi. C'est une loi antiterroriste américaine, adoptée après les événements du 11 septembre 2001, qui permet aux services de sécurité américains d'accéder aux données informatiques des particuliers et entreprises sans leur accord. Les États-Unis utilisent ainsi la surveillance de masse pour mieux repérer les terroristes. Les déclarations d'Edward Snowden1 en juin 2013 vont dans ce sens. L’efficacité de ce processus n'a pas été prouvée. En revanche, la récupération de nos données informatiques est une intrusion dans notre vie privée. Les services de renseignement sont aujourd'hui capables de connaître nos positions et déplacements, de lire nos mails. A sa création, Internet était perçu comme un espace où la Liberté d'expression était prédominante. Aujourd’hui, cette liberté est mise en danger. Le risque de censure n'est pas négligeable.

Dans Charlie Hebdo du 25 février dernier, Iegor Gran nous montre que la censure est déjà présente sur le net, dans nos médias. Sur lefigaro.fr, Iegor Gran tente une expérience : il poste sur des articles des commentaires pro-occidentaux. « Résultat : neuf commentaires sur vingt-cinq (soit 36%) ont été proprement détruits par l'équipe de modération avant même d'être publiés».

Bien qu'inscrite dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, la Liberté d'expression est loin d'être universelle. Ce soir, je peux écrire et m'exprimer librement. J'utilise cette liberté pour aider ceux qui en sont privé.

Jordan Guerin-Morin, Actu en Rab’#, le journal de lycée François Rabelais, Fontenay le Comte (85)

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