D'après une estimation du Ministère de la santé environ 1500 personnes se trouvent actuellement en France dans un état pauci-relationnel [de conscience minimal]... Le cas de Vincent L. n'est pas unique. En effet il y a aujourd'hui 131 petites unités médicales (de 6 à 10 lits) occupées à 100% par des personnes qui ont été victimes d'AVC ou de traumatismes crâniens, se retrouvant donc dans un état de conscience limitée, très limitée, voire inexistante. Le problème est qu'il n'y a pas toujours assez de lits pour tous et que de graves questions d'organisation se posent pour ces patients (avant, 2000 d’entre eux étaient placés en maison de retraite, de moyen séjour ou en lits de réanimation non adaptés, ce qui posait problème). Ces victimes dont le diagnostic est posé à la sortie du coma ont souvent une espérance de vie de 10 ans, c'est pour cela que la question du "laisser partir" se pose...
Laisser mourir un proche, une décision douloureuse, une législation peu connue...
Quelques rares fois les médecins et les proches du patient se posent la question du "laisser partir" mais quelle est réellement la nature législative de cette décision? La loi Leonetti du 22 avril 2005 a pour objectif d'éviter les pratiques d'euthanasie, et d'empêcher l'acharnement thérapeutique. Elle permet ainsi au patient de demander, dans un cadre défini, l'arrêt d'un traitement médical trop lourd. Cette volonté peut notamment être exprimée par le biais de directives anticipées, lorsque le patient avant son accident exprime un souhait concernant une prise en charge en cas de coma, ou par le recours à une personne de confiance. Dans le même temps, cette loi propose de développer les soins palliatifs donnés aux patients en fin de vie, afin de prendre en compte leurs souffrances.
Cependant souvent les familles peinent à se poser ces questions... Après les longues années passées au chevet de ce corps presque sans vie, leur attention est en totalité consacrée à ce dernier, ce qui fait de lui un élément central de leur vie. Le "laisser partir" ou "droit de mourir " est rarement évoqué, les conditions varient dans chaque cas ce qui rend la décision plus compliquée...
Ce qui est certain c'est qu'il faut augmenter le nombre de places réservées à ces patients ainsi que le nombre de personnels qualifiés pour pouvoir les accompagner au mieux vers la fin de vie.
J.M., M.I., D.R., Lycée Jean Rostand, Strasbourg.