Jour J-19: Gonesse n'est pas une page blanche

Pour les partisans du bétonnage du Triangle de Gonesse, les champs de la plaine de France ne recèlent aucune richesse méritant d'être protégée. Mais à en croire les naturalistes, cet écosystème, aux sols d'une exceptionnelle fertilité, recèle aussi une biodiversité non négligeable. Inventaire.

Premiers résultats d’un inventaire de la faune et de la flore du Triangle de Gonesse (partie sud)

Les lignes qui suivent relatent les observations effectuées lors de cinq visites, les 19, 25 et 30 mai, le 16 juin et le 1er juillet 2019, dans la partie sud de la plaine cultivée du triangle de Gonesse, dans le département du Val d’Oise.

Note sur le paysage et la végétation

Une description de la végétation spontanée bordant les cultures (haies, friches) donne une idée de ces milieux fréquentés par la faune qui leur est propre. L’accent est mis sur les espèces indigènes, les quelques végétaux exotiques introduits n’ayant qu’un intérêt limité.

2019-09-18-13-52-52

On note le long du chemin de la Justice, après la barrière, l’existence de grosses haies bordant les champs, d’une longueur et d’une épaisseur non négligeables (avant la barrière, se trouvent déjà sur le talus des fourrés très fournis en cornouillers sanguins Cornus sanguinea et églantiers Rosa canina). Hormis les quelques peupliers d’Italie (certains étant morts, mais restant utiles aux oiseaux), l’origine de ces haies est entièrement naturelle. On y trouve des sureaux noirs Sambucus nigra, cornouillers sanguins, églantiers, merisiers Prunus avium, aubépines monogynes Crataegus monogyna, saules marsaults Salix caprea et par endroits des saules cendrés Salix cinerea, fragiles Salix fragilis et blancs (deux sujets assez jeunes), ces trois derniers étant indicateurs de zones plus humides, où l’on rencontre également de jeunes peupliers spontanés (vraisemblablement des Peupliers noirs Populus nigra). Ces haies recèlent aussi quelques sujets de frêne Fraxinus excelsior, d’érable champêtre Acer campestre et d’un prunier sauvage (très probablement le prunier myrobolan Prunus cerasifera). Vu aussi un sujet de poirier sauvage.

 Ces haies présentent une importance fondamentale pour la faune, étant donné que le Triangle de Gonesse, zone de grande culture, en est en grande partie dépourvu. Toutefois, il existe encore dans la partie nord quelques vestiges de haies spontanées, parfois d’une assez grande longueur, où l’orme champêtre Ulmus minor, semble-t-il absent de la partie sud, est fréquent.

En continuant le chemin parallèlement à la voie rapide dite « Boulevard du Parisis », on trouve entre les deux des zones buissonnantes étendues où dominent le cornouiller sanguin et l’églantier ; ce dernier présente deux formes (à fleurs blanches pour l’une et d’un rose soutenu pour l’autre)2. Le merisier y est fréquent. Ces formations arbustives continuent après le pont franchissant la voie rapide, côté sud de celle-ci, où se rencontrent quelques prunelliers Prunus spinosa. La présence de deux espèces d’orchidées indigènes dans les pelouses sèches qui les bordent, le long du chemin qui redescend au sud de cette route à quatre voies, est déjà connue : une petite station d’ophrys abeilles Ophrys apifera et plusieurs d’orchis pyramidaux Anacamptis pyramidalis. Notons que ces derniers sont également présents en petit nombre le long du chemin de la Justice, au nord de la voie rapide.

orchis
Ces deux espèces sont considérées comme assez répandues en Ile-de-France, mais ceci cache une répartition très morcelée ; ce qui est encore plus vrai dans la Plaine de France, où elles sont devenues très localisées du fait de l’agriculture intensive. La Flore d’Ile-de-France (Jauzein et Nawrot, 2011) indique même que A. Pyramidalis « manque totalement » dans la Plaine de France. La station de Gonesse avait donc échappé aux botanistes. Le caractère « commun » de ces espèces ne devrait donc pas être seulement évalué à l’échelle de l’Ile-de- France, mais tenir compte du contexte de leurs stations. L’abondance de ces deux plantes sur des coteaux calcaires ne peut pas être mise sur le même plan que des stations isolées dans la Plaine de France. Le fait de n’accorder de valeur qu’aux stations de plantes rares pourrait finir par contribuer à rendre « rares » des plantes qui étaient « communes », surtout dans les localités où leur abondance a décliné. Nous verrons que le risque d’une telle évolution lié en partie à ce raisonnement assez discutable concerne bien évidemment aussi la faune.

