Des quatre ou cinq façons d'écrire immédiappartement

Si pour Rabelais le rire était le propre de l'homme, pour Bergson il constituait une "défense" et, selon certains participants à la première réunion "participative" de blogueurs du club de ce média pas comme les autres qui vous relie à nous, ce média "à part", autant que "participatif", ce serait précisemment une certaine forme de "tristesse" qui caractériserait parfois les pages-écrans de notre raison commune d'échanger par écrit infos et commentaires.!--break--

La porte était ainsi grande ouverte après une entrée en matière précise d'Edwy Plenel, style séance pleinière, à la meilleure façon d'entrer dans la grande tragédie, ou la grande farce du réel, selon, après que chaque participant ait parcouru lors de son arrivée au 8, passage Brûlon un itinéraire flêché, balisé, un coup à droite, un coup à gauche, puis passage à l'étage supérieur, dans un bâtiment néo-post-moderne à l'aspect très HQE "durable".

Jusque-là tout le monde suit. Blogueurs, à vos marques, prêts, partez, nous devons être au moins 13 000 à la fin de l'été!

Les écueils sont repérés : "sur Agoravox, trop de blogueurs tentent de faire du journalisme", a relevé le directeur éditorial de Méd., François Bonnet, posant le cadre du débat entre remarques, propos sur les "contenus", et incitation à contribuer à l'édition "Méta-médiapart". "Expertises qui s'expriment", aussi.

Pour Bérénice, qui s'est dite inquiète un temps que "ça tourne au blog du commerce, en quelque sorte", pour constater ensuite qu'en fait, "la modération fonctionne bien... et personne n'est obligé de lire les commentaires", même si plusieurs blogueurs présents semblaient hésiter quant à la différence exacte entre écrits des blogs, papiers des éditions participatives, textes des commentaires d'après articles, ou d'après billets de blogs!

In fine, après avoir abordé l'épineuse question de l'ascenseur sinon social, du moins des écritures du tréfonds du site vers la Une du Club et, suprême consécration, dans les sommaires de la Une du "Journal", Florent Pommier, Jean-Yves Legalery, Mathieu Magnaudeix, Sylvain Bourmeau ont tour à tour exposé leurs avis concernant les raisons de "labelliser" tel ou tel sujet, essai, qu'il s'agisse d'un "article", d'un "billet" ou même d'un vulgaire "comment-taire" parlant plus fort que les autres, de façon à être entendu des hautes sphères de la rédaction!

Que ceux qui se sentent oubliés n'en veulent mais à l'auteur de ces "lignes", vérité d'un côté des Pyrénées, erreur de l'autre, disait déjà Montaigne dans un autre langage un peu plus XVIe ( siècle) à l'époque où il siégeait dans le fauteuil d'Alain Juppé...

Commentaires donc, d'une part. Soit dans le corpus du canard, dénombrés et pouvant s'intercaler si l'on répond à Jules qui répond à Claire qui répond à Edmond qui répond à Edwige... Enquêtes, articles, d'autre part, au-dessus, nécessairement au-dessus, géostratégiquement.

Editions participatives, ensuite, billets de blogs, à l'étage inférieur, lesquels peuvent encore proposer aux écrivants vélléi-taires une autre strate de micro-éditoriaux, billets d'humeur de fond de cale, lettres frôlant la correspondance pers-anne à la Montesquiou made in Provence, Touraine, près du fleuve royal ou à deux pas du pont Mirabeau, selon, où coule toujours la Seine, d'ailleurs, fort peu gênée par cette soudaine et très liquide arrivée de lettres et de lettrines en vrac, mais trop peu canalisée pour les uns, déjà bien assez pour les autres!

Vive les bugs techniques, ils ont remis en place l'esprit un rien troublé d'un ou deux médiaparteurs, histoire de noter que la vraie question était de savoir s'il fallait ou non supprimer les sus-dits commentaires lorsqu'ils dépassaient les bornes. C'était un peu avant l'arrivée de Benjamin Stora, l'historien de l'Algérie et certainement d'une bonne partie de la planète, un bonheur dans cet instant assez pur, cet échange constituant comme un quasi modèle de démocratie directe, sinon participative!

C'était aussi un peu après qu'un dessinateur hors pair répondant au nom prédestiné de Revenu (Julien, le minimum étant de noter le prénom, car il est d'autres formes de revenus dont on vient de fêter le 40e anniversaire, ceux qui étaient disait-on antan "interprofessionnels et garantis", ceci étant précisé pudiquement), ait noté assez finement que la "question des jeunes" pouvait sans doute aussi être posée. Quid des "djeuns", des cultures urbaines, urbano-rurales, rurbano-rappeuses, HTML version NTM, quoi... Quid d'Ezra, Camille, LOS et les autres?

Et là, scoop : depuis l'ouverture du site de Médiapart.fr en mars, le 17 courant, à retenir pour les anniversaires, une dizaine de suppressions de commentaires outranciers, contrevenants, dangereux pour l'éditeur, irrespectueux mais vraiment, non polis ni éthiquement corrects, ont bel et bien dûs être effacés de la surface abyssale du web. Rap-sotties! In & out-epties! Vieux mot taire que j'aimais...

Websurde mais vrai! Près du bonnet, mais pas tant que ça, car il faut bel et bien raison garder dans une société où l'interdit cultu(r)el rode toujours à deux pas des chaumières durables, des immeubles à ossature bois, des couloirs softs et simplement placo-plâtrés, bien lissés et égayés par des couleurs claires et un peu vertes, mais pas trop. Priorité à la "réception" de tout et par (presque) tous!

Et là, retour d'Edwy, fin du crédit-temps de votre modeste petit rapporteur, qui entendant son train arriver à quelques 25 stations de métro du passage brûlant n'aura finalement dû qu'aux indications expertes de Jean-Michel Helvig, journaliste ( côté canard ) et d'Anne Guérin-Castel ( côté commentaires-z-et blogs, donc club ) de ne pas le louper.

Car le TGV Atlantique, pas plus que son public Médiapart, n'attend le webcanard en retard d'une info, d'un métro, d'une investigation ; l'heure c'est l'heure et Pepy le vaillant P-dg du RFF et de la èssène céèfe n'est pas plus tendre que Plenel le gardien des nouveaux fils RSS du plus performant des médias d'information sur le wouèbe. Et là, no comment, il faut assurer!

Là, clairement, l'informatif et le subjectif sont un rien mixés, mais j'assume l'un comme l'autre et je signe. Grâce aux commentaires, je peux enfin avoir la conscience - faute de science réelle - tranquille. Ceux-là qui s'raient pas content de c'que j'écris peuvent répondre. Et doivent répondre, une fois leur cotise payée, qu'on se le dise! 30 centimes d'€uros par jour, c'est tout de même pas la sécu à boire. Même pas mal, même pas remboursé, sinon au centuple, le plus tard possible!

Oubli! Si vous rajoutez les courriels directs d'un blogueur à l'autre, d'un rédacteur "journaliste" à l'autre, blogueu' ou journalisse, vous avez tous les niveaux de lecture, et d'écriture si possible avant, requis pour faire un tabac. Depuis janvier, n'oubliez pas qu'on ne fume que dehors. Et qu'aux USA, certains états interdisent déjà de fumer dans l'espace privé. A quand l'interdiction de penser dans la rue?

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