Billet de blog 18 juin 2015

Rédaction Lycéenne (avatar)

Rédaction Lycéenne

Abonné·e de Mediapart

La Réforme du collège, un vrai casse-tête

La réforme du collège, tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment de quoi il s'agit. Entre les figures de style des textes de loi et les rumeurs médiatiques, difficile de s'y retrouver. Retour sur un projet de loi loin de faire l'unanimité. Par Izzy Boucher

Rédaction Lycéenne (avatar)

Rédaction Lycéenne

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La réforme du collège, tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment de quoi il s'agit. Entre les figures de style des textes de loi et les rumeurs médiatiques, difficile de s'y retrouver. Retour sur un projet de loi loin de faire l'unanimité. Par Izzy Boucher

La réforme du collège, est une réforme scolaire (sans rire, je vous jure !) présentée le 11 mars pendant le conseil des ministres par Najat Vallaud-Belkacem notre actuelle ministre de Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Cette réforme consiste à rebâtir presque complètement l'organisation des enseignements. Son objectif est de lutter contre l’élitisme que créeraient les classes bilangues, le latin, le grec, l’allemand, les sections européennes.

Attention ! Deux sujets à ne pas confondre, la refonte des programmes, c'est le contenu des enseignements qui changent et la réforme du collège c'est l'organisation des enseignements qui est modifiée.

Les changements dus à la réforme

Le latin et le grec   

On lit sur le site education.gouv.fr que les élèves qui le souhaitent pourront comme aujourd'hui, apprendre le latin de la 5e à la 3e et le grec en 3e. Ce sera seulement l'accès à ces apprentissages qui sera diversifié. Tous les élèves pourront profiter des apports des deux matières à la langue française en cours de français même (chaque professeur de français doit avoir des bases sur les langues anciennes). Mais aussi dans le cadre des Enseignements Pratiques Interdisciplinaires (EPI), nouveauté au collège qui consistera à consacrer 3 h de l'emploi du temps à différentes thématiques interdisciplinaires déjà proposées.

L'une d'entre elle s'intitule langues et cultures de l'antiquité. "Tous les élèves pourront en tirer bénéfice et non plus seulement une minorité". Pour résumer qu'on le veuille ou non une partie de l'enseignement de la langue latine sera obligatoire mais seulement une ou plusieurs fois au cours de la scolarité. Rassurons comme on peut les latinistes, le latin et le grec deviendront juste des enseignements de complément, donc plus des disciplines à part entière, mais qui seront accessibles à ceux qui souhaitent approfondir l'apprentissage de ces langues anciennes.

Classes bilangues et section européenne

La réforme prévoit la suppression des classes bilangues et de la section européenne, toutes langues confondues. Seulement, au lieu de l'apprentissage d'une deuxième langue en quatrième actuellement, ce sera une deuxième langue pour tous dès la cinquième. Selon la ministre, cela permettrait de créer ainsi des "classes bilangues pour tous dès la 5e". L'apprentissage d'une LV2 réparti sur trois ans au lieu de deux permettra ainsi de libérer du volume horaire pour les enseignements interdisciplinaires.

Autres intervenants, avis sur la réforme

La disparition des classes bilangues et des sections européennes, évoquée dans la réforme du collège affole l'ambassadrice d’Allemagne en France, Susanne Wasum-Rainer. Elle rappelle que l’enseignement de nos langues, dans nos pays respectifs est très important pour nos relations, ne serait-ce que commerciales.

De plus, selon elle, le taux d'apprentissage de la langue allemande en France reste stable aux alentours de 15% depuis 10 ans, seulement grâce aux classes bilangues. En supprimant ce dispositif qui permet d’apprendre parallèlement l’allemand et l’anglais dès la 6e, et en obligeant donc les parents à choisir entre l’un et l’autre, elle craint, tout comme les professeurs d'allemand de voir ce taux chuter.

POUR :

 • Collège unique et égalitaire

 • Urgence de réformer

 • Pratiques qui ont déjà fait leurs preuves                      

 • Confiance et autonomie pour les établissements

CONTRE :

 • Enseignement du latin, du grec et de l'allemand menacé

 • Suppression des classes bilangues

 • La LV2 en 5e serait une surcharge pour les élèves

• Concurrence entre les établissements renforcée

Je suis CONTRE la réforme du collège !

Pour conclure sur ce sujet, on nous annonce des changements et ça sans prise en compte des consultations des professeurs ou des parents. Le décret sur la réforme a d’ailleurs été publié dès le lendemain de la grève… C’est à se demander si la ministre ne se moquerait pas des grévistes… Ce sera comme ça a été dit, point. L'utilité là-dedans ? Ah oui lutter contre l'élitisme...

Je me permets de vous dire une chose, les élèves, ne sont pas égaux de base. Un enfant dont les parents ont les moyens financiers de l'ouvrir à la culture aura plus de facilités dans ses études car il aura un capital culturel plus important qu'un enfant dont les parents appartiennent à la classe ouvrière. Or, c’est un capital culturel fourni que demande l’école. C'est triste mais c'est comme ça, la société fait que.

Mais ils ne sont pas égaux non plus du point de vu des capacités (scolaires). On le sait, certains ont une mémoire plus importante que d'autres, notre capacité à "manger du travail" n'est pas la même pour tous. On ne devrait pas supprimer des enseignements que certains sont capables d'ajouter à leur masse de travail comme le latin, le grec, les classes bilangues ou la section européenne. Nous ne développons pas nos capacités de la même façon, l'écart de capacité existe avouons-le nous ! De plus, intégrer des bases de langues latines en cours de français ne fera, je pense, que creuser un écart entre les élèves en difficultés et ceux qui seront capables de suivre. L'effet d'inégalité sera encore plus grand qu'aujourd'hui. De même pour l'interdisciplinarité, certains élèves ont déjà du mal avec les matières classiques, alors faire des ponts entre les disciplines là, c'est la débandade !

Je me demande si le réel objectif de cette réforme n'est pas d'abrutir les nouvelles générations. Quoi de mieux qu'une population pauvre d'esprit pour faire ce qui arrange les carriéristes politiques !

J'ajouterai aussi qu'en tant que germaniste depuis ma 6ème justement grâce à la classe bilangue, latiniste de ma 5ème à ma 3ème, j'ai peur pour mes langues. Voyons plus loin que le bout de notre nez, si demain il n'y a plus de classe bilangue, de latin, de grec, il n'y en aura pas non plus pour nos futurs enfants ! Personnellement je veux et j'exige ce droit au choix pour les futures générations.

Izzy Boucher, Actu en Rab#, Lycée François Rabelais, Fontenay Le Comte (85)

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.