Billet de blog 26 mars 2014

Rédaction Lycéenne (avatar)

Rédaction Lycéenne

Abonné·e de Mediapart

Municipales : la première claque

Dimanche dernier se déroulait le premier tour des élections municipales. Moment symbolique car c’était la première fois depuis l’élection de François Hollande en 2012 que les Français avaient l’opportunité de se rendre aux urnes. Le gouvernement en place n’a alors cessé de rappeler ces dernières semaines que ces élections n’avaient que pour but des enjeux locaux pour assurer le bien-être des citoyens. Une manière habile de détourner la peur d’un vote « sanction » contre la politique d’Hollande. Les premiers résultats émis à 20h ont provoqué bien des surprises.

Rédaction Lycéenne (avatar)

Rédaction Lycéenne

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Dimanche dernier se déroulait le premier tour des élections municipales. Moment symbolique car c’était la première fois depuis l’élection de François Hollande en 2012 que les Français avaient l’opportunité de se rendre aux urnes. Le gouvernement en place n’a alors cessé de rappeler ces dernières semaines que ces élections n’avaient que pour but des enjeux locaux pour assurer le bien-être des citoyens. Une manière habile de détourner la peur d’un vote « sanction » contre la politique d’Hollande. Les premiers résultats émis à 20h ont provoqué bien des surprises.

La droite respire

Et aux premières estimations, Hollande et ses ministres ont vite compris qu’ils allaient passer une mauvaise soirée. Première mauvaise nouvelle, le Parti Socialiste est largement dominé sur l’ensemble du territoire. Au point que l’UMP, pourtant ravagé de scandales jour après jour, distance le parti de gauche de cinq points dans les pourcentages (48% pour l’UMP, 43% pour le PS). Le rapport de force s’est donc véritablement inversé entre les deux camps depuis l’élection du président socialiste. Ce phénomène, qui avait été fortement envisageable par la majorité, ne s’attendait en revanche pas à de tels scrutins dans certaines villes. Notamment à Marseille où le candidat PS Patrick Menucci alors perçu comme le grand favori s’est vu laminer en ne trouvant qu’une pauvre troisième place derrière l’UMP du candidat sortant Gaudin, et du Front National. Mais la surprise est également du côté de la capitale. Anne Hildago, tête de liste PS, presque déjà maire selon certains sondages, souriait jaune lorsque les médias relayaient que Nathalie Koscuisko-Morizet était finalement en tête de peloton. En créant une alliance avec les écologistes pour le second tour, le parti socialiste devrait tout de même réussir à l’emporter. Le suspense n’a toutefois jamais été aussi fort dans la capitale et laisse croire à un possible coup de théâtre. A noter aussi le succès de l’UMP et d’Alain Juppé à Bordeaux, élu dès le premier tour avec 60.95% des voix. Un signal fort pour un potentiel candidat aux élections présidentielles de 2017. En ballotage favorable dans les grandes villes alors sous la gauche depuis 2008 comme Nancy, Reims et Amiens, l’UMP se voit soulager et ne se doit que de confirmer ses bons résultats dimanche prochain lors du second tour.

Le FN annonce la couleur

Le parti de Marine Le Pen a été encore une fois l’acteur principal de ces élections. Les instituts de sondage, qui prédisaient effectivement un succès dans les urnes, ne prévoyaient en revanche pas ce raz-de-marée du Front National. Et c’est dans le Pas de Calais à Hénin-Beaumont que le parti a annoncé la couleur. Steeve Briois candidat de la liste d’extrême droite, a raflé ce premier tour en remportant la majorité avec 50,26% des voix. « Gagner une ville dès le 1er tour, c’était inespéré » se félicite Marine Le Pen. D’autant qu’Hénin Beaumont ne sera certainement pas la seule ville à passer dans les mains du FN. En effet, les grandes villes comme Forbach (avec en tête de liste Florian Philippot, numéro 2 du parti), Avignon, Fréjus, Perpignan, Béziers ou encore Digne les Bains, ont de fortes chances de basculer dans l’extrême dimanche prochain. Face à un tel essor, les deux grosses écuries de la politique ont immédiatement réagi. Le PS appelle alors au Front Républicain entre les socialistes et l’UMP pour éviter que d’autres villes passent sous l’étiquette FN. Pour cela, la gauche s’avoue prête à retirer des listes dans certaines villes pour faciliter une victoire de la droite et l’empêcher au Front National. Dans son élan, elle demande alors le même effort à l’UMP. Chose immédiatement refusée par Jean François Copé président du parti. Pour ce dernier, c’est une tout autre stratégie qu’il compte mette en œuvre. Convaincre les électeurs FN de retourner leur veste dimanche au profit de l’UMP afin de ne pas donner « un coup de pouce au PS ». Dimanche prochain, le Front National devra encore transformer l’essai pour confirmer son excellent premier tour et espérer récolter une dizaine de villes.

 L’abstention, premier parti de France 

Mais l’événement marquant de ces élections restera aussi et bien sûr l’abstention. Pourtant considéré comme le deuxième scrutin préféré des Français après les présidentielles, les élections municipales n’auront donc pas attiré les foules hier. Seuls 64,13% des 44,8 millions d’inscrits se sont rendus aux urnes dimanche. De quoi tenir le nouveau record de non votants dans toute l’histoire de la Vème République. Les principales raisons peuvent évidemment tenir au mieux du désintérêt au pire, du dégoût de la politique. Il faut dire que les affaires qui ont donné ravagé la scène politique cette semaine n’ont pas facilité les choses… De quoi faciliter encore une fois l’ascension du FN. A noter également que ce sont les socialistes qui ont boudé le plus ces élections. Sûrement dans le regret des promesses non tenues par le gouvernement actuel…

Au terme de ce premier tour des élections, les Français auront au moins montré une chose : le rejet de la politique mené par François Hollande. Cela s’est répercuté dans plusieurs actes en particulier l’abstention, par les dégoûtés de cette politique, voire même de la politique en général. Ces non votants ont donc donné un sacré coup de pouce au Front National, qui a triomphé hier notamment par la victoire d’une ville dès le premier tour. Et enfin le succès de la droite qui pourrait bien voler des grandes villes alors tant convoitées par le Parti Socialiste. D’autant que selon un sondage, en cas de confrontation PS/UMP, 53% des Français se tourneraient vers le parti de droite. Un vrai « carton jaune », comme le définissent nombre de spécialistes, a été adressé hier au pouvoir en place. Rendez-vous donc dans une semaine au second tour pour savoir si Hollande et les siens connaîtront cette fois-ci le rouge…

Pierre Lepelletier, http://www.monsieurpierro.com

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.