Iraniennes d'aujourd'hui dans MediaVU'

MediaVU' présente un portfolio sur les femmes iraniennes. Elles ont été très présentes dans la campagne électorale, elles le sont aussi dans la révolte d'aujourd'hui.

MediaVU' présente un portfolio sur les femmes iraniennes. Elles ont été très présentes dans la campagne électorale, elles le sont aussi dans la révolte d'aujourd'hui.

Isabelle Eshraghi, photographe franco-iranienne, a fait ces photos «dans l’Iran du XXIe siècle, pays où [elle] me rends régulièrement depuis dix ans.» Le vendredi 12 juin dernier, comme tant d'autres, elle a voté pour la première fois à des élections iraniennes, depuis le consulat à Paris, et depuis «je me sens de plus en plus Iranienne!». Elle poursuit:
«Pour cette dixième élection présidentielle depuis la révolution islamique de 1979, la participation des femmes (comme celle des jeunes) a été déterminante. Le poids de leur vote avait permis, en 1997, l’élection de Mohammed Khatami. Et c’est leur abstention qui, en 2005, a permis la victoire de Mahmoud Ahmadinejad.
Durant la campagne électorale, la mobilisation des femmes a été renforcée par une grande nouveauté: les épouses des deux candidats de la mouvance réformatrice Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi y ont participé activement, aux côtés de leur mari, et n’ont pas hésité à prendre le micro publiquement lors des meetings pour réclamer haut et fort davantage de droits. Tandis que les deux candidats conservateurs, Mahmoud Ahmadinejad et Mohsen Rezai, laissaient leur épouse dans l’ombre.
En Iran, les femmes ne peuvent travailler ou obtenir un passeport qu’avec l’accord de leur mari. En raison de la loi islamique, en justice, leur témoignage vaut la moitié de celui d’un homme. Elle les désavantage aussi pour l’héritage, le divorce et la garde des enfants.
Malgré cette position de seconde classe dans la société, les Iraniennes fréquentent en masse les universités, sont présentes dans l’administration, à des postes clés dans les banques. Les Iraniennes sont éduquées, informées, occidentalisées. Elles aiment leur pays et toutes souhaitent pouvoir contribuer à son évolution dans un espace croissant de jour en jour.
Elles militent avec force, parfois au péril de leur vie. Ainsi la « campagne un million de signatures » visant à obtenir la parité, lancée en 2006 par des féministes, a reçu en France le prix Simone de Beauvoir 2009 pour la liberté des femmes.
Mais depuis quatre ans, j'ai pu observer une répression accrue sur toutes les formes de liberté. Ce qui se passe aujourd’hui, cette révolte tachée de sang, c'est le résultat des quatre années où le gouvernement a cherché à effacer tout espace d’expression.»

Quinze photos à voir sur Mediapart dès vendredi 13 heures.

Isabelle Eshraghi a aussi été l'auteure d'un autre portfolio Mediavu sur l'Iran que l'on peut revoir ici.

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