A la découverte d’un fleuve sacré

Marc Dossin, journaliste parisien nous raconte son expédition en Inde. Un voyage effectué à la demande de son rédacteur en chef. Le projet était de découvrir l’histoire d’un fleuve sacré baptisé le Gange. Voici les parts de son expédition. Par Caroline Duarte

« Avant toute chose il a fallu que je prenne connaissance de certaines informations. Je ne voulais pas paraître indifférent face au projet qu’on m’avait donné. C’est pour cela, la veille de mon départ j’ai ouvert mon ordinateur et j’ai fait des recherches sur le web. Ma première découverte a été la longueur du fleuve environ 2.500 kilomètre, ainsi qu’il s’écoulait de l’Himalaya et qu’à la frontière du Bangladesh se situait le Delta du Gange qui représente la région la plus peuplé du monde. Mais ceci ne m’apportait rien de nouveau sur ce que je voulais apprendre, j’ai donc attendu mon départ.

Dès mon arrivée j’ai été pris en charge par Âbha, un villageois de Vârânasî appelé autrefois Bénarès. J’ai passé tout mon séjour chez lui. Il m’a appris l’histoire du Gange ainsi que de sa ville. Vârânasî se situe sur la rive gauche du Gange, elle est principalement dédiée à Shiva le dieu de la destruction car il l’aurait choisi pour former son sanctuaire principal. Dans la mythologie hindoue la chevelure de Shiva posséderait un croissant de lune, symbole du cycle du temps et l’écoulement du Gange, fleuve sacré de l'hindouisme. En outre, Vârânasî fait partie des sept villes sacrées de l’Inde. Pour l’histoire du fleuve, un roi cherchant la prospérité de la terre implora la déesse Akash Ganga. Le vœu du roi Bhagiratha fut exaucé mais la déesse crût que les flots du Gange submergeraient la terre, c'est pourquoi elle les mit dans la coiffe dénommés jaṭā-mukuṭa (chignon) d'un dieu : Shiva. Ce dernier libéra ensuite le fleuve de ses cheveux. Depuis, tremper son corps ou se laver dans le Gange revient à laver ses pêchés, à retrouver l’union entre son corps et l’esprit. De plus ce lieu sacré invite au bain rituel des milliers de mendiants et des malades aux plaies ouvertes pour trouver la guérison. En Inde, se baigner dans ce fleuve est gage de longue vie. Ainsi les Hindous pensent que l’eau du Gange purifie le corps et l’âme mais depuis un certain temps, pour des questions médicales les habitants portent seulement l’eau à leur visage.

Cependant, lors des cérémonies religieuses j’ai pu remarquer de grands escaliers qui menaient au Gange. A ce qu’on m’a raconté ils ont été créés avec des bûchers funéraires car les cimetières n’existent pas chez les hindous. Ces rites religieux s’expliquent par une série de mythes. Dans le Mahâbhârata (grand poème), épopée indienne rédigée entre mil avant J.C. et le VIe siècle de notre ère, le Gange est un élément fondamental de la Trinité hindoue regroupant Brahmâ, Vishnou et Shiva. Âbha m’a aussi expliqué que les habitants réalisent même la crémation de leurs morts au-dessus des eaux et que d’autres viennent attendre la fin de leur existence sur les escaliers. Tous les ans, des milliers de corps sont brûlées. Enveloppée dans des draps de coton, chacun est d’abord baigné dans le Gange puis séché avant d’être posé sur un bûcher, brûlée et déposé dans les eaux du fleuve. Par ailleurs, les morts sont souvent mal brûlés car le bois coûte cher. Je lui ai donc demandé pourquoi ils faisaient ça. Et apparemment ceux qui perdent la vie espèrent briser à jamais le cycle des réincarnations, l’élément central des croyances hindouistes. Car ceci est un fardeau comparée au moksha, le nirvana des hindous, stade où l'âme se fond paisiblement dans l'Univers. C'est dans cet espoir que l'hindou fait des offrandes aux dieux, se purifie chaque jour et effectue de longs pèlerinages vers des temples célèbres, des montagnes ou lacs sacrés. »

 (Ceci n’est qu’une fiction, le personnage n’existe pas)

Caroline Duarte,1èreL, lycée Arnaut Daniel, Ribérac (24)

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