Fonds fem med
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Méditerranée

Suivi par 14 abonnés

Billet de blog 21 avr. 2010

Fonds fem med
Abonné·e de Mediapart

La Convention pour l’élimination des discriminations : les femmes attendent encore

Fonds fem med
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La Convention pour l’élimination des discriminations : les femmes attendent encore

La Convention pour l’élimination des discriminations faites aux femmes (CEDAW) a eu 30 ans en Décembre 2009. Cette convention est justement LA convention pour laquelle il a été fait le plus de réserves par les Etats parties. Une réserve est ce qu’un gouvernement peut opposer à certains articles lui paraissant contraires à des principes culturels ou religieux en vigueur dans son Etat ou –bien plus rarement - lorsque les lois nationales sont plus favorables aux femmes que les articles de la convention.

Dans notre beau monde patriarcal on pouvait s’attendre à ce que les réserves allant contre les droits des femmes fleurissent et c'est effectivement le cas : dans la région méditerranéenne, elles concernent 15 pays sur 21. Sur la rive sud de la Méditerranée, la Coalition « Egalité sans réserve », regroupant des dizaines d’associations de femmes et de droits humains dans les pays arabes s’est formée il y a trois ans afin de demander aux États parties de lever les réserves qui sont incompatibles avec les buts et objectifs de la Convention et de ratifier son Protocole facultatif, et d’harmoniser leurs législations avec les dispositions de la CEDAW.

Et, petit à petit cela bouge ! Quelques mesures positives ont été prises ces deux dernières années : les réserves faites à l'article 9 (2), concernant la transmission de la nationalité de la mère à ses enfants ont été levées par l'Egypte et l'Algérie et celles faites à l’article 15 (4) sur la liberté de mouvement et de choix de la résidence de la femme mariée ont été levées par la Jordanie et l'Algérie. Le gouvernement marocain a aussi annoncé fin 2008 de son intention de lever toutes ses réserves mais les femmes attendent encore. Par ailleurs la Libye et la Tunisie, sans pour autant lever leurs réserves, ont ratifié le protocole facultatif à la CEDAW.

Au niveau régional, les ministres des pays de la zone euro-méditerranéenne, se sont réunis à Marrakech en novembre 2009, afin de faire le point des actions communes engagées depuis la première conférence interministérielle sur le renforcement du rôle des femmes dans la société, tenue en 2006 à Istanbul. En termes plus clairs, depuis 2005, date de la déclaration de Barcelone selon laquelle les partenaires allaient « prendre des mesures en vue d’instaurer l’égalité entre les hommes et les femmes, d’empêcher toute discrimination et de garantir la protection des droits des femmes », certains mécanismes devraient avoir été mis en œuvre par les Etats.

Au cours de cette rencontre de Marrakech, les ministres se sont félicités des efforts déployés jusque alors mais ils ont souligné toutefois « qu’il faut encore déployer des efforts considérables pour donner effet, concrètement et intégralement, au cadre commun d’action 2006-2011 ». Il est vrai que sur le terrain les efforts déployés ne sont pas très visibles !

Les ministres ont souligné par ailleurs « l’importance que revêtent les institutions nationales indépendantes s’occupent de droits de l’homme (sic !) et les organisations non gouvernementales, notamment celles qui œuvrent en faveur de la pleine jouissance par les femmes de leurs droits fondamentaux et de l’égalité des sexes. ». Espérons que cette reconnaissance verbale du travail des associations de femmes sera suivie d’effet et d’octroi de moyens pour leur travail!

Fonds pour les Femmes en Méditerranée

www.medwomensfund.org

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte