''Eh ! T'as vu le dernier épisode de The Walking dead ? '' On a tous cet ami qui parfois oublie de nous dire bonjour car le destin de ses personnages fictifs préférés passe devant la politesse. Récemment j'ai remarqué la multiplication des articles traitant de l'addiction aux séries et je pense que ce phénomène touche une grande partie d'entre nous. Par Myriam Attia.
Pour commencer il me semble juste de rappeler que ce n'est pas un phénomène propre à notre génération. En effet nos parents avaient eux la mythique petite maison dans la prairie, les feux de l'amour, Mac Gyver ou encore ma sorcière bien-aimée. Ce qui différencie leur génération de la nôtre, c'est la multiplication de séries télévisées en tous genres et surtout leurs accessibilités.
De nos jours, un épisode qui sort à 21h aux USA sera en France le lendemain matin sur internet en version sous-titrée (c'est pas très très légal mais bon). Dans les années 80-90 il était courant de suivre une ou deux séries ''bon Zorro c'est à 19h le mardi et Mac Gyver samedi à midi non ?''. Dans notre ère, c'est totalement différent, une personne peut facilement suivre 4 à 5 séries par semaines et cela va considérablement rythmer ses journées. J'ai commencé à comprendre ce phénomène l'année dernière avec la série Games of thrones le jour où j'ai entendu deux personnes se disputer (violemment) car l'une d'entre elles avait ''spoilée'' une des (nombreuses) morts de la série à l'autre personne. Le spoiler était devenu une telle crainte de la part des spectateurs que des applications avaient été lancées pour supprimer les éventuels spoilers qu'on pouvait voir sur les réseaux sociaux du genre ''La mort de Ned stark dans G.O.T m'a laissé sans voix'' (bon désolée si vous le saviez pas, vous pouvez me détester).
Outre la peur constante de se faire gâcher sa série, un autre symptôme de l'addiction est le vide ressenti à la fin. Par exemple, vous découvrez une nouvelle série (avec un énième triangle amoureux, ou un énième problème de vampire, sorcière ou zombie) vous accrochez et la vous vous faites toutes les saisons sans vous arrêter. Les personnages deviennent comme des amis, vous vous sentez capable de confier tous vos secrets à Monica de Friends ou à Lily et Marshal dans How I met your mother. Mais, toutes les bonnes choses ont une fin et là vous vous sentez vide, comme si une part de vous s'était envolée. Deux options s'offrent à vous, soit vous attendez qu'une nouvelle série sorte, soit vous en commencez une autre (telle une accro boulimique qui privilégie la quantité à la qualité).
Bon assez parlée, je vais essayer de vous montrer en quoi cette addiction peut dans certains cas avoir de mauvais effets sur notre vie au quotidien. Pour commencer, regarder trop de séries peut nous amener à avoir une idée un peu trop idéalisée du lycée, des relations amoureuses ou bien de soi-même. Par exemple, dans une série une journée banale peut se résumer à ça : se réveiller (maquillée et coiffée) dans son appartement , prendre un brunch avec ses amies, aller au lycée (en voiture of course), croiser son crush et la hop il vient vous voir et vous dit ''ce soir toi et moi au restau'' etc. Par conséquent on se met à comparer nos vies à celles de ces personnages et on en arrive vite à la conclusion que nos vies sont banales parce que nous nous avons des dissertations à rendre, pas d'amoureux (enfin ça dépend), des boutons et même (oui oui) des cernes au réveil. Ces séries peuvent également nous permettre de vivre notre vie par procuration (comme dans la chanson de Goldman). Des fois, cela peut avoir des effets positifs par exemple les séries violentes telles que Games of thrones, Dexter ou Sons of anarchy (où les gens se tuent sans raison) peuvent avoir un effet de catharsis c'est à dire permettre à une personne de défouler sa violence ou sa rage sans faire de blessés. Cependant cette ''vie par procuration'' a également des effets négatifs. A travers vos séries, vous suivez les exploits de vos personnages, leurs réussites, leur échecs…Dans certains cas on s'attache tellement aux personnages que lorsqu'ils leurs arrivent une bonne chose on en est vraiment heureux mais, notre vie à nous elle n'a pas changé et elle ne changera pas si on ne fait rien pour. Voir les personnages réaliser leurs rêves ne nous permet pas de réaliser les nôtres c'est ça que j’appelle ''la vie par procuration''.
Si les séries sont si idéales et que si tout est aussi parfait c'est bien évidemment car ce n'est que de la fiction. On ne pourra jamais avoir des vies aussi parfaites en tout point avec pleins de péripéties mais il faut avouer que dans certains cas, c'est cool. Estimons-nous heureux de ne pas être constamment tourmentés par des dilemmes cornéliens du style ''choisir mon père ou écouter mon cœur '' (nous nos dilemmes c'est plutôt ''je souligne en bleu ou en rouge le titre ?''). Pour finir je dirais éteignez ces ordinateurs, sortez dehors, allez voir des gens dans la vraie vie et dehors et non pas sur dpstream, et vous verrez qu'avec de la motivation votre vie sera plus belle que celles de ces personnages (bon peut être pas mais on peut essayer) .
''Si les séries sont si idéales et que si tout est aussi parfait c'est bien évidemment car ce n'est que de la fiction"
Myriam Attia.
Myriam Attia, Le Britannicus, Lycée Jean Racine, Paris 8.