La présence d’autres orchis pyramidaux loin de la voie rapide montre que la plante existait déjà avant la création de celle-ci. Est-ce aussi le cas de l’Ophrys abeille, qui n’est présente, semble-t-il que sur le talus ? Nous n’avons pas d’informations sur la flore qui bordait le chemin plus ou moins effacé par cette nouvelle autoroute. Quoi qu’il en soit, lors du chantier routier, le sol a été bien évidemment bouleversé, mais il n’y a pas de raisons que de la terre ait été apportée. De plus, les talus de la voie rapide ont été colonisés naturellement par une végétation buissonnante indigène déjà décrite, et les quelques sujets d’arbustes allochtones présents sur ces talus (genêt d’Espagne, olivier de Bohême), paraissant d’ailleurs subspontanés, sont loin des stations d’orchidées. Donc un apport de terre provenant de pépinières est à exclure.

Comme les orchis pyramidaux, une autre plante pousse à la fois sur le talus et en dehors (au voisinage du chemin de la Justice) : la chlora perfoliée Blackstonia perfoliata (Gentianacées). Sa présence doit donc être, là encore, antérieure à la voie rapide. Elle est indicatrice de sols marneux où, notons le, peut se rencontrer Ophrys apifera. Une autre plante à floraison plus tardive se rencontre aux mêmes endroits que la chlora perfoliée: la petite centaurée Centaurium erythraea, également une Gentianacée.

chlora
Le chemin vicinal ancien où subsistent des pavés, situé entre des parcelles cultivées au sud de la voie rapide déjà citée (laquelle, cloisonnant la plaine cultivée, a comme on l’a vu pris la place d’un autre chemin il y a une vingtaine d’années environ) mène, à l’ouest comme à l’est, vers des parties incultes ou cultivées moins intensivement.

Il est important de noter que c’est aussi l’association entre ces parties incultes et les parcelles cultivées qui confère à l’ensemble un aspect mosaïque très favorable à la faune des plaines, ces animaux (oiseaux et mammifères en particulier) passant fréquemment d’un milieu à l’autre.

Parmi les plantes des chemins et de leurs bordures, on trouve la Luzerne naine Medicago minima, plante « en régression » et classée « peu commune » selon la Flore d’Ile-de-France. Le même ouvrage indique une association fréquente de cette plante avec le Bec-de-grue

Du côté ouest, les petites parcelles maraîchères et jachères, associées aux friches arbustives voisines, constituent un secteur très favorable à la faune. Dans ces friches, on trouve beaucoup de vieux églantiers et sureaux.

luzerne-naine-et-bec-de-grue
Le chemin menant à l’ancien fort situé plus au nord est bordé d’une végétation fournie (matricaires et coquelicots abondants), présente aussi entre les ornières. La zone inculte du fort est entourée de haies naturelles avec sureaux fréquents, refuge pour les oiseaux et mammifères (lièvre notamment).

chemin
Les chemins, lorsque leur végétation de bordure ou centrale n’a pas été éliminée ou uniformisée par les herbicides, représentent un lieu d’alimentation important pour la faune des plaines, que ce soit les herbivores (lièvre, lapin), les oiseaux granivores qui y trouvent des graines de plantes sauvages (exemples : Linotte, Alouette) ou les insectivores (Bergeronnette printanière, Alouette) qui y recherchent des insectes vivant parmi ces plantes.

Les oiseaux

On distingue deux grandes catégories : les oiseaux typiques de la plaine cultivée et celles des zones buissonnantes incultes. Toutefois, certaines espèces fréquentent les deux milieux, nichant dans les haies et se nourrissant dans les champs, friches et jachères. Nous verrons qu’il existe aussi des espèces ne nichant pas sur le secteur considéré, mais qui viennent s’y nourrir.

Buse variable Buteo buteo

Une Buse est venue chasser le 30 mai dans les zones incultes situées aussi bien au nord qu’au sud de la voie rapide. Cet oiseau, volant sur place contre le vent, est par exemple descendu au sol derrière le chemin de la Justice, dans un secteur avec saules. Par ailleurs, la présence d’une plume de Buse à un autre endroit (sur le chemin ancien, entre des haies d’aubépines, non loin de l’autoroute A1) montre que cette partie sud du triangle de Gonesse est un lieu d’alimentation pour cerapace, dont un couple doit nicher dans une zone boisée des environs.

Faucon crécerelle Falco tinnunculus, Epervier Accipiter nisus

Nicheurs à proximité., il viennent chasser comme la Buse dans les parties non cultivées qui se trouvent au nord ou au sud de la voie rapide (le premier observé trois fois, le second une fois).

Perdrix grise Perdix perdix

Nicheuse. C’est l’un des gallinacés typiques des plaines de la moitié nord de la France ; il est néanmoins bien difficile d’évaluer le fond autochtone de l’espèce en raison des lâchers cynégétiques.

Petit Gravelot Charadrius dubius

Le 25 mai, un Petit Gravelot s’est envolé en criant, partant semble-t-il des environs de la ferme de la Patte d’Oie. Ce petit limicole peut s’accommoder de terrains vagues à défaut de son milieu d’origine (rivages sablonneux ou caillouteux). Cette observation reste unique, mais la date n’exclut pas la possibilité d’une nidification.

Goélands argentés Larus argentatus et bruns Larus fuscus

Des Goélands (jusqu’à une vingtaine d’individus environ), pour la plupart immatures, se reposent souvent au même endroit dans un champ (quelques adultes de Goélands brun et argenté observés).

Tourterelle des bois Streptopelia turtur

feumeterre
Migratrice, arrive début mai, repart en septembre. Hiverne en Afrique, au sud du Sahara. Quelques couples nicheurs de Tourterelles des bois sont présents dans cette partie sud du triangle de Gonesse, grâce aux haies et zones buissonnantes qui y subsistent, ou qui s’y sont reformées. Rappelons que cette espèce est très menacée par l’uniformisation des paysages agricoles, et a beaucoup décliné dans les zones rurales, notamment en Ile-de-France.

Un mâle chanteur était présent le 25 mai dans les haies bordant le chemin de la Justice, et le 30 mai, trois individus se trouvaient dans les parties incultes avec buissons épars, haies et jachères bordant les champs de céréales, dans la partie de cette plaine agricole avoi- sinant l’aéroport du Bourget. Ces oiseaux sont descendus se nourrir dans une jachère où abondait la fumeterre Fumaria officinalis, plante fréquente dans les parties de champs non traitées ou temporairement non culti- vées. Or, Géroudet (1983), citant un auteur anglais, mentionne qu’en Angleterre, les graines de cette plante constituent 30 à 50% des ressources de la Tourterelle des bois. L’attrait de cette « mauvaise herbe » pour l’oiseau, qui se vérifie donc ici aussi, montre qu’une plante très courante (et donc non protégée) peut être indispensable à une espèce d’oiseau menacé.

 

Tourterelle turque Streptopelia decaocto

Sédentaire. Un couple dans la zone considérée : chemin de la Justice, environs de la ferme de la Patte d’Oie. Le 1er juillet, chantait en haut d’un poteau au bord du chemin, à côté d’une Tourterelle des bois.

Pigeon ramier Columba palumbus

Des troupes de Pigeons ramiers viennent se nourrir dans la zone considérée, ces oiseaux pouvant venir de loin ; beaucoup de Ramiers de Paris et sa banlieue viennent ainsi s’alimenter en partie dans les plaines agricoles les plus proches de l’agglomération parisienne (voir aussi Pigeon colombin). Le 30 mai, un groupe de 40 à 50 oiseaux cherchait sa nourriture dans un champ (partie de la plaine au sud de la voie rapide).

Pigeon colombin Columba oenas

C’est la deuxième espèce de Pigeon sauvage fréquentant le triangle de Gonesse, mais en effectifs bien moindres que le Pigeon ramier. Ainsi, le 30 mai, 10 à 12 oiseaux (dont quelques uns mêlés aux Ramiers) se nourrissaient dans une parcelle de champ au sud de la voie rapide.

