St-Ethique-slam
Abonné·e de Mediapart

Billet publié dans

Édition

Municipales 2014

Suivi par 25 abonnés

Billet de blog 8 févr. 2014

A Vénissieux, tenir le cap à gauche... c’est maintenant!

Les élections municipales de mars 2014 voit, à Vénissieux, se constituer, de fait, par élimination, un rassemblement que je qualifierai d’opposition de gauche, entendu au plan national comme radicalement en opposition à la « gauche » hollandaise… c’est une histoire que je vous livre.

St-Ethique-slam
Praticien ordinaire du mouvement social : retraité, jardinier, slameur ....
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Les élections municipales de mars 2014 voit, à Vénissieux, se constituer, de fait, par élimination, un rassemblement que je qualifierai d’opposition de gauche, entendu au plan national comme radicalement en opposition à la « gauche » hollandaise… c’est une histoire que je vous livre.

La liste  Tenir le CAP à gauche  à Vénissieux rassemble  PCF, PG, EELV, MRC, et des personnalités.  Cette liste communale a dû refuser clairement le dictat  du PS local qui conditionnait sa participation ainsi : « …nous refusons également, de toute évidence, de souscrire à un projet communal et/ou à une campagne électorale qui s’inscrirait en résistance à la politique nationale » (de François Hollande). Allégeance au gouvernement exigée et doublée d’un «  nous vous demandons de vous engager à na pas faire état de votre opposition à la Métropole de Lyon ». Pas moins, alors qu’au début tout semblait aller comme avant….immuable sous le ciel…

Dès le mois d’octobre,  Le Parti de Gauche de Vénissieux, membre du Front de gauche, s’inscrivait dans une démarche de reconduction  de la majorité municipale sortante conduite par Mme Michèle PICARD ( PCF) .

…Parce que dans le contexte de crise, les valeurs de solidarité portées localement par la majorité sortante constituent un point d’appui pour nos luttes  pour l’emploi, le logement, la défense des services publics et pour l’égalité des droits sociaux et politiques de tous et toutes.

Toute autre solution, prétendant valoriser les intérêts particuliers de telle ou telle catégorie de la population, ou mettant en concurrence les différents quartiers de notre ville, serait porteuse dans ce contexte de crise de divisions telles, que le « vivre ensemble » serait  compromis et laisserait un boulevard encore plus grand au racisme et à la xénophobie ainsi qu’aux politiques gouvernementales d’austérité et de régression sociale dictées par l’Union Européenne….. Telle était l’adresse  faite par le PG à Madame le Maire.

                       La porte restait ouverte  aux socialistes locaux  pour intégrer la liste conduite par le PCF, d’autant que le PS a cogéré et voté toutes les résolutions jusqu’ au dernier Conseil municipal de janvier. Mais le PS  a préféré « une stratégie d’autonomie conquérante » (comme dirait Jean Luc Mélenchon) sur un thème  très cher à la droite : « 80 ans de communisme à Vénissieux ça suffit ». La surprise, voire l’incompréhension de ce coup de force politique est à la mesure des illusions qui subsistent encore à propos d’une certaine gauche.

Mais à y regarder de plus près, cette position est d’une très grande cohérence. Cette position prend prétexte localement du refus du PCF et du Front de gauche  de cautionner la nouvelle gouvernance du couple Gérard Collomb sénateur-maire PS de Lyon  / Michel Mercier, UDI, maire de Thizy, longtemps sénateur et président du Conseil Général du Rhône et entre autre Garde des sceaux sous le règne de Sarkosy.  Ces deux compères se sont partagés le département avec la création – le « braquage »  réussi -  de la nouvelle collectivité territoriale « Métropole de Lyon » en dehors de toute consultation populaire.

            Il en résulte pour nos socialistes locaux un raisonnement en trois points : 1) Nous avons décidé la  Métropole, il faut faire avec, c’est la loi 2) Des ressources  seront redistribués par la Métropole dans ses domaines de compétences qui ne sont ni de droites ni gauche ( l’action sociale,  développement économique …) 3) votez pour nous « on a les bonnes relations » et sur le ton de « l’expert-en-économie-qui-voit-la-sortie-de-la-crise» : « c’est pas comme avec les communistes et leur lutte finale tous les jours » dixit Bernard Rivalta , président du SYTRAL , le réseau de transport du Grand Lyon et élu de Vénissieux à la communauté urbaine ; il précisait, pour conforter ses dires lors de cette même réunion électorale, que Mercier envisageait même d’étendre les compétences du SYTRAL à l’ensemble du département ; ce type a le bras long qu’on se le dise…

Sur le plan idéologique, cette position récompense l’ensemble de la politique menée par Hollande contre les travailleurs : du  refus de l’amnistie des militants syndicaux en passant par L’Accord National Interprofessionnel qui casse le code travail jusqu’à la mise à mort programmée des positions institutionnelles du monde du travail  à travers la réforme prud’homale et la réforme des services de l’inspection du travail en cours.

Aussi, faire tomber  une ville qui depuis Le Front Populaire se trouve au coeur des résistances ouvrières aurait une portée symbolique  et couronnerait le virage libéral assumé par  François Hollande. En un peu plus d’un an, depuis l’affaire Cahusac, on aura fait le tour du socialisme sauce hollandaise : Corruption, Clientélisme, Chômage … Plus sarkosiste que Hollande tu meurs ; non même pas, il y a encore une Valls-à-Venir.

