Billet de blog 20 mai 2014

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LA PRISON LA PLUS SÉCURISÉE DE FRANCE

Le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne fait pour les prisonniers les plus dangereux et les plus violents. Une sécurité beaucoup plus approfondie pour tenir tous les détenus qui ont étés exclus des autres établissements et qui purgent de très longues peines hors du monde extérieur. Malgré un environnement approprié et une bâtisse plus isolée, cet établissement connaît déjà beaucoup d'agressions.

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Le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne fait pour les prisonniers les plus dangereux et les plus violents. Une sécurité beaucoup plus approfondie pour tenir tous les détenus qui ont étés exclus des autres établissements et qui purgent de très longues peines hors du monde extérieur. Malgré un environnement approprié et une bâtisse plus isolée, cet établissement connaît déjà beaucoup d'agressions.

LE DERNIER RECOURS.

Enfin une solution pour les cas les plus difficiles. Le centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe, dans l'Orne, conçu en Septembre 2010 va accueillir les détenus les plus violents... 

Cette prison est en quelque sorte le dernier recours pour tous ces prisonniers. Avec ce centre tout neuf, propre et largement plus petit que d'autres centres, ses trois bâtiments solides, avec chacun leur propre unité de vie de 17 cellules, un terrain de sport et une cour de promenade. A l'intérieur, chaque cellule est bouclée en permanence. Dans les couloirs aucun détenu ne peut croiser un autre. Les bagarres sont donc déjà un peu plus maîtrisées et même évitées. De plus les cellules sont individuelles. Cette attention de sécurité donnée à la construction de ce centre pénitentiaire va, on l'espère, rendre l'incarcération de ces prisonniers beaucoup plus simple et beaucoup plus sécurisée.

Ce centre va-t-il enfin faire régner le respect ou des mesures doivent-elles encore être prises?

DES DEBUTS MALGRE TOUT DIFFICILES.

Mais cette prison n'empêche pas la violence envers le personnel de la prison qu'il soit haut placé ou non. Le 30 Décembre 2013 un surveillant a subi une prise d'otage par des détenus condamnés depuis déjà quelques années. Le 2 Janvier un autre surveillant a été attaqué de coups de poinçon par un prisonnier condamné pour 18 ans de réclusion, le 9 de ce mois encore un surveillant agressé et le lendemain un directeur adjoint blessé lors d'une fouille. La peine de ces détenus a été rallongée de 4-5 années voire plus.

Les prisonniers admis dans ce centre, ont déjà fait le tour de toutes les prisons mais pour cause de trop grande violence ont fini au Centre Pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe. Sur 46% de détenus exclus d'autres usines carcérales, 44% ont été exclus pour violence

Les attaques, les agressions, les coups etc... ne sont pas évités.

Le dirigeant de ce centre pénitentiaire, André Breton est effaré par toutes ces agressions même si pour lui ce n'est pas nouveau.

«USINES CARCERALES» BONNE IDEE?

La construction de petits établissements de 150-200 places est préférable pour réaliser un travail plus minutieux sur les personnes qui ont des problèmes médicaux et des problèmes psychologiques, mais est-ce vraiment une bonne idée?

Par exemple les addictions à la drogue, à l'alcool peuvent être plus faciles à soigner dans des petites structures par rapport à des grandes qui peuvent contenir 600 ou 700 places mais la solitude reste quand même un problème pour ces détenus et le personnel de la prison.

Pourtant, ces nouveaux centres pénitentiaires appelés «USINES CARCERALES» bâtis sur des zones industrielles, sans voisins, sans rien autour donnent aux détenus et aux personnes qui y travaillent un profond sentiment de solitude. C'est loin de tout et dans un environnement vide et triste tout comme l'intérieur de ces prisons. Cellules individuelles systématiquement fermées, aucun croisement dans les couloirs, rares sont les rencontres dans ce genre de bâtiments. Cela peut être avantageux car on évite tout risque mais désavantageux pour ceux qui y travaillent de jour comme de nuit. Cette solitude renforcée peut avoir des conséquences sur la vie des prisonniers et du personnel comme le suicide de certains, l'agressivité et la violence des détenus envers le personnel de la prison et même des détenus envers les détenus dès qu'une rencontre se produit.

Ceux qui travaillent dans cette catégorie de prison veulent vite rentrer chez eux et aimeraient même retrouver une prison «normale» d'après François Korber, ancien détenu et fondateur de l'association Robin des lois.

T.H., P.S. et A.J. du Lycée J. Rostand de Strasbourg.

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