L'Iran des Iraniennes

La semaine dernière, MediaVU vous proposait les photos prises en 1979 et 1981 d'Alain Bizos sur la république islamique d'Iran.

La semaine dernière, MediaVU vous proposait les photos prises en 1979 et 1981 d'Alain Bizos sur la république islamique d'Iran. Cette semaine, en écho à la série de reportages de Mediapart, «Voyages dans une révolution en ruines», c'est un regard sur l'Iran que vous propose Isabelle Eshraghi. Après 29 voyages en quelque douze années dans ce pays où elle est née, elle s'attache à raconter «la vie toute simple, la vie au quotidien des Iraniens».

 

Le portfolio que nous mettrons en ligne dès vendredi 27 février 13 heures comportera 16 photos en noir et blanc.

Isabelle Eshraghi travaille aussi la couleur, notamment pour les magazines, et pour parler de l'Iran d'aujourd'hui, elle a choisi trois de ses photos:

 

 

«Cette photo a été prise dans les quartiers Nord de Téhéran, raconte Isabelle Eshraghi. S'y croisent des femmes telles qu'elles étaient juste après la révolution de 1979 et la nouvelle génération qui n'a rien connu d'autre que la république islamique d'Iran et vit dans cette modernité extraordinaire.»

La deuxième photo a été prise au café de la maison des artistes de Téhéran. «Le lieu a ouvert il y a 2 ans, il y a beaucoup de passage, de mélange, c'est très agréable, précise la photoreporter. Les garçons et les filles boivent parfois un verre ensemble, sous l'œil attentif des gardiens des mœurs.»

 

La troisième photo est un portrait de Shirine Ebadi, prix Nobel de la paix 2003. «Cette rencontre a eu lieu quelque mois après qu'elle ait reçu le prix, en janvier 2004. On pensait pouvoir passer du temps ensemble mais quand je suis arrivée, elle venait d'apprendre que les députés réformateurs faisaient un sit in dans le parlement suite à l'invalidation de nombreux candidats. Elle était effondrée et elle m'a dit, "si tu pars là-bas, peux-tu remettre ce message et cette fleur à un parlementaire". Mais je n'ai pas pu m'y rendre.»

«Il y a des jours où il faut mener des combats dont on sait déjà que c'est peine perdue», explique Isabelle Eshraghi pour expliquer la lassitude de Shirine Ebadi.

 

 

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