Marseille à Gauche Populaire et Solidaire

Au cours de sa récente et fameuse conférence de presse, le Président de la République en dévoilant son “Pacte de Responsabilité”, a redéfinit les contours du paysage politique français.

Le PS était jusque là une organisation social-démocrate qui s’assumait plus ou moins. Ce positionnement politique maintenait le parti de la Rose très légèrement à la gauche de l’échiquier politique. L’orientation économique du gouvernement est depuis ce jour là définitivement a classer à droite, saluée par le patronat, et plébiscitée par tous les fanatiques ultra-libéraux. A tel point que même l’UMP s’est confondue en balbutiements et autres borborygmes flous pour exprimer son malaise face à des mesures qu’elle n’avait pas osé mettre en place quant elle était au pouvoir. Dernièrement, face à la recrudescence des manifestations réactionnaires le gouvernement a suspendu sa “politique de la famille” et a renvoyer sine die l’examen de ce texte. Les questions sociétales étaient jusqu’a présent le seul domaine dans lequel le gouvernement continuait à entretenir l’illusion d’une politique de gauche. Cette époque est elle aussi révolue. Nous ne parlerons pas , en plus, de ce qui se trame en coulisse avec le pacte transatlantique sur le commerce et l'investissement, train de mesures qui aggraveront les politiques d’austérité...Pour reprendre le mot de Laurent Mauduit nous constatons jour après jour cette”étrange capitulation”, qui est en fait la suite logique du virage social démocrate entamé par le PS au milieu des années 80. Pour notre part, ce tropisme de Gauche nous l’assumons ou plutôt nous le revendiquons! Nous croyons toujours que l’identité politique est une affaire de choix et que cela se résume (trivialement) à définir des priorités entre classes populaires et classes supérieures, entre intérêt commun et propriété privé, entre patronnat et salariat...Cette introduction, aussi laborieuse soit elle, n’a d’autre rôle que de redéfinir la réalité du clivage Droite/Gauche. La Gauche de gouvernement peut elle encore se dire de Gauche? La Sociale Démocratie se muant, de façon assumée, en Social-Libéralisme qu’en est il encore réellement de la Gauche? Peut on encore sans être hypocrite penser que Hollande ou Valls sont de Gauche? Pour nous la question est tranchée depuis longtemps et la réponse est évidemment NON! Mais ce clivage Droite/Gauche ne peut être convenablement appréhendé que si l’on ajoute à la grille de lecture politique d’autres lignes de fractures qui opposent de façon transversales les Français de Droite et de Gauche. Mais là n’est pas le propos du jour. Ce dont nous parlons c’est de la solitude légitime que ressentent de plus en plus les gens de Gauche, ou plutôt ceux que l’on désigne communément comme étant à la Gauche du PS. Paradoxalement cette fracture horizontale du champs politique peut être aussi appréhendée de façon verticale. Les décisions du National allant souvent à l’encontre de la base et du Local. Relativisons donc notre sentiment de solitude...Politiquement, à l’échelon National, ne demeure plus que le Front de Gauche comme force politique de progrès!Alors oui avec le Front de Gauche, Marseille sera réellement à GAUCHE!

 

A quelques semaines du 1er tour des Municipales, La situation à Marseille reste indécise et...c’est peu de le dire! Mais le débat des municipales s’enlise inexorablement autour des trajectoires individuelles interlopes, des alliances douteuses et des luttes de pouvoir acharnées à l’intérieur des deux gros blocs politiques. Et, comme un acte manqué, nous passons collectivement à coté de ce qui devrait être au centre des discussions. Marseille et son AVENIR!

