Billet de blog 16 mars 2015

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Peut-on caricaturer Mahomet ? Rencontre avec la LDH

Après les attentats contre Charlie essayons de poser simplement les termes du débat. Un camp estime qu’il doit être possible de publier tout ce que l’on souhaite, donc des caricatures y compris du prophète Mahomet, un autre considère qu’on n’a pas à le faire car l’Islam l’interdit. Par Laurent Chevrel

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Après les attentats contre Charlie essayons de poser simplement les termes du débat. Un camp estime qu’il doit être possible de publier tout ce que l’on souhaite, donc des caricatures y compris du prophète Mahomet, un autre considère qu’on n’a pas à le faire car l’Islam l’interdit. Par Laurent Chevrel

La liberté de la presse ne se négocie pas. Dans le cas contraire, son contenu serait contrôlé et à terme d’autres libertés seraient mises en cause : penser, parler, manifester, etc. On tombe alors en dictature, tout le monde connaît l’exemple d’Hitler avec ses camps pour opposants. On pourrait même avoir une religion d’Etat, obligatoire et unique. La France a connu cela avant 1789. Cette liberté a toutefois des limites fixées par la loi : le respect de la vie des gens par exemple.

La caricature fait partie de ces libertés. Si l’on ouvre un dictionnaire, on lira qu’il s’agît d’un dessin qui déforme les traits d’un personnage, qui se moque de lui en les grossissant. Ajoutons au dessin les vidéos, les films, les sketchs, les imitations… par nature donc, la caricature est faite pour déranger et est une œuvre de création. Ce qu’elle représente n’existe pas dans la réalité. Celui qui a l’honneur d’en faire l’objet ne l’apprécie pas forcément, sachant qu’elle peut aussi lui permettre de prendre un peu de distance avec lui-même. Les profs en savent parfois quelque chose !

S’agissant de Mahomet, 2 problèmes se mélangent. D’un côté, il y a la caricature qui, quand on la regarde bien, en fait ne critique pas Mahomet, mais ceux qui parlent en son nom. C’est la une de Charlie « c’est dur d’être aimé par des cons ». Cette représentation appuie le discours qui insiste comme l’on fait les manifestations de janvier que l’idée que les musulmans capables d’assassiner des journalistes sont une infime minorité, qu’il ne faut pas les mélanger avec tous les musulmans.

De l’autre, on a la représentation de Mahomet que condamnent les pratiquants de la religion musulmane, et qui ne concerne donc que leur religion. Mais peuvent-ils l’empêcher dans la mesure où chacun dans notre pays a le droit de penser et de dire ce qu’il veut ? On ne peut pas prétendre interdire aux autres ce que l’on souhaite pouvoir faire soi-même. La liberté est la mère de tous les droits, mais elle est aussi exigeante.

Rencontre avec Laurent Chevrel de la Ligue des Droits de l’Homme, journal K’eskon Attend, collège Descartes, Châtellerault

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