Les photos de classe

Vient le moment fatidique du positionnement des modèles, complexant les plus grands et les plus petits. Le photographe plaisante de bon cœur avec les élèves, et essaye de détendre l’atmosphère afin de décocher leur plus beau sourire. Par Roxane PEYPELUT, Cécile MONTAUDY

 

Les photos de classe sont en principe destinées aux parents pour qu'ainsi ils puissent avoir un souvenir de leurs bambins lorsque ceux-ci étaient scolarisés. Mais aussi pour les élèves eux même afin qu'ils se remémorent leurs douces années au sein des écoles.

Le jour de cet événement est minutieusement choisi afin que leur faciès soit de toute beauté. Un jour de pluie fait frisotter leurs cheveux de manière subtile, ou bien un jour ensoleillé éblouit leurs yeux chafouins, les plissant face à la puissance des rayons lumineux. Il ne faut pas oublier l'ingratitude de l'adolescent qui se réveille un matin doté d'un magnifique bouton exposé gracieusement sur le visage à la vue de tous.

Le carnage ne s'arrête pas là. S'ensuit la tenue vestimentaire autrefois choisie avec goût par la maman jusqu'à ce qu'intervienne l'adolescent en furie voulant choisir lui même son « style » et le faisant transparaître par ses vêtements d'une qualité supérieure. Surgissent les appareils dentaires parfois agrémentés d'une paire de lunettes et d'un t-shirt à la gloire d'un groupe de musique trouvé dans le caniveau, où vous pouvez lire le menu servi au self 

Vient le moment fatidique du positionnement des modèles, complexant les plus grands et les plus petits. Le photographe plaisante de bon cœur avec les élèves, et essaye de détendre l’atmosphère afin de décocher leur plus beau sourire.

Celles-ci laissent tout de même de bons souvenirs, qui nous remémorent une classe aimée, ou non. En rigolant eux même de leur frimousse à faire frémir Gargantua ou une salle entière, des sourires forcés laissant apparaître un morceau de salade ou des dents jaunies par les cigarettes. Des cheveux emmêlés par le vent donnant une allure de tigresse à certaines ou certains. Tous ces imprévus mélangés s'ajoutent à la singularité d'un tel moment.

Sans eux, une photo de classe ne serait pas une photo de classe.

Roxane PEYPELUT, Cécile MONTAUDY, 1°L, Lycée Arnaut Daniel, Ribérac (24)

 

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