Le COVID-19 révélateur d'un racisme latent en occident

La crise sanitaire liée à la pandémie COVID-19 a mis en avant le racisme latent chez les occidentaux qui découvrent leur vulnérabilité.

Avec le nouveau coronavirus, les occidentaux découvrent qu'ils sont eux aussi vulnérables et qu'ils peuvent mourir... ils ont effectivement tendance à l'oublier. Depuis trois mois, tous les médias ne parlent que de ça, le nombre de morts, de personnes contaminées et cetera. Plus rien d'autre ne compte et les privations de liberté sont docilement acceptées par une population craignant pour sa vie. La psychose est générale et donne lieux à de nombreux comportements ridicules.

Pourtant le virus est mortel dans très peu de cas et si les 30.000 morts en France ou les 400.000 au niveau mondial peuvent sembler impressionnants, ils sont en réalité inférieurs au nombre de victimes, de la dengue, du cancer, d'accidents de la route ou encore de malnutrition. C'est justement là que le virus met en évidence le racisme latent et généralisé dans les pays occidentaux.

 

Moins mortel que la dengue qui tue chaque année environ 500.000 personnes dans le monde, dont la moitié sont des enfants, le coronavirus est pourtant beaucoup plus médiatisé et donne lieu à des élans de solidarité et au déblocage de plusieurs milliards de dollars par les autorités publiques. La dengue sévit dans les pays tropicaux, les victimes se trouvent donc essentiellement dans des pays pauvres, notamment en Afrique. Personne ne s'émeut alors de la mort de ces pauvres gens, pas de « mobilisation générale », pas de milliards débloqués ; quand les Africains meurent, l'occident s'en fout. Justement, avec le COVID-19, la majorité des victimes se trouve dans les pays occidentaux, France, Italie, Espagne, Royaume-Uni et bien sur États-Unis. Les habitants de ces pays croyaient vivre à l'abri des épidémies, dans des États développés, avec des systèmes de santé compétents, ils ont vu que ce n’est pas le cas. L'Afrique, elle, se trouve relativement épargnée par le coronavirus qui n'est de toute façon pas la problématique majeure dans des pays en proie à la dengue, la malnutrition, le manque d'eau, le virus du sida et parfois à la guerre.

 

La malnutrition justement, fait en moyenne 25.000 victimes par jour dans le monde pour un total de 9 millions par an. Un chiffre que le coronavirus n'atteindra pas. Pourtant là encore, aucune mobilisation pour lutter contre la malnutrition, peu d'empathie et pas de solidarité internationale. Les victimes de la malnutrition se trouvent en Asie ou, là encore, en Afrique. Sans importance donc pour les occidentaux qui continuent de profiter égoïstement de leur confort sans se soucier de la situation que vivent quotidiennement des millions de familles dans des pays qui sont pourtant des anciennes colonies, pillées pendant des décennies, voir des siècles et qui sont encore aujourd’hui exploités par les multinationales occidentales. On s'émeut plus facilement de la mort de la grand-mère du voisin de palier que la disparition quotidienne de 8000 enfants victimes de la faim. Les pays occidentaux, Europe et États-Unis, ne se préoccupent de l'Afrique que pour ses richesses, pas pour sa population qui meurt de maux curables et non d'une nouvelle maladie.

 

Le nombrilisme qui pousse les occidentaux à se croire plus importants que les autres est ainsi à l’œuvre, une fois de plus et témoigne d'un racisme évident, qui pousse à croire que la vie de quelques Français vaut plus que celle de millions d'Africains.

Les principales causes de mortalité dans le monde en 2020 © ECHO Les principales causes de mortalité dans le monde en 2020 © ECHO

 

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