Tout se passe comme si le destin de la ville et de ses habitants était une question subsidiaire. En réalité cette stratégie consensuelle d’évitement des problématiques masque (mal) la vacuité  des engagements et l’indigence des propositions. Le Front de Gauche fait une campagne centrée sur les véritables enjeux de cette élection. Nous contestons collectivement la “pipolisation” de la politique et nous restons concentrés sur le dialogue, l’écoute de nos concitoyens et l’acuité des problèmes. L’enjeu national est évident mais il appartient au domaine de la politique politicienne pure. Nous ne verserons pas dans la démagogie populiste en jetant l’opprobre sur ces débats techniques parce que nous considérons qu’ils sont inhérent à la pratique politique courante et qu’ils n’ont pas à être dénigrés plus que de raison. Mais nous préférons nous concentrer sur ce que nous pouvons apporter aux Marseillais et sur ce que nous pouvons corriger en termes de dysfonctionnements démocratique et de participation citoyenne, en termes de transports, en termes d’emploi, en termes de logement et  en termes d’urbanisme par exemple. Nous terminerons par la question du “Vivre ensemble” trop souvent galvaudée et trop souvent abordée de façon superficielle. Le but du jeu n’est pas de détailler le programme du Front de Gauche pour Marseille, programme que vous pouvez retrouver en cliquant ici, mais plutôt de mettre en lumière la singularité et la pertinence des propositions de notre mouvement, tout en y incorporant notre propre grille de lecture et d’analyse,a ainsi que  bien évidemment une indéniable dose de subjectivité.

 

Sécurité

 

La plupart des programmes proposés au Marseillais, se contentent sur ce thème, d’aborder la sécurité comme un “symptôme”. Le Front de Gauche reprend quant à lui, la philosophie et l’analyse globale des acteurs de terrain, des familles et des collectifs de quartier qui se sont emparés de cette question à rebours de l’habituel postulat sécuritaire. Ce que le Front de Gauche à compris, contrairement à beaucoup d’autres, c’est que la violence dans les quartiers et ailleurs n’est pas une cause mais une conséquence des  politiques d’austérité menant à la réduction drastique des effectifs et à la pénurie de personnels et de moyens  dans l’Education, dans la Santé, dans les Transports, dans la Culture, dans les services de proximité et dans tous les domaines où le service public devrait être suffisamment doté pour garantir la tranquillité aux habitants et l’harmonie sociale. En parlant de “L’Humain d’abord!” le Front de Gauche ne mène pas une simple campagne de slogan, mais réaffirme plutôt ce qui fait notre différence politique majeure et ce qui fait que nous sommes les seuls a encore croire que ce sont les Marseillaises et les Marseillais qui détiennent les clés de la résolution des problèmes. Pour la Sécurité nous pensons que le volet répressif, aussi nécessaire soit il, ne peut et ne doit pas être la seule réponse à apporter. Ces politiques sécuritaires ont fait preuve de leur inefficacité et du manque de courage et d’imagination politique. Ce que nous défendons c’est une approche rassurante et encadrante. C’est pourquoi nous réclamons un contingent supplémentaire de 400 policiers et de 100 douaniers, ainsi que la relocalisation de la police municipale au plus près des quartiers. Mais cette proposition ne saurait être efficiente si elle n’était accompagné d’une mesure originale de prise en compte et d’accompagnement des victimes, des familles en danger et des jeunes pris dans l’engrenage des réseaux. Et pour se faire nous demandons la création de la maison de la prévention et des droits des citoyens. Le dialogue, l’écoute, l’accompagnement dans les démarches de soins ou le labyrinthe administratif ne peuvent être remplacés par la simple expression de la force. La sécurité est un droit inaliénable et comme tous les autres droits fondamentaux de la personne, sa défense passe par l’implication de chacun! Ces maisons seront basées sur la coopération entre les habitants, la police nationale et municipale, des travailleurs sociaux (assistante sociale etc.), des associations, les collectivités territoriales et des élus de proximités. Le but étant de remettre la SOLIDARITÉ au centre des pratiques pour lutter contre toutes les formes de violences!

 

Transports et Urbanisme

 

Dans ce débat de “spécialistes”, l’extension du métro et du tramway ressurgit fréquemment dans le cadre de la diffusion de “La nouvelle vulgate municipale”. Pourtant ces débats éthérés ne font que décrédibiliser  un peu plus celles et ceux qui au pouvoir depuis des décennies n’ont rien fait et se réveillent à chaque élections pour promettre aux électeurs “monts et merveilles”. Il faut considérer la politique comme une chose sérieuse et la parole publique comme un engagement.

Le Front de Gauche tient lui aussi cette promesse, mais notre parole est crédible et nous mettons les marseillais devant ce qui sera leur choix. Lorsque nous seront  en capacité de peser lourdement sur les décisions dans notre ville, les Marseillaises et les Marseillais verront que de la parole aux actes il faut de la volonté! Et que cette volonté de changement est inscrite dans l’ADN politique des futurs élus de notre bord. Nous voulons un métro qui aille jusqu’a l’Hôpital Nord, à Saint Loup et vers Chateau Gombert. D’une part pour rattraper le retard accumulé au cours de décennies d’immobilisme et de politique velléitaire. Ces extensions ne sont pas un caprice mais un rattrapage en termes d’infrastructures. Marseille est toujours la 2ème ville de France et se voit handicapée par le minimalisme de son réseau de métro. En kilométrage cumulé de lignes de métro Marseille arrive derrière Paris, Lille, Lyon et même Toulouse! D’autre part ce manque de volonté politique et d’ambition pour les Quartiers Nord de Marseille peut aussi s’expliquer par le fait que personne n’ait remis en cause le PUD de 1959. Ce Plan d’Urbanisme Directeur divisait Marseille en deux zones fonctionnelles distinctes: Le Sud et l’Est étaient décrétés “Ville Verte” pour les loisirs et la villégiature, le Nord était pensé comme “Ville dortoir”. Bien des années après les “trente glorieuses” la “ville dortoir” se transforme progressivement en “ville mouroir”! Mouroir économique, mouroir social, mouroir des perspectives et des espoirs de toute une jeunesse! Le métro n’étant pas un simple moyen de transport de masse mais aussi et surtout un formidable outil de reconnexion économique et social des quartiers avec le reste de la population marseillaise et avec les bassins d’emploi! Le Métro jusqu’a l’Hôpital Nord est une urgence vitale pour Marseille, c’est une artère qui re-vascularisera ces territoires ischémiés.  Bien sur nous voulons la gratuité des transports!Les décisions prises en matière d’urbanisme sont d’une sensibilité extrême parce qu’elles sont foncièrement idéologique et qu’elles changent  la vie des gens de manière durable. Le fait d’avoir privilégier le “tout voiture” correspondait à une vision de la ville du futur dans les années 50/60. La ville, et Marseille en l'occurrence, était envisagée de manière utilitariste, comme un immense espace a agencer de manière régulière et bien déterminée. Une ville avec des zones commerciales, des zones industrielles périphériques, des zones d’habitations catégorisées allant des HLM aux zones pavillonnaires. Ces zones d’activités finissant par re-dessiner le tissu urbain marseillais et l’éloignant de son identité et du coté “organique” de son développement urbain naturel. Dans cette nouvelle ville, c’est le réseau routier et donc la voiture qui sert de vecteur de “sociabilisation”. Et c’est là un non sens absolu, tant la voiture est devenue une extension prothétique de notre individualisme! Le “tout voiture” s’est fait au détriment d’un concept ancestral qui dépasse même le cadre de l’urbanisme: La RUE! Dans la rue et à hauteur d’homme les gens se parlent, se saluent, travaillent, commercent, se soutiennent, se rencontrent, s’aiment et se séparent! Dans la rue les gens vivent! Dans la rue le peuple s’exprime et se fait entendre, dans la rue Marseille cultivait sa méridionnalité populaire et ses valeurs occitanes d’hospitalité et de tolérance, de partage et de solidarité. Dans la rue Marseille doit redevenir POPULAIRE! Pour que les commerces de proximités  ré-ouvrent et que les activités économiques de proximité reprennent le dessus sur l’insoutenable emprise de la globalisation. Notre ambition, au sein du Front de Gauche est de repenser, en collaboration avec des architectes, des historiens et des urbanistes, Marseille dans sa totalité, sans Nord, sans Sud, juste Marseille!

 

Emploi

 

Rien ne se fera dans cette ville sans que des mesures énergiques de relance de l’emploi ne soient décidées. L’emploi est un domaine dans lequel la compétence municipale reste limitée. Pour autant des orientations et des mesures en faveur de certains domaines d’activités peuvent être prises à l’échelon municipal. Le Front de Gauche fait du port et des activités liées au port un point essentiel de son programme. Nous nous rallions à cette position parce qu’au delà de l’aspect économique, le port est au coeur de l’identité marseillaise et que son destin et celui de la ville vont de paire! Le Port doit devenir une des plaques tournantes des échanges internationaux. Le port doit anticiper l’évolution structurelle de fond que représente la baisse inexorable du trafic des hydrocarbures et s’orienter vers les domaines de la réparation et de la reconstruction navales. Domaines requérant une main d’oeuvre nombreuse et qualifiée. Le port, mais aussi la ville dans son ensemble doit entamer sérieusement sa transition écologique et sa transition énergétique. Les secteurs de l’industrie verte sont des gros pourvoyeurs d’offres d’emploi qualifiés. Ces transitions devront être corrélées à la mise en oeuvre de programmes de formation ambitieux  et prodigués prioritairement en direction des travailleurs sans emplois de nos quartiers. L’économie Solidaire et Sociale est une économie dont la démarche et l’éthique correspondent exactement à l’époque que nous vivons et à la situation de Marseille et des quartiers populaires de Marseille en particulier. Nous pensons qu’il faudra soutenir toutes les initiatives qui vont dans le sens du raccourcissement des circuits de distribution et de la revitalisation économique de nos quartiers. L’entreprenariat n’est pas un concept que nous rejetons d’office, mais nous ne l’acceptons que si celui ci est dénué des réflexes de prédation, de compétition capitaliste et d’ambition égotiste! Nous encouragerons nous aussi et nous soutiendrons tous les projets de SCOP (Société Coopératives et Participatives de Production) et de SCIC (Société Coopératives d’Interêt Collectif). Encore une fois nous redisons que la solution est COLLECTIVE!




Logement

 

Avoir un logement digne et salubre est un droit fondamental. Au même titre que l’emploi il est l’alpha et l’oméga de toutes les perspectives de développements individuelles ou collectives! La qualité globale du logement est un facteur socio-économique primordial qui détermine de façon considérable la relation qu’entretiennent les habitants/citoyens avec leur commune. A tel point que c’est effectivement dans les ensembles de logements les plus dégradés que l’on retrouve les taux de chômage les plus importants et les taux d’abstentions les plus élevés. La maîtrise publique du foncier est une étape déterminante de la reconquête du politique face aux dérives spéculatives et celle ci nous permettra d’investir dans la construction de logements sociaux accessibles. Il faudra, comme nous le demandons depuis si longtemps, aller au delà des 20% de la loi SRU et appliquer cette obligation légale arrondissement par arrondissement! Cette mesure permettra une plus grande mixité sociale et réduira la fracture Nord/Sud que certains s’évertuent encore à nier. La réhabilitation des quartiers est une opération importante de revalorisation des habitats populaires et nous serons vigilant quant à son déroulement et attentifs à la parole des associations de locataires. La rénovation urbaine doit se faire avec les habitants, la concertation est une obligation légale et nous la ferons respecter. Nous militerons pour que les travaux de réhabilitation et de construction répondent impérativement aux normes écologiques HQE...l’Écologie pour Tous! Nous sommes et resterons farouchement opposés aux mesures d’expulsion, qu’il s’agisse de locataires en difficultés ou des Roms. Nous pensons que l’expulsion locative est une mesure violente, brutale et inappropriée pour une société dite “civilisée”. Nous sommes pour des solutions respectueuses de la dignité humaine! Nous pourrions aborder le droit à l’éducation et à la prise en charge de la petite enfance, le droit au sport, à la culture et à la santé mais nous ne pourrons dire mieux que ce que le programme du Front de Gauche  à Marseille ou les 101 propositions du CQPM ont déjà développé. De la même manière que la question du chiffrage des mesures et les  moyens du changement trouvent leur réponse dans le discours de Jean Marc Coppola. Il nous reste une question essentielle à traiter avant d’en finir.

