Tu te réveilles le matin, la tête dans les chaussettes, doucement bercé par le ronron du moteur…
Quand tu attends le bus dans le froid de la nuit, à l’heure où les lampadaires sont encore allumés, tu penses à la dure journée de labeur qui t’attend. Et là, surgissant du noir, ton carrosse maléfique débarque de nulle part. Et les portes s’ouvrent. Le regard chaleureux du chauffeur t’attire dans son antre. En citoyen exemplaire tu lui présentes gracieusement ton titre de transport (pour ne pas te prendre une prune). En t’accrochant de toutes parts, tu tentes de localiser une place et de t’y faufiler.
Une fois installé, tu commences enfin ta journée, tu manges, te coiffes, t’habilles pourquoi pas. A moins que tu ne préfères réviser le contrôle que ton prof chéri t’a concocté ?
Une fois sorti de ta torpeur matinale, tu ouvres tes écoutilles et des vagues de conversations indiscrètes s’écoulent jusqu’à toi. Non pas que ça ne t’intéresse pas, ça te fais juste *****.
Il y a les deux meufs qui parlent de leurs cheveux : « Non mais comment tu fais pour qu’ils soient si lisses et brillants, les miens sont hypra secs ! » L’autre lui répond : « c’est la bave d’escargot, c’est super hydratant tu devrais essayer, Brandon va adorer ».
Pendant ce temps, les deux mecs d’en face tapent la discute : « Tu la trouves pas plutôt bonne la meuf d’en face ? » « Pas mal à part qu’elle a deux chaussures différentes » « espèce de Pied-dophile"…
Quant à la bande de pingouins qui piaffent à l’arrière du bus, on n’en parle même pas !
Bref, le bus c’est ton lieu, le bus c’est le lieu où règne une ambiance des plus conviviales où chacun apporte sa pierre à l’édifice inébranlable de la culture générale.
Enfin tout ça quand tu ne le loupes pas, c'est-à-dire quand tu ne te fous pas dans la panade…
Le P'tit Luther, Lycée Martin Luther King (77600).