Billet de blog 27 mars 2015

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Amnesty International à Fontenay : dignité, droits humains et pauvreté

Du 26 au 30 janvier 2015, Amnesty International et le collectif de photographes Œil Public organisaient une exposition pour dénoncer les violations des droits humains. L'occasion pour nous de poser quelques questions. Par Izzy Boucher, Maëllen Gerbaud, Jordan Guérin-Morin

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Du 26 au 30 janvier 2015, Amnesty International et le collectif de photographes Œil Public organisaient une exposition pour dénoncer les violations des droits humains. L'occasion pour nous de poser quelques questions. Par Izzy Boucher, Maëllen Gerbaud, Jordan Guérin-Morin

Illustration 1
© Logo de l'Association

Amnesty International est une ONG indépendante de toute tendance politique et de tout intérêt économique et religieux. L'organisation compte aujourd'hui plus de 3 millions de personnes qui luttent pour le respect, la défense et l'application des droits humains dans le monde. Afin de prévenir et faire cesser les graves atteintes à ces droits, Amnesty mène une mission de recherche et d'action. C'est dans ce cadre que nous avons rencontré trois bénévoles de l'organisation. Par petits groupes, elle a nous invités à réfléchir à des situations emblématiques à travers des textes et des photographies.

Les délogés de Lagos

Le Nigeria attire des entreprises, des banques et des investisseurs pour son pétrole. Afin de répondre aux besoins de cette nouvelle population aisée, des logements, des centres hôteliers et commerciaux y sont construits. Ces nouveaux équipements sont batis sur les bidonvilles aux portes de Lagos. Or, c'est ici que les agriculteurs s'entassent dans l'espoir de trouver un emploi. En effet, la pollution des terres agricoles par le pétrole a entraîné un exode rurale massif. On demande aujourd'hui à ces populations de quitter leurs habitats afin de construire des bâtiments pour les ouvriers du pétrole. Normalement, les expulsions nécessitent un recensement et des indemnités. Des solutions de relogement doivent être proposées et des discussions doivent avoir lieu. Pourtant, ces populations n'ont pas la garantie d'être relogées. De plus, elles n'ont pas la possibilité de donner leur opinion. La décision de détruire ou non les bidonvilles ne tient qu'aux promoteurs immobiliers. Comment se sentir en sécurité lorsqu'on peut-être délogé du jour au lendemain ? Comment se sentir en sécurité lorsque l'on subi des inondations quasi-permanentes ? Ce non-respect des droits humains pose la question de la responsabilité. Sans aucun doute, les entreprises et les producteurs de pétrole sont responsables. Les instances internationales comme le Fond Monétaire International (FMI) et la la Banque Mondiale également soutiennent les nouveaux projets immobiliers.

L'Etat nigérien semble peu se soucier des populations des bidonvilles. Une prise en charge de ces dernières représente un coût élevé, notamment pour l'éducation. C'est le rôle des autres états de venir en aide au Nigeria. Les ONG quant à elles viennent en aide aux victimes du pétrole.

La guerre des terres

En Inde, on ne compte plus les expulsions sauvages. Après ces expulsions, les personnes sont rarement relogées. Elles habitent alors dans des logements précaires sans eau courante ni électricité. Sans eau potable, de nombreuses maladies se développent. Ces pécheurs et ces agriculteurs sont repoussés sur des régions plus reculées ou polluées, ce qui les pousse toujours un peu plus dans la pauvreté. Ils n'ont également plus accès à une éducation et au système de protection sociale qu'ils avaient réussi à avoir avec de l'organisation. Il existe également une forte corruption dans cet Etat. En Inde, ce sont surtout les Intouchables (catégorie de la population la plus pauvre) qui sont touchés par ces expulsions.

L’État indien n’a pas les moyens de faire respecter les traités qu’il a signé car la précarité de la majorité des habitants de ce pays est si grande que ceux-ci ne peuvent pas payer d’impôts. Il y a donc comme principale rentrée d'argent les taxes des entreprises.

La richesse de l'Inde repose en grande partie sur la production de fer. Les habitants sont alors employés par les entreprises exploitant ce fer, et qui sont soutenues par l’État. Il y a donc une guerre des terres entre les personnes qui habitaient déjà sur ces terres et les entreprises qui sont soutenues par l’État indien. Les entreprises acquièrent donc des terres riches en minerais de fer à moindre coût puisque ces terres étaient habitées auparavant par des populations pauvres qui ne connaissent pas toujours leurs droits. D'où l'intervention d'Amnesty International en plus de la dénonciation de ces faits.

Le quartier de Moqattam

En Égypte, en 1993, un séisme secoua tout Masr al-Mahrûsa, pendant près d'une minute. L'une des villes les plus durement touchées par ce séisme est le Caire. Les victimes du séisme ont été relogées sur cette même colline dans le quartier de Moqattam.

Aujourd'hui, ces rescapés se retrouvent rassemblés dans de grands immeubles devenus de véritables taudis de béton. De plus, la capitale attire de plus en plus d'habitants chaque année et la volonté politique manque pour y faire face. La moitié de la population de la ville soit 18 millions vivent dans un quartier appelé « informel ». Les habitants y travaillent souvent au sein des zones périphériques. Malheureusement, peu disposent d'actes de propriété et/ou n'ont pas assez de moyens pour payer les  actes de naissances nécessaires à la possession de papiers d'identité eux-même indispensables pour l'accès à certains droits. Leur inexistence aux yeux de la loi les isole et les enferme dans leur ghettos encore plus et limite leur capacité à revendiquer leurs droits. Le sort de ces « oubliés » illustre parfaitement l'inaction de l'état.

Dans ce quartier la précarité règne tout autant, on trouve dans une seule chambre 7 personnes avec en plus des volailles, une chèvre et un chien. L'accès à l'eau potable est difficile alors que la chaleur est à son maximum en journée. L'entraide et la solidarité deviennent indispensables pour survivre. En plus de la précarité, l'insécurité persiste dans la vallée avec le bourdonnement des lignes à hautes tensions juste au dessus des toits. La poussière, le vent et le sable s'engouffrent dans les cités. Le quartier de Moqattam fait tout autant face à des problèmes concernant le ramassage des déchets.

Effectivement, une grande partie des détritus de la ville est emportée par les "zabbalines" ("ramasseurs"). Ils trient et recyclent les déchets depuis des dizaines d'années. Malgré cela le gouvernement a fait appel à des entreprises étrangères et locales pour assurer la collecte des déchets. Le ramassage des déchets est alors mal effectué dans ces zones pauvres. En 2003 la signature de contrats entre le gouvernement et ces sociétés entraîne une crise. Les "zabbalines" ont tout de même pu se mobiliser contre la privatisation de la collecte des déchets.

Un protocole additionnel (acte modifiant ou complétant un traité portant un ou des droits internationaux) a d'ailleurs été conclu. Il a donné l'espoir de voir changer la situation du quartier de Moqattam, mais son application est encore loin d'être réussie alors que le protocole date de 2010.

Izzy Boucher, Maëllen Gerbaud, Jordan Guérin-Morin, Actu en Rab' #1, le journal du lycée François Rabelais, Fontenay le Comte (85)

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