Billet de blog 31 décembre 2025

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Patrick LE HENAFF

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2026 se livre à nous!

Bonne année de luttes, bonne année de victoires, bonne année de lectures.

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2026 se livre à nous !

Amis d’un jour ou Amis de toujours,
Relations de passage ou camarades hors d’âge,
Complices des réseaux, inconnus, méconnus, 
A chacun, à chacune, en quête comme moi,
Qui tâche, petitement mais toujours hardiment,
De faire honneur et sens à notre humanité :

Je souhaite une année de lumière, de courage et de liens.

2025 s’éclipse, qui la regrettera ?
2026 s’invite, qui ne la craindra pas ?

Que retenir du monde de 2025,
Toujours plus morcelé, émietté, fracturé.

Délires d’un fou furieux là-bas aux Amériques,
Massacres de tant de peuples, à Gaza, en Afrique,
Océans asphyxiés, Planète embrasée,
Brûlant du Canada jusqu’en Amazonie
Peuples déboussolés, détournés, fracassés,
Notre terre n’est plus qu’un spectacle marchand.

« Car le pouvoir rend fou celui qui le détient » (Camus)

Je préserve en mon cœur, de cette année de loups,
Un moment,
Un symbole,
Un récit.

Le premier, le dernier, avant nombre d’années,
L’entrée au Panthéon du dernier de nos sages,
Du dernier de nos justes, intégrité de fer,
Immense Badinter qui nous rendit si fiers.

Le second, un symbole, un emblème, un insigne,
Un jeune musulman, socialiste et de gauche,
Résista bravement avec fougue et talent,
A la goujaterie, à la bêtise crasse,
S’emparant fièrement d’une mairie enviée,
Celle du grand new York pas si loin de la casse.

Dans une Maison vide que l’on n’attendait pas,
Un immense écrivain a su nous y amener,
Bâtisseur de grande œuvre, c’est Laurent Mauvignier,
Romancier de talent, explosant tous les plans
 

Revers de la médaille,

Le fascisme sans masque qui désormais insiste
Sans véritable honte, visage découvert,
Étouffant les consciences, corrompant les débats,
Infectant les cerveaux, détruisant les pensées,
Nous laissant assiégés, éperdus, dévastés,
Ne semant que dépit chez tous ceux qui résistent.

On peut les enfiler les perles vert de gris,
Quand un ex-président truand récidiviste,
Pavane en librairie, grotesque égotiste,
Quand les médias soldés au diable Bolloré
Aboient en continu leur haine et leur racisme,
Et toute honte bue, ratiocinent sans fin
Un pitre au puy du fou la haine en bandoulière,
Un pseudo philosophe poussant des cris d’onfray.

Je compris de ces faits qu’il ne restait pour moi
Qu’une dernière issue, ou qu’un dernier combat,
Fuir le fascisme ambiant, l’opinion imposée,
Éteindre leurs écrans, et allumer les nôtres.

Camus nous le disait, il y a longtemps déjà :

« Le nationalisme, le colonialisme, l’injustice sociale et l’absurdité de l’état moderne, voilà toutes les questions qui attisent ma colère. « 

Soyons déterminés à les faire tomber !

Les foules sentimentales un peu plus aux abois,
Où passent les égards ? où planquent les émois ?
Quand verrons-nous enfin tempêter les colères ?  

Quand la conscience abdique derrière la consigne,
Nous sombrons à grands pas dans une société
Toujours plus policière, sans cesse ostracisée,
Où un humain servile d’une IA dévoyée,
N’a plus qu’un seul registre, celui de s’effacer.

Victor Hugo est là pour nous le rappeler

« Chaque homme dans sa nuit s’en va vers sa lumière ».

Aragon ajoutait son lyrisme et son cœur :
«Un jour pourtant, un jour viendra, couleur d’orange
Un jour de palme, un jour de feuillages au front
Un jour d’épaule nue où les gens s’aimeront
Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche. »

Alors, sachons nous battre, résister, refuser, 
Sachons créer des liens, laïques et partagés,
Sauver la république si elle est en dangers,
La culture est une arme pour les faire tomber. 

Faisons qu’en cette année tellement embrouillée
Les colères multiples redeviennent des actes,
Les livres et les récits redeviennent des ponts,
Et l’espoir, pour de bon, l’horizon partagé.

 Ce proverbe berbère m’interpelle sans cesse :
« vous, vous avez l’heure, nous, nous avons le temps. »

Ainsi viendra le nôtre. 

Comme Victor Hugo, « je ne suis rien, je le sais, je compose mon rien avec un petit morceau de tout. »
Mais, 
Le vent se lève, il faut tenter de vivre. 
« Donnez-moi l’espérance, je m’occupe de tout » tonnait  Françoise Giroud.

Je la prendrai au mot, je lis Edouard Glissant, sang mêlé, sang créole.  

“L’émerveillement est une aptitude à changer et à connaître. C’est le pressentiment d’autre chose, la conviction d’un possible à réaliser, dans le moi et dans tout ce qu’il observe. Ne voyons-nous pas tout à coup devant quelque chose de sublime ou de quotidien, de poétique ou de banal, que le monde tel que nous l’avons construit est inadéquat, et qu’il existe une autre façon de vivre.” Édouard Glissant.

Enfin, à nous lecteurs, toujours il restera, 
Une esquive fatale,
Une arme de frappe,
Une tête nucléaire.
Le livre, 
L’écriture, 
La littérature. 
Lire délivre nous dit-on,
Car lire des livres,
Mobilise et bouleverse,
Renouvelle nos vies,
Affûte nos regards.
Si un livre à lui seul peut bouleverser la vie,
Il change aussi le monde, j’en suis persuadé ! 
Alors lisons,
Alors lisez, 
Alors faites lire
Ce proverbe Yiddish :

« Ne succombez pas au désespoir, il ne tient jamais ses promesses. «  

Nous, nous tiendrons les nôtres !

Bonne année de luttes, bonne année de victoires, bonne année de lectures. 

https://lignesdefuite.blog/2026-se-livre-a-nous/

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