Tour de l'Afrique du Sud en chansons

Je ne sais pas pourquoi, quelque chose me dit que l'on va beaucoup parler de l'Afrique du Sud ces prochaines semaines, et pas seulement de sa musique. Quel dommage. Car il y a dans ce pays des ressources qui vont bien au-delà de Johnny Clegg.

Je ne sais pas pourquoi, quelque chose me dit que l'on va beaucoup parler de l'Afrique du Sud ces prochaines semaines, et pas seulement de sa musique. Quel dommage. Car il y a dans ce pays des ressources qui vont bien au-delà de Johnny Clegg.

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Non qu'il y ait lieu de mépriser le groupe: il fallait probablement pour chanter en Afrique du Sud, Nelson Mandela (emprisonné pendant 27 ans), Steve Biko (torturé et assassiné en 1977), Victoria Mxenge (assassinée en 1985) et Neil Aggett (syndicaliste torturé et assassiné en 1982).

Il n'en résume pas la diversité musicale.

Je pense aux Ladysmith Black Mambazo, ce choeur zoulou (c'est-à-dire originaire de l'est du pays) d'hommes qui reprennent les chants des mines, à leur belles voix de basse, à leur démarche de chat, qu'on a pu découvrir en occident grâce à Paul Simon, au moment de son album Graceland.

Paul Simon & LadySmith Black Mambazo 1 © almirCCR

 

Il y a aussi Myriam Makeba, "Mama Afrika", d'origine Xosa (au sud de l'Afrique du sud) dont la chanson Pata pata a fait le tour du monde, toujours engagée, au sein de l'ANC, auprès des Black Panthers et qui morte en 2008 à Naples, alors qu'elle venait soutenir l'auteur de Gomorra, Roberto Saviano.

Je me souviens aussi de Solomon Linda auteur en 1939 de la chanson sud africaine la plus connue sans qu'on connaisse souvent son origine: Mbube, le lion en zoulou. Elle a été achetée pour 25 schillings à l'époque à ses auteurs et n'a jamais fait leur fortune. Pourtant, elle a été reprise ou adaptée par Henri Salvador, les Beach Boys, REM et même par Disney dans Le Roi lion qui en a tiré pas moins d'1,6 millions de dollars en redevance.