 

Vivre Ensemble

 

C’est devenue une antienne ou un mantra inlassablement répété jusqu'à la perte de sens, l’oubli ou la nausée. Beaucoup parlent du “Vivre Ensemble” mais n’en ont qu’une vague idée superficielle. D’ailleurs cette expression n’est plus qu’une figure de style ou un élément de langage, lors même qu’elle devrait être au coeur de toutes les préoccupations politiques! “Le Vivre ensemble” ne peut pas être abordé sous l’angle unique de la morale ou du “politiquement correct”. Cette posture a échouée et elle sert aujourd’hui de contre argumentaire efficace au FN et à ses satellites. Nous n’aborderons pas de manière spécifique et distincte les sujets de la Laïcité, du Racisme et des discriminations ainsi que les problématiques directement liées a la pratique politique, à la citoyenneté et à l'exigence démocratique. Toutes ces matières font système et sont intimement connectées les unes aux autres. D’ailleurs la plupart dépasse le cadre des municipales, mais elles méritent d’être envisagées dans l’optique du travail politique post éléctoral. Les quartiers populaires sont un enjeu politique lourd et le seront de plus en plus.

Du point de vue électoral comme du point de vue sociétal. L’antiracisme institutionnel, de par sa réflexion hors sol et son refus de considérer le Racisme comme étant aussi un problème politique et pas seulement un problème moral, à contribué à la relativisation de celui ci et à sa “démocratisation”. Si bien qu’aujourd’hui nous devons lutter contre un racisme protéiforme, multiple, centrifuge et centripète. A ne pas lutter contre les discriminations de masse, l’inégal accès aux droits et le creusement des différences de conditions d’existence, nous avons collectivement faillis dans notre lutte contre cette pathologie sociale qu’est le racisme. Ou plutôt que sont les racismes. Aujourd’hui l’idée que tout le monde est le raciste d’un autre s’est vulgarisée au point que même dans nos quartiers populaires des gens votent FN par réaction, par dégoût, par provocation et hélas de plus en plus par adhésion. Si le FN continue sa stratégie de séduction des classes moyennes en élaborant officiellement  un ersatz de discours  social, anti-européen, anti-mondialisation, anti-élites et finalement anti-beaucoup de choses. Le parti des Le Pen s’appuie dans nos quartiers sur l’autre pilier de sa stratégie de banalisation: Soral et ses thuriféraires. Ce dernier a mis en place un discours de revalorisation en direction des personnes issues de l’immigration post coloniale en expliquant que eux aussi était de “bon français”, des “bons français racistes” mais des “bons français quand même” (pour schématiser). Cette méthode d’intégration par l’exclusion d’autres catégories de personnes est paradoxale mais efficace. Elle répond à un besoin naturel de considération. Considération que la France n’a pas sue démontrer à cette partie de sa population. Le marasme économique, la violence, l’habitat dégradé, le mépris institutionnel et cette relégation perpétuelle agissent comme autant de catalyseurs du discours frontiste. Le travail politique que nous mènerons avec les camarades du Front de Gauche est crucial. Il s’agit ni plus ni moins de reconquérir politiquement ces territoires abandonnés de la République. La reconquête se fera par des paroles mais surtout par des actes. Il faudra réinvestir physiquement nos quartiers, soutenir et développer des programmes ciblés d’éducation populaire pour lutter contre les campagnes d’intoxication sociale que mène le FN et ses alliés. Il faudra proposer un arsenal de mesures efficaces pour lutter contre les discriminations et faire de l’Egalité des Droits et des traitements la pierre d’angle du discours antiraciste. Son objet et sa finalité! La situation politique de nos quartiers peut être comparée à une sorte de “Stalingrad”. Une bataille démocratique historique que nous ne devons pas perdre si nous voulons vraiment que le “Vivre ensemble” soit une réalité concrète! Cette bataille devra aussi nous amener à reconstruire notre identité collective...et nous en revenons là à Marseille et à sa spécificité. Le discours sur la République et sur la Nation est un discours qui ne peut pas toucher des gens qui se sentent rejetés et qui le sont! Ce discours peut au mieux servir de base idéologique au National Chauvinisme du FN et de la Droite dure. Ce qu’il faut reconstruire c’est une identité qui ne repose pas sur les approximations, les oublis et les mystifications du roman national. Mais sur les blessures à panser de notre histoire commune, sur les liens millénaires que la France et que Marseille entretient avec le reste du monde. Rebâtir une identité plurielle qui tiennent compte des différences et qui les acceptent comme des avantages et pas comme des inconvénients. Une identité qui repose sur des valeurs universelles de partage, de solidarité, d’équité et de tolérance. Une identité qui accepte de laisser l’individu se prévaloir de son attachement à sa ville, à son quartier sans pour autant que cela soit vécu comme un danger ou un repli! Une identité qui nous laisse choisir nos ancêtres dans la sublimation de leurs luttes et de leurs sacrifices. Une identité forte, sereine, confiante en l’Humain, une identité apaisée, tournée vers l’avenir! Tout le contraire de cette identité rétive, exclusive, discriminante et passéiste avec laquelle  les bonimenteurs d’extrême droite nous empoisonnent lentement...mais sûrement. Pour cela il faudra du courage, de la volonté et une énergie monumentale pour défaire ce que la lepenisation rampante des esprits a construit en 30 ans. Il faudra surtout commencer par les récuser lorsqu’ils se disent patriotes et leur rappeler leur histoire politique et de qui ils/elles sont les dépositaires! Il faudra les récuser lorsqu’ils parleront au nom de la France et des français en leur rappelant qu’ils/elles ne sont pas la France et qu’ils ne sont que les représentants d’une colère mal orientée! Il faudra les reconduire au seuil de leur cagibi politique duquel nous n’aurions jamais du les laisser sortir! Il faudra beaucoup, mais nous nous y consacrerons a plein temps, pour ne plus reculer, ne plus se taire, et ne plus détourner le regard!

 

Politique et Hommage aux Militants

 

Un mot sur nos camarades et sur la beauté de l’engagement politique. A rebours du discours ambiant je voudrais rendre un hommage sincère aux militantes et aux militants de terrain. Celle et ceux qui dans le froid de Février et sous la pluie de Mars battent inlassablement le pavé. Tendent des tracts, organisent des réunions, débattent, collent des affiches par centaines et se mobilisent sur toute la campagne pour faire avancer nos idées. Je leur dirais qu’ils/elles sont l’honneur de notre démocratie et qu’ils/elles en sont l’espoir. J’éprouve une immense fierté à chaque fois que je le dis, mais je ne cesse d’être surpris par la maturité de mes camarades, par leur abnégation, leur détermination. Sachant qu’au Front de Gauche tous ces militants sont bénévoles, du tractage à l’affichage, tout est affaire de conviction. Le café pas toujours chaud, la colle qui pégue sur les mains, les digicodes qui rendent fou, les sandwiches improbables rapidement expédiés, les coups de fil incessants, les rendez vous qu’on a du mal trouver...tout ce quotidien de campagne qui finit par devenir épopée! Je suis fier de compter parmi ces gens là et c’est a eux que revient tout le mérite d’une campagne. C’est à eux que devrait s’intéresser les médias pour bousculer la certitude nihiliste des abstentionnistes! Marseille mérite des gens comme ça, Marseille mérite le Front de Gauche!



BENSAADA Mohamed

Front de Gauche 13/14

Gauche Populaire et Solidaire

Marseille, le 1er Mars 2014

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