Notons que Paris possède une importante population de Pigeons colombins nichant dans les quartiers plutôt anciens, sur les monuments, dans les trous des vieux arbres des parcs et des Bois de Boulogne et de Vincennes. Quel rapport, dira-t-on, avec le triangle de Gonesse ? Il faut savoir que le Pigeon colombin, oiseau très farouche, ne descend presque jamais au sol se nourrir dans Paris intra-muros, contrairement au Ramier. Ce dernier se nourrit aussi sur les arbres (de bourgeons, semences, fruits), alors que le Colombin ne trouve sa nourriture qu’à terre (graines de plantes sauvages ou cultivées). Les Pigeons colombins de Paris sont donc obligés de faire quotidiennement des allées et venues entre la capitale et les zones rurales environnantes pour pouvoir s’alimenter. Les terres de Gonesse, à une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau de la capitale, sont parmi les plus proches. Il est donc très probable que cette plaine cultivée soit un lieu d’alimentation important pour les Pigeons colombins parisiens. Si le trajet quotidien de 20 km aller-retour reste supportable pour ces oiseaux, un éloignement de leurs lieux d’alimentation provoqué par une urbanisation rendrait ce trajet de moins en moins possible du fait de la dépense d’énergie, et serait néfaste à la population parisienne de Pigeons colombins.

Nous voyons donc que par le biais de certaines espèces d’oiseaux, un véritable lien existe entre Paris même et les territoires ruraux qui l’entourent.

Pic vert Picus viridis

Deux jeunes et un adulte étaient présents dans les peupliers d’Italie en partie morts des grosses haies situées près du chemin de la Justice. C’est évidemment la présence de bois mort qui attire ces oiseaux se nourrissant d’insectes xylophages.

Alouette des champs Alauda arvensis

Il existe dans cette partie sud du Triangle de Gonesse une population nicheuse remarquable d’Alouettes des champs (présente également dans la partie nord). Il est très difficile d’évaluer leur nombre compte tenu de la grande mobilité des oiseaux, et du fait que tous les mâles ne chantent pas en même temps. Pour toute la partie cultivée située entre le « boulevard » du Parisis, l’autoroute A1 et l’aéroport du Bourget, une vingtaine de couples serait un minimum. Dans les champs au sud du fort, des couples de cette Alouette sont également présents.

nid

Rappelons que l’Alouette des champs est actuellement considérée à l’échelle européenne comme une des espèces d’oiseaux de plaine particulièrement menacées. Pour l’Ile-de-France, où l’espèce est en déclin, la population du Triangle de Gonesse représente donc un bastion non négligeable, et donc une « réserve » d’oiseaux susceptibles de repeupler naturellement les localités limitrophes dans le cas où les effectifs d’Alouettes y seraient en diminution.

Les Alouettes se nourrissent souvent sur les chemins, d’insectes ou de graines de plantes sauvages.

Le blé est nettement plus favorable aux Alouettes que le maïs (un seul mâle chanteur dans une parcelle ne présentant que cette culture), car ce dernier pousse trop tardivement, et présente des pieds trop gros et trop espacés pour cacher leurs nids.
Un nid d’Alouette des champs découvert le 16 juin contenait une ponte de 5 œufs. Ce nid était situé dans l’une des traces laissées par le passage d’un tracteur dans un champ de blé (au sud de la voie rapide), un peu caché par des tiges de blé clairsemées en bordure des tiges serrées intactes. Cette époque correspond à une deuxième couvée.

Migratrice: arrive tôt (février-mars), repart en automne. Des individus plus nordiques hivernent en Ile-de-France.

Hirondelle rustique Hirundo rustica

Niche dans les environs. Vue survolant les champs le 30 mai au nord-est de l’aéroport du Bourget. Un groupe de 5 ou 6 oiseaux adultes volait également au ras des champs de céréales (blé ou orge) situés au sud de l’ancien fort, le 1er juillet ; ils donnaient l’impression de nicher non loin de là. Notons que cette Hirondelle propre au milieu rural niche dans le bourg de Gonesse. Migratrice, arrive début avril, repart en septembre. Hiverne en Afrique.

