Marseille : Un Tartuffe nommé Pape

Ni gauche ni droite”. Eventuellement les deux. Nulle part et partout à la fois. Saint faucheur de “fourmilières politiques” qui envoie ses apôtres paître chez les grecs d'époque : “laisser l’étiquette à la porte des vestiaires”. Messie-People aux couleurs mauves apocalyptiques qui aurait reçu une révélation du profil de ses ouailles. Idéalement coupés de racines et naufragés jetables à l'usage et sans risque, ses colistiers doivent illustrer la parabole christique: “ Si quelqu’un vient à moi, et s’il ne hait pas son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, et ses sœurs, et même sa propre vie, il ne peut être mon disciple”.

Petite entreprise papale
Cornaquée par un gourou politique condamné dans le plus retentissant des scandales politiques avant de naviguer de gauche à droite, la petite entreprise papale définit l’homme d’affaires médiatique. Jadis traiteur de footballeurs, le candidat aborde la foire politique comme un marchand rôdé aux négociations de luxe. Ses listes se monteraient au plus fort capital-risque. Loin de “changer la donne”, les investitures y sont aussi chères que les titulatures dans son ancien club olympique :
“dix à quinze mille euros pour une tête de liste. A valoir sur éventuel remboursement public qui baisserait de moitié ou tiers dès la seconde place...” Cueillis à froid dans leurs vagabondages socio-idéologiques, un essaim de juristes sans portefeuille, retraités précoces ou experts en mal d'expérience rivalise sous l'autel marchand du plus offrant. A la merci d'un directoire de campagne qui cumulerait les tares managériales, les premiers rôles jouent les champions du monde en compétence” et “réussite” pour vendre une “vision politique à l’anglo-saxonne”. En sus, le soft-communautarisme pour gonfler les effectifs. Les primes soutiens en furent les prestes détracteurs. Les nébuleuses écologistes, démocrates, radicales ou métropolitaines n'attendirent pas leurs restes. Mêmes les fidèles fustigent encore les coulisses de leur caverne céleste du Vieux-Port : “ en vitrine, un quarteron de colons blancs. Autour, les indigènes indésirables mais corvéables...”.

Evangile sans miracles
Sur le plan programmatique, l’évangile papal est autrement virginal. Hormis un “Contrat citoyen” et son “happy” dérobés aux écolo-cocus de la maldonne générale, les coureurs de miracles se contentent de paraboles prophylactiques : “vous savez, le programme, c’est une chose dont tout le monde parle quand il n’y en a pas. Mais qui n’intéresse personne quand il y en a...” Les plus enthousiastes se rendent aux pirouettes rhétoriques de défiance sportive. Genre :“ vous allez voir ce que vous allez voir...” Le pape sans diocèse privilégierait les alcôves médiatiques pour se faire pipelette voire mauvaise langue : “tel politique médirait de lui parce qu’il lui aurait résisté. Tel autre aurait lorgné sur sa bourse...L’avenir serait à lui : au gouvernement ou sur la scène locale. L’histoire l’a déjà fait : Premier président noir d’un club de foot.” Finalement, cette candidature n'échappe pas aux spéculations cyniques sur les enjeux et prospectives communautaristes. Opportune pour relancer une notoriété infructueuse, elle doit franchir le seuil du remboursement public pour briguer les re-traites faciles dans les palais de la république sous les couleurs d'un adversaire plus chanceux. A Paris, l'alternance automobile. A Marseille, l'éternelle arlésienne...

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