Pierre Lemaitre
Les Belles Promesses
Éditions Calmann-Lévy
512 pages
2025
Compulsif : définition : Qui pousse à agir de manière irrépressible, qui est réalisé irrésistiblement.
– Alors, que vaut il le nouveau Pierre LEMAITRE me demanda mon ami JJ, lorsque nous nous sommes vus hier autour d’une IPA ?
Je le regardais longuement, goulûment, alternant une réflexion que j’aurais espérée intelligente et des pensées que j’essayais de faire fructifier dans la mousse de ma bière, crémeuse dès la première gorgée, à la fois florale et caramélisée, fruitée et acide, mais aussi pleine d’amertume, avec un final très prononcé et long en bouche. Comme les livres de Lemaitre !
Puis au bout de 30 secondes de silence interrogatif, je regardais longuement mon ami JJ :
-Et bien vois-tu, il est comme les autres. Il est bon. Il est même très bon, lui dis-je en opinant du chef. Il est comme je l’attendais, et j’égrenais les syllabes les unes après les autres, je m’y suis rué com-pul-si-ve-ment !
Au point vois-tu d’avoir dû déposer pour le reprendre plus tard, mon livre actuel, « Les abeilles grises » du pourtant excellent Andrei Kourkov, et foncer sans plus attendre, dans la saga de la famille Pelletier.
– Oui mais dis donc, moi depuis un an, j’ai un peu oublié les ressorts de cette histoire. Peux-tu m’en rappeler les traits et les personnages principaux, que je m’y retrouve dans le nouveau, « les Belles Promesses » ?
– Le grand projet de Pierre Lemaitre, c’est de raconter le vingtième siècle en 10 tomes, à travers une famille, celle des Pelletier. La trame de fond, c’est l’Histoire et l’histoire, dans laquelle l’auteur cerne petits et grands à travers les époques, hommes et femmes, jeunes et vieux, qui se débattent au gré des circonstances, des intrigues, des guerres, des mutations économiques industrielles et commerciales, de l’évolution de la société. C’est un miroir de nous-mêmes.
-Un peu comme les Rougon Macquart de Zola intervint JJ ?
-Pas faux. Toute proportion gardée, c’est exactement ça.
La première étape, chez Lemaitre, c’est sa trilogie regroupant « Au revoir là-haut » qui l’a fait connaitre du grand public par son Prix Goncourt en 2013 et son adaptation au cinéma couronnée d’un César en 2018, par et avec Albert Dupontel,
puis ce fut « Couleurs de l’incendie » et « Miroirs de nos peines », trilogie qui s’appelait « les Enfants du désastre ».
Suit une tétralogie… tu me suis ?
« Les années glorieuses », débute avec « Le Grand Monde », se poursuivant avec « Le Silence et la Colère » puis « un Avenir radieux », le dernier paru.
C’est peu dire que l’on attendait le quatrième opus qui nous plonge dans les « trente glorieuses » au milieu des années 1963. Moi, en tout cas, je l’attendais, fébrilement !
-Mais les personnages principaux, rappelle-les-moi déjà ?
-Dans son dernier opus, nous avions laissé la famille Pelletier revenue à Paris après 30 années passées à Beyrouth, le patriarche Louis et sa femme Angèle, piliers fondateurs de la famille Pelletier, longtemps installés au Liban, où Louis dirigeait d’une main de fer une entreprise de fabrique de savons, fleuron de l’industrie libanaise. Ils y perdirent un de leurs fils, de mort violente, Etienne, disparu au Viet Nam, l’Indochine de l’époque. Les autres, s’appellent Jean dit « Bouboule », dont la psychologie se révèle dans son surnom, un faux mou, personnage falot et dissimulant sa faiblesse conjugale sous une part sombre et inquiétante. François, le journaliste vedette de la presse du soir, le plus intègre de tous, et futur écrivain, Nine son épouse, Hélène la sœur aimée des frères, mais aussi la belle-fille Geneviève épouse de Jean, garce indécrottable, personnage central et noir de l’histoire, autant ambitieuse que manipulatrice, Geneviève dont il dit « qu’elle vécut d’effroyables emportements intérieurs, des rages volcaniques qui lui rongèrent l’âme. Elle souffrait deux fois, de ne pouvoir hurler au monde sa fureur et sa haine, et que personne ne s’en aperçoive. »
Colette et Philippe sont les enfants de ce couple dissonant et mal assorti.
Enfin, dans ce dernier tome, figure Hélène, sœur de Geneviève qui a rejoint, contrainte et forcée le giron familial depuis Beyrouth. Puis un petit nouveau, Manuel, un paysan ibérique qui viendra se greffer dans l’histoire.
Et last but not least, le chat Joseph, personnage à part entière.
-Ça fait du monde tout ça. On ne s’y perd pas ?
-Impossible. Même pour les nouveaux lecteurs, Lemaitre nous aiguille, et en quelques pages nous voilà immergés dans son univers.
Dans son précédent livre, Pierre Lemaitre retrouvait sa fibre d’auteur de roman policier en troussant une histoire d’espionnage à la John le Carré où François, le journaliste, se débattait dans un panier de crabes et d’intrigues entre Paris et Prague, en pleine guerre froide, avec Nine son épouse, résistant autant que possible aux manipulations politiques et diplomatiques.
Chaque tome a une sensibilité, comme une marque déposée, souvent une noirceur particulière spécifique à l’époque traversée.
-Il vaut donc mieux lire l’histoire dans l’ordre de parution ?
-Oh c’est certainement mieux, mais avec les clés que je te propose, tu peux t’y retrouver et lire chaque tome séparément.
Parce que tu le comprends déjà, Pierre Lemaitre est un formidable conteur, un psychologue averti, un croqueur de personnages hors normes. Il suture des styles très différents, du policier au Thriller, du politique au sociologique mâtiné de moralisme, de l’invention d’écriture à une formidable construction romanesque, sans que l’on devine la moindre trace de cicatrice. Quand tu commences les premières pages, c’est impossible de lâcher le livre.
Bonjour la nuit ! C’est très fort.
– JJ, écoute-moi bien !
Mon ami me regarda, attentif, sans ciller, comprenant que j’allais lui dire quelque chose d’important, d’énooorme !
–Pierre Lemaitre, c’est un enchanteur d’histoires !
Et maintenant, je vais te parler « des Belles Promesses » qui vont clore cette tétralogie, sans bien sûr t’en dévoiler l’histoire mais en essayant plutôt de susciter chez toi l’envie de le lire.
Et de le partager.
Addictif : définition : qui crée ou dénote une dépendance.
La trame de fond des « Belles Promesses », ce sont les années 1963, apogée de ce que l’on appelle « les trente glorieuses ». Les deux cibles matérielles de l’histoire sont étonnamment d’ailleurs la construction du périphérique parisien qui va ceinturer Paris et sa tête d’affiche, « la bagnole ». Ces trente glorieuses, années fastes pour les français, et pour le béton, années où l’expression majuscule est bien « on n’arrête pas le progrès », se révèle en réalité le tracé d’un chemin de croix et de désastre qui nous conduit à notre époque actuelle, celle de la destruction de la planète et du réchauffement climatique. Ce progrès dont nous dit-il, citant l’historien Christophe Rochasson, est plutôt la dernière page du XIX siècle, cet essor dont on croit qu’il sera linéaire et nous amènera au bonheur. Le « c’était mieux avant » n’est que le prélude au « tout va mal maintenant ». Si la bagnole représente un accès à une forme de réussite sociale, elle est aussi l’emblème du pétrole pompé à tout-va, des terres rares exploitées et pillées, du plastique polluant , du trou de la couche d’ozone, de la raréfaction de l’eau, de la consommation maladive d’objets dont l’inutilité est sans cesse renouvelée, où les besoins artificiellement créés relèvent d’une addiction infiltrée dans nos cerveaux, pour tout dire d’une certaine forme de destruction de l’intelligence et de la critique intellectuelle et politique que nous connaissons aujourd’hui.
« Les regards se perdaient au loin vers le long ruban de terre jaunâtre où des camion-bennes se croisaient, où des bétonnières hautes comme des maisons tournaient dans un roulement incessant, où des ouvriers s’activaient au pied de dizaines de grues sous les sifflets des chefs de travaux et dans le vacarme ininterrompu des excavatrices, niveleuses, compacteuses, foreuses, trancheuses…Spectacle sidérant. Jean et Geneviève, comme nombre de Parisiens, avaient bien utilisé le court tronçon déjà en service du boulevard périphérique allant de la porte de Vanves à la porte d’Italie, mais ni l’un ni l’autre n’avaient imaginé un pareil spectacle. Les innombrables travaux d’aménagement de la ville et de la banlieue n’étaient rien en regard du titanesque chantier de ce boulevard périphérique, qui, tronçon après tronçon, viendrait ceinturer la capitale.Cette débauche d’énergie, d’argent, de technique et de sueur était mise au service de l’objet emblématique de l’époque, un produit idéal du capitalisme qu’était devenu la voiture. Omniprésente au cinéma, dans les romans, dans la publicité, elle constituait la marque indiscutable de l’indépendance et de la disponibilité de ceux qui en possédaient une, et figurait tout en haut de la liste des désirs et des rêves de tous ceux qui économisaient pour y parvenir. Par sa vitesse, son individualisme, l’indépendance qu’elle promettait, elle était le symbole de la modernité, l’horizon de joies fondamentales et de vie si intense que la mort elle-même y gagnait un autre visage. Rien n’était plus en vogue que les accidents de voiture, les journaux raffolaient du frisson provoqué par les épaves enroulées autour des platanes et les carcasses immobilisées sur le toit après trois ou quatre tonneaux. On aurait dit que les célébrités se pressaient au portillon de Saint Pierre pour gagner une mort tragique, soudaine et médiatique. «
Sur ce décor-là ultra présent, nous allons suivre toutes les péripéties de la famille Pelletier, emblématique des années 60, des émois du jeune Philippe à l’adolescence rebelle de la petite Colette, de l’enquête et du flair du journaliste François sur son frère Bouboule, de l’enlisement inexorable de celui-ci et des frasques de la reine de la méchanceté incarnée par Geneviève.
Pas que.
Nous verrons aussi le rôle joué par Manuel, l’immigré espagnol.
Et par Joseph, le vieux chat malade qui garde plus d’un tour dans son sac.
Je vous le dis tout de suite :
Il est impossible de vous en raconter davantage car Pierre Lemaitre, que j’imagine devant un immense tableau où sont épinglés tous les personnages de son histoire picaresque, tisse une toile d’araignée aux innombrables fils ; en tirer ne serait qu’un seul, serait dévoiler l’architecture de l’histoire.
Je voudrais juste dire deux choses :
- Il y a une règle absolue, incontournable, pour lire Pierre Lemaitre. Cette règle c’est d’avoir du temps devant soi. Cela veut dire qu’il te faut éviter de lire trois pages avant de t’endormir, sinon tu es certain de passer la nuit blanche, englué à l’histoire, dans l’impossibilité de t’en extirper. Une fois dedans, l’addiction devient la règle et la conséquence absolue.
- La deuxième chose est de replacer « Les Belles Promesses » dans l’histoire globale de cette famille qui se déploie comme un origami. Chacun de ses livres a un climat spécifique, une ambiance, un atermoiement particulier. D’un mot, j’ai voulu proposer une caractéristique pour chacun d’entre eux :
La trilogie : « les enfants du désastre » :
+ « Au revoir là-haut » c’est la désillusion de l’après-guerre, le retour et l’abandon des gueules cassées, le trafic des monuments aux morts, la trahison des héros de guerre.
+ « Couleurs de l’incendie » c’est le thème de la vengeance
+ « Miroir de nos peines » c’est celui de la résilience (la survie et la reconstruction face aux traumatismes de la guerre)
La tétralogie regroupe « les années glorieuses »
- « Le Grand Monde » traite le thème de l’ambition
- « Le Silence et la Colère » celui de l’injustice
- « Un Avenir radieux » c’est celui de de l’illusion, une génération confrontée au mensonge politique comme aux promesses trahies
- « Les Belles Promesses « c’est celui de la manipulation, celle du pouvoir, celle des êtres humains, les compromissions qui pourrissent les relations humaines.
Les « Belles Promesses » pour moi, c’est le mélange « d’Au bonheur des Dames » et de « la Bête humaine » de Zola.
Tout est construit, comme un K-nex géant chez Lemaitre.
Alors me direz-vous, si je n’ai pas lu le premier tome je ne vais rien comprendre aux suivants. C’est inexact. Qui a vraiment lu les 20 volumes des Rougon Macquart dans l’ordre ? Oh certains, nombreux sans doute, j’en fais partie, mais qui n’a pas lu « la Bête humaine » ou « l’Assommoir » isolément, c’est la même chose ici.
Si l’on se plonge dans l’histoire au fil des livres on décuplera son plaisir. Et aussi son addiction. Mais se priver de lire un volume isolé, c’est se frustrer d’un plongeon dans une épopée magnifique, majestueuse, mais à auteur d’être humain.
Dans « les Belles Promesses », outre la trame policière et psychologique remarquablement dialoguée, où les grandes et surtout les petitesses et les mesquineries de la vie, de nous donc au fond, se nouent et se dénouent, la trame politique fruit de l’engagement très marqué à gauche de Pierre Lemaitre donne une densité et une profondeur à son propos qui déborde largement le fil policier dont il s’était fait l’un des chantres. Le bouleversement industriel, le réaménagement du territoire, le remembrement anarchique dans les campagnes, l’expropriation des ouvriers et des petites gens au profit des grands travaux, l’avènement du monopole agricole et de l’agriculture intensive, le sacrifice de l’espace rural au profit des exploitants, à travers les filières capitalistes qui écrasent les maigres tentatives de coopératives laitières, l’exode rural vers les villes, l’époque de la combine, tout cela est dans « les Belles Promesses » et date de ces années-là. Ce sont autant de thèmes qui corsètent et densifient son propos.
Nous sommes dans le roman social, qu’au 19ème siècle, on retrouvait chez Hugo, Balzac et Zola. Ces grands noms de la littérature sont écrasants pour Lemaitre qui leur rend hommage avec beaucoup de tendresse et d’humilité. Mais peu importe, il est dans cette filiation-là, dans une sorte d’héritage conceptuel et politique. Peut-être un jour, dans 100 ans, lira-t-on les livres de Pierre Lemaitre comme un témoignage de ces années 60.
Emile Zola
Jouissif : définition : qui procure un vif plaisir,
Lire Lemaitre c’est éprouver un plaisir de lecture intense. Non, la littérature policière n’est pas le parent pauvre d’une littérature qui se voudrait élitiste. Les grands auteurs sociaux que j’ai pu citer, Balzac, Zola, Hugo, Dumas, ont sans nul doute nourri Lemaitre et leur génie irrigue souvent ses romans. Même si, à mon sens, il est plus près de Simenon ou de Leo Malet.
Georges Simenon
Léo Malet
Jean Patrick Manchette
Ou de Jean-Patrick Manchette qui s’était fait la réputation de maître du polar social, mêlant intrigue policière et critique sociale acerbe. « Le petit bleu de la côte ouest » ou « Fatale » c’était ça. Si Lemaitre est dans cette tradition, il y a tout de même chez lui une envergure historique plus ample, lorsqu’il dépeint les traumatismes de la première guerre mondiale et leurs répercussions sur la société française. Toutes ses intrigues s’ancrent dans un réalisme historique sombre et tragique, avec un humour souvent décapant. J’aime chez lui son attention aux petites gens, aux enfants dont il a défendu la cause des « dys », (dyslexiques, dyspraxiques, dysmétriques…) Lemaitre est plus historien dans la forme, tandis que Manchette est plus dans son époque, celle des 70-80.
N’oublions pas enfin que Lemaitre avant d’être écrivain, était psychologue de formation, qu’il n’a commencé à écrire qu’à 40 ans, ce qui a affûté, aiguisé son regard sur les êtres humains, lui conférant une forte crédibilité. Il a donc cette approche qui lui permet de dépeindre à coups de fusain la psychologie de ses personnages, représentés à taille humaine avec toujours cet arrière-plan historique qui leur donne une résonance universelle.
« Ainsi, exemple parmi d’autres, lorsqu’il écrit que
« Jean était de ces gens, et il en existe encore beaucoup aujourd’hui, qui croient avoir pensé parce qu’ils répètent ce qu’ils ont entendu.»
Dans « les Belles Promesses », comme dans les autres, Pierre Lemaitre utilise la nuance, explore la violence sociale, ici dans le monde agricole avec Manuel, son immigré espagnol au destin autant inattendu que tragique. Il feuillette ainsi le vingtième siècle à un rythme trépidant, avec un style vif et alerte, à son image ; qui ne l’a pas vu incapable de tenir en place dans son fauteuil à la Grande Librairie, tant il est possédé par son histoire et ses personnages ? La mécanique bien huilée de l’auteur de polar qu’il fut, met en valeur l’intrigue, les intrigues, toujours haletantes, nous rendant proches, sympathiques tous ses personnages, même les plus odieux !
« Si vous n’êtes pas à la table, c’est que vous êtes au menu »
disait un Tag que j’ai vu sur un mur. Chez Lemaitre, ce sont toujours les petits qui y sont.
Lemaitre est autant mordant que chaleureux et empathique. Il ne faut pas faire la fine bouche avec un auteur attendu, dont le succès est à la mesure du talent.
Les gens le lisent ? Tant mieux. C’est de la bonne littérature populaire, au sens humain du terme, accessible à tous, ce qui en fait la valeur.
Il est ce grand feuilletonniste du Vingtième siècle, le précurseur des séries d’aujourd’hui, au style autant classique que moderne, précis, documenté, captivant. Hugo, nous dit-il, est un peu partout dans ce livre, Dostoïevski dont il se paye le luxe d’inventer une citation dans « Crime et Châtiment » (« C’est sa propre conscience qui est le dernier juge de l’homme ») , pas du tout !!
L’œuvre de Pierre Lemaitre est hantée par l’idée de liberté, celle dont Pierre Dac disait que
«la liberté , c’est tout ce que permet de faire la longueur de la chaine.»
Alors, par où commencer me demande-t-on souvent, le dernier ? le premier ? Ça peut faire peur 7, et puis bientôt 10 volumes ! A n’en lire qu’un c’est « Au revoir là-haut » et voir dans la foulée l’excellente adaptation qu’en a fait Albert Dupontel. Mais ne me titillez pas trop, vous savez bien ce que je vais vous répondre, il faut les lire tous.
Pierre Lemaitre
Albert Dupontel
Donc, compulsif, addictif, jouissif, c’est sûr.
J’ajoute un autre adjectif : jubilatoire.
Bonne lecture.
Pierre Lemaitre
Les Belles Promesses
Éditions Calmann-Lévy
512 pages
2025
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