A ce jour, une autre caractéristique – et non des moindres si elle se confirme –  affecte notre commune de 62 000 habitants , la troisième ville du département : l’absence de liste Front national. Dans sa joute pour paraître plus présentable, en cherchant à travestir  ses fondements, le Front National s’est résolu à exclure ses membres les plus visiblement fascistes,  dont Yvan Benedetti élu à Vénissieux. Bien lui en a pris ;  la vague médiatique qui  porte le FN est décidément bien surfaite car celui-ci se trouve fort démuni pour constituer une liste « présentable ».

L’interrogation de l’opposition de gauche porte aujourd’hui sur la volonté   du candidat de la droite locale  dit « candidat de la droite et du centre » qui bénéficie du soutien de l’UMP et du Parti Chrétien Démocrate à représenter aussi cette droite extrême.  Son Sarkosisme bon teint  suffira-t-il ? Ou bien, verrons nous surgir une alliance de la nouvelle droite décomplexée ?

Ainsi, notre ville va être un théâtre de l’expression des nouveaux rapports de force politique, des nouvelles lignes de fractures. 

La stratégie de front de gauche conduit à assumer une opposition radicale  face au PS :

AVEC la liste « Tenir le cap à gauche » qui prend à bras le corps la question sociale  appelant à la fois au vote sanction contre Hollande et au vote utile pour  faire de notre ville un territoire de résistance aux politiques libérales.  Une ville  rebelle, courageuse et solidaire, où il fait bon « vivre ensemble ». 

 CONTRE une liste « casting PS » des soi-disants déçus de la politique de Hollande, mais qui en redemandent et qui osent, sans honte, présenter le clientélisme  au sein de Lyon-Métropole comme une « alternative de gauche».

CONTRE la liste traditionnelle du « dénigrement de la banlieue  et de la détestation du voisin » : celle de la droite sarkosiste et/ ou décomplexée  que nous avons rejeté, toujours rejeté, et qui tenteront de se refaire une santé sur la base de l’incurie coupable de François Hollande.

Claude DELORME  alias St-Ethique-slam.

Adhérent PG à Vénissieux.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
La nomination d’Éric Coquerel suscite une polémique parmi les féministes
Plusieurs militantes ont affirmé que le député insoumis, élu jeudi président de la commission des finances, a déjà eu un comportement inapproprié avec des femmes. Mais en l’absence de signalement, aucune enquête n’a abouti. L’intéressé dément, tout en admettant avoir « évolué » depuis #MeToo.
par Lénaïg Bredoux et Mathieu Dejean
Journal — Parlement
Face au RN, gauche et droite se divisent sur la pertinence du « cordon sanitaire »
Désir de « rediabolisation » à gauche, volonté de « respecter le vote des Français » à droite… La rentrée parlementaire inédite place les forces politiques face à la délicate question de l’attitude à adopter face à l’extrême droite.
par Pauline Graulle, Christophe Gueugneau et Ilyes Ramdani
Journal — France
Extrême droite : la semaine de toutes les compromissions
En quelques jours, le parti de Marine le Pen s’est imposé aux postes clés de l’Assemblée nationale, grâce aux votes et aux lâchetés politiques des droites. Une légitimation coupable qui n’augure rien de bon.
par Ellen Salvi
Journal — Culture-Idées
L’historienne Malika Rahal : « La France n’a jamais fait son tournant anticolonialiste »
La scène politique française actuelle est née d’un monde colonial, avec lequel elle n’en a pas terminé, rappelle l’autrice d’un ouvrage important sur 1962, année de l’indépendance de l’Algérie. Un livre qui tombe à pic, à l’heure des réécritures fallacieuses de l’histoire.
par Rachida El Azzouzi

La sélection du Club

Billet de blog
L’inflation, un poison qui se diffuse lentement
« L’inflation est un masque : elle donne l’illusion de l’aisance, elle gomme les erreurs, elle n’enrichit que les spéculateurs, elle est prime à l’insouciance, potion à court terme et poison à long terme, victoire de la cigale sur la fourmi », J-Y Naudet, 2010.
par Anice Lajnef
Billet de blog
Oui, l’inflation s’explique bien par une boucle prix – profits !
Il est difficile d’exonérer le patronat de ces secteurs de l’inflation galopante. C’est pourquoi les mesures de blocage des prix sont nécessaires pour ralentir l’inflation et défendre le pouvoir d’achat des travailleurs. Par Sylvain Billot, statisticien économiste, diplômé de l’Ensae qui forme les administrateurs de l’Insee.
par Economistes Parlement Union Populaire
Billet de blog
Pourquoi les fonctionnaires se font (encore) avoir
3,5 % d'augmentation du point d'indice, c'est bien moins que l'inflation de 5,5%. Mais il y a pire, il y a la communication du gouvernement.
par Camaradepopof
Billet de blog
Les services publics ne doivent pas être les victimes de l’inflation
L’inflation galopante rappelle que le monde compte de plus en plus de travailleurs pauvres dans la fonction publique. Les Etats ont pourtant les moyens de financer des services publics de qualité : il faut faire contribuer les plus riches et les multinationales.
par Irene Ovonji-Odida