Manifeste : "médialogie" et positionnement médias, l'ébauche d'une exégèse de l'actu-alitée

 

La pratique de la "médialogie", est à présent une nécessité, rendue de plus en plus réelle par l'accélération des rythmes de transmission de l'information dans le village planétaire et par les multiples variations des messages informatifs de base qu'elle produit sous différentes formes figées et animées, physiques ou virtuelles.

 

 

 

 

 

 

La pratique de la "médialogie", est à présent une nécessité, rendue de plus en plus réelle par l'accélération des rythmes de transmission de l'information dans le village planétaire et par les multiples variations des messages informatifs de base qu'elle produit sous différentes formes figées et animées, physiques ou virtuelles.

 

 

 

 

 

Médialogie et non "médiologie", une autre approche développée autour de l'image et de sa réception par Régis Debray, grand écrivain et sémiologue français, est le terme que j'ai choisi d'initier pour couvrir l'ensemble de cette pratique encore balbutiante en France et en Europe, que nombre de médiateurs tentent encore d'instrumentaliser comme un vecteur de marketing indirect pour les supports qui les emploient.

 

Expérimentée depuis plus de dix ans par mes soins en compagnie de publics allant de l'école élémentaire à l'enseignement supérieur, dans des formats correspondant à plusieurs niveaux d'âge et de responsabilités, jusqu' à celui des adultes en formation continue, cette pratique que je nomme aussi "positionnement médias" devrait devenir à la perception de l'actualité ce que la sociologie et l'anthropologie sont à la compréhension des groupes humains qui la génèrent. Ni plus, ni moins, dans l'intérêt des sociétés humaines.

 

 

 

 

Une réflexion collective, à promouvoir

 

 

 

 

 

 

 

J'ai en effet la quasi certitude d'agir dans ce sens pour que la relation entre les usagers et l'information ne soit pas prise en otage par les intérêts économiques et les actions incessantes de lobbying provenant des milieux politiques internationaux, proches des grands patrons de presse.

 

 

 

Cela demande aussi que soit rendue possible l'élaboration patiente et la pratique régulière d'une réflexion collective, à la fois concrète et théorique, pragmatique avant toute chose et dont le sujet est indiscutablement la diversité du nouveau champ médiatique et communicationnel.

 

Cette "praxis" d'un genre neuf doit être promue par les pouvoirs publics, les citoyens et leurs élus de façon active. Elle doit être choisie par les élus, programmée au budget de l'Etat et des collectivités publiques, comme étant le moyen le plus efficace de s'opposer à la tyrannie d'une information essentiellement mûe par les appétits de profit des grandes entreprises de presse, de plus en plus souvent étendues au périmètre d'une langue, d'une culture, d'un mode de vie.

Cela implique l'encouragement concret et budgétaire par l'Education nationale des programmes et stages déjà mis en oeuvre par le CLEMI ( Centre de liaison entre les enseignants et les moyens d'information). Mais cela ne suffit pas, car les majors de l'information ont très vite compris l'intérêt qu'ils pouvaient tirer en terme de promotion des interventions de ces médias ou de leur distribution gratuite dans les milieux scolaire et étudiant.

Les enseignants, les écoles, les établissement du second degré et l'institution universitaire dans son ensemble courent régulièrement le risque d'être instrumentalisés de cette manière par les groupes de presse dominants, tant ceux de la presse régionale que ceux des autres médias généralistes, qui les transforment facilement en outils de marketing direct des anciens supports d'information qui soufrent d'une vraie désaffection du public, par manque de mise en adéquation entre les cultures rédactionnelles avec celles des différents groupes sociaux visés.

La sphère média est aujourd'hui frappée par la chute brutale du pouvoir d'achat, comme le sont tous les biens de consommation non directement liés à l'urgence ( nourriture, habillement, transports, santé, etc.).

 

 

D'autre part, les pouvoirs croissants de l'image télévisée et des écrans du web classique créent une fascination, déjà analysée par de grands penseurs comme un substitut à la perte du sens du sacré dans nos univers post-modernes.

Cette fascination s'opère au détriment des formes d'investigation et de travaux journalistiques distanciés sur l'actualité, que seules les pratiques de l' investigation déontologiquement encadrée et transmises ensuite par l'écrit et par l'image fixe ou la vidéo professionnelle permettent de faire vivre d'une façon respectueuse des réalités plurielles, pluri-culturelles que nous vivons quel que soit notre pays d'origine ou de résidence.

 

 

 

 

Quelle presse pour quelles sociétés plurielles?

 

 

Sur un blog créé récemment par mes soins pour faire naître et conforter cette pratique, j'ai donc choisi d'éditer le thème qui me semble être la base écrite la plus correcte d'un "manifeste pour la reconnaissance de la médialogie comme une nécessité à part entière" dans nos sociétés plurielles.

 

 

Plurielles, mais où l'information est de moins en moins "pluraliste", et où la création de médias nouveaux et susceptibles de proposer un miroir fiable, à la subjectivité assumée et énoncée en clair, du monde tel qu'il va, s'avère de plus en plus compromise par les lois conjuguées de l'argent et du pouvoir.

 

 

La médialogie commence par là...

La relation entre les citoyens d'une République et les médias qui en décrivent la réalité au quotidien doit donc pouvoir faire l'objet d'une réflexion constante, critique, qui vise à lui restituer la liberté qui fait parfois défaut dans les différents supports de presse, tant matériels qu'immatériels, à travers lesquels tout un chacun est en droit de s'informer librement de l'état du monde et de la société. La médialogie est cette activité qui cherche modestement à permettre à ceux qui acceptent de la pratiquer de mieux lire à travers les lignes, comprendre à travers les photographies, les vidéos et les sites internet d'information ce qui peut les aider à comprendre le monde dans lequel ils vivent, même et surtout lorsque des pressions d'ordre économique, sociétales, médiatiques ou politiques semblent s'y opposer.

 

J'y ai mis en ligne pour illustrer concrètement cette analyse très théorique, un exemple d'atelier d'interprétation des images de presse, point de départ d'un constat plutôt simple à établir, que l'auteur italien Luigi Pirandello nous incitait déjà à faire lorsqu'il écrivait "A chacun sa vérité" pour le théâtre de la fin du XIXe siècle : parvenir à une vision sinon identique du moins partagée du monde et des évènements qui composent nos existences relève souvent davantage des hasards de l'imagination que d'une connaissance bien construite du réel.

 

D'où ce manifeste dont le but est d'inciter l'ensemble des consommateurs d'actualités, l'ensemble des acteurs que nous sommes de la médiasphère à l'exercice constant de la "médialogie", d'une parole tolérante visant à faciliter à tous l'interprétation des faits planétaires comme des faits très locaux. Ou encore à réaliser l'importance de l'échange avec les autres concernant aussi bien les faits et propos rendus publics par les journalistes, photographes, reporters d'images, essayistes, politologues ou personnes ressources dévouées à l'actualité, que sur les formes choisies pour colporter leurs productions.

 

 

 

 

Ce blog est consultable à l'adresse ci-dessous:

http://medialogue-s-blog-49.blogspot.com/

 

 

 

 

Les fichiers d'images joints à ce manifeste peuvent faire l'objet d'interprétations liées ou non à l'actualité de la période récente. A vous de les interpréter si vous le souhaitez en commentaire... Et ainsi de contribuer à cet effort d'intelligence de l'information. Sans préjugé ni "postjugé", a priori ni a posteriori, seulement au degré zéro de votre propre réception, dont vous savez déjà qu'il évolue au gré du temps et de votre propre expérience de l'actu-alitée!

 

 

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