Bergeronnette printanière Motacilla flava

bergeronnette
Il existe dans le Triangle de Gonesse, et notamment dans sa partie sud, une notable population nicheuse de cette espèce (peut-être une dizaine de couples). La Bergeronnette printanière est à l’origine un oiseau des prairies alluviales, mais qui se rencontre aussi, tout aumoins dans la moitié nordde la France, dans les champs de céréales. Mais comme l’Alouette des champs, elle préfère le blé et évite le maïs. La plupart des mâles sont de la sous-espèce « type » Motacilla flava flava à tête gris-bleu et sourcil blanc, mais l’un d’eux, bien cantonné près du bâtiment isolé au milieu des champs, appartient à celle des Iles Britanniques et des côtes nord-ouest de la France, Motacilla flava flavissima à tête d’un vert jaunâtre et sourcil jaune, dite « Bergeronnette flavéole ». Cette sous-espèce est rare en Ile-de-France.

Niche au sol. Arrive en avril, repart en fin d’été. Hiverne en Afrique tropicale.

Accenteur mouchet Prunella modularis

Sédentaire, nicheur. Deux chanteurs dans les fourrés des talus bordant le chemin de la Justice.
Niche dans les buissons bas.

Rougegorge Erithacus rubecula

Nicheur, migrateur partiel. Présent dans les grosses haies bordant le chemin de la Justice.

Merle noir Turdus merula

Nicheur, sédentaire. Fourrés et haies en bordure du chemin de la Justice.

Rousserolle verderolle Acrocephalus palustris

Migrateur tardif, hiverne en Afrique tropicale. Un chanteur le 25 mai dans un petit champ d’orties à proximité d’une haie, dans la partie inculte située au sud-ouest de la voie rapide. Ce milieu est typique de l’espèce (nidification possible). Cette fauvette de marais est très localisée en Ile-de-France, dans des milieux particuliers (friches humides à végétation herbacée dense).

Hypolaïs polyglotte Hippolais polyglotta

fourre
Arrive début mai, repart dans le courant d’août vers l’Afrique (hiverne au sud du Sahara). Cette fauvette de teinte jaune présente, dans la zone considérée, une abondance inhabituelle qui attire l’attention, notamment dans les parties buissonnantes où dominent le cornouiller sanguin et l’églantier (chemin de la Justice et talus des deux côtés de la voie rapide), dans lesquels elle niche. Début juillet, les jeunes sont volants, toujours nourris par les adultes, qui donnent l’alarme lorsqu’on les approche.

 

Fauvette à tête noire Sylvia atricapilla

Migratrice, nicheuse. Quelques couples dans les buissons assez hauts (chemin de la Justice et friches sud-ouest notamment).

 

 

Fauvette des jardins Sylvia borin

Nicheuse. Un chanteur le 30 mai dans une zone buissonnante avec ronces (chemin de la Justice), retrouvé le 1er juillet. Espèce apparemment peu commune dans le Triangle de Gonesse. Migratrice (hiverne en Afrique tropicale).

Fauvette grisette Sylvia communis

Migratrice : arrive en avril, repart en fin d’été. Hiverne au sud du Sahara. Bien représentée dans la zone considérée où elle niche, mais uniquement dans les parties incultes (bordures du chemin de la Justice, friches sud-ouest et très probablement à l’ancien fort) : terrains herbeux avec buissons épars, en particuliers des épineux (églantiers...).

Pinson des arbres Fringilla coelebs

Nicheur. Un chanteur le 25 mai dans une grosse haie avec peupliers d’Italie bordant le chemin de la Justice.

Chardonneret élégant Carduelis carduelis

Nicheur. Le Chardonneret est l’un des Fringilles (passereaux granivores de la famille du Pinson) communs dans cette partie sud du Triangle de Gonesse, mais uniquement dans ses parties incultes (le long du chemin de la Justice notamment). En effet, comme tous les Fringilles, cet oiseau recherche les graines de plantes sauvages qui ne croissent que dans les zones épargnées par les herbicides. A noter un adulte nourrissant ses jeunes de graines de saule fragile Salix fragilis le 25 mai.

Linotte mélodieuse Carduelis cannabina

Autre Fringille présent dans la zone considérée, nicheur (chemin de la Justice et environs, talus routiers, friches sud-ouest, ancien fort). Bien représentée, son abondance dépasse celle du Chardonneret. Cette population de Linottes mérite une mention particulière car cet oiseau est menacé par la disparition des haies et autres formations buissonnantes où il niche, ainsi que des délaissés incultes où il trouve sa nourriture (graines de plantes sauvages). Les Linottes se nourrissent aussi beaucoup sur les chemins et leurs bordures lorsque des plantes y subsistent.

Serin cini Serinus serinus

Nicheur. Ce Fringille, seul serin sauvage d’Europe, est représenté par un couple le long du chemin de la Justice, non loin de la ferme de la Patte d’Oie.

Moineau domestique Passer domesticus

Niche à proximité du chemin de la Justice : présent notamment à la ferme de la Patte d’Oie.

Etourneau sansonnet Sturnus vulgaris

Présence de groupes de jeunes oiseaux le 1er juillet.

Corbeau freux Corvus frugilegus

corbeau

Le Corbeau freux, espèce exclusivement rurale, niche dans les environs en colonies bien connues, les « corbeautières ». Des Freux viennent s’alimenter dans les champs, par exemple au voisinage du chemin de la Justice. Ces oiseaux peuvent provenir en partie d’une petite colonie existant dans un vieux parc du bourg de Gonesse. Par la présence de ses Corbeaux freux et Hirondelles rustiques, celui-ci reste donc encore incontestablement rural. Contrairement à la Corneille, le Freux ne supporte pas l’urbanisation et ne peut s’adapter aux espaces verts urbains. Cette corbeautière n’existe donc que grâce aux terres agricoles qui l’environnent.

Corneille noire Corvus corone

Observée le 1er juillet (2 individus).

 

 

Bibliographie (oiseaux)

Paul Géroudet. Limicoles, Gangas et Pigeons d’Europe. Ed. Delachaux et Niestlé, 1983.
Paul Géroudet.
Les Passereaux. I : du coucou aux corvidés. Ed. Delachaux et Niestlé, 1980. Paul Géroudet. Les passereaux. II : des mésanges aux fauvettes. Ed. Delachaux et Niestlé, 1984.
Paul Géroudet.
Les passereaux. III : des pouillots aux moineaux. Ed. Delachaux et Niestlé, 1980.
Société Ornithologique de France, D. Yeatman-Berthelot et G. Jarry, 1994 :
Nouvel Atlas des oiseaux nicheurs de France.

Les mammifères

Il n’est fait mention ici que des deux espèces les plus visibles, le Lièvre Lepus europaeus et le Lapin de garenne Oryctolagus cuniculus.

lievre

 

Le Lièvre présente dans le triangle de Gonesse une population exceptionnelle. Dans sa partie sud, le 30 mai par exemple, de 40 à 50 individus y étaient visibles ! Là encore, la proximité immédiate de l’agglomération parisienne devrait faire prendre conscience de l’intérêt de la présence de cet animal. Car il s’agit bien des derniers champs avant Paris et sa banlieue !

Quant au Lapin de garenne, il abonde sur les bordures et talus de chemins, les zones incultes.

Insectes rencontrés

Les insectes n’ont pas fait l’objet ici d’une recherche systématique. Il s’agit simplement des espèces rencontrées à l’occasion des différentes visites sur place.

Myélophile du chardon Myelois cribrella
Petit lépidoptère (Pyralidae) qui était posé sur un chardon de grande taille.

La Myélophile du chardon Myelois cribrella, précisément sur un chardon. 30 mai 2019.

Une Punaise, Dolycoris baccarum, sur sa plante de prédilection, un Verbascum. 30 mai 2019. 13

Punaise Dolycoris baccarum
A été observée posée sur une feuille de bouillon blanc Verbascum thapsus, plante qu’affectionne cette espèce.

Coléoptère

Deux petits coléoptères de 1 cm de long environ se trouvaient sur un capitule de Composée le 30 mai 2019, dans la zone inculte bordant les cultures au sud de la voie rapide. Tout porte à croire qu’il s’agissait de deux représentants du genre Cerocoma, qui est justement connu pour se rencontrer sur les fleurs de Composées. L’espèce reste à déterminer. Il en existe deux en France, et celle qui se rencontre en Ile-de-France serait un insecte rare.

Petit coléoptère (très probablement du genre Cerocoma) sur une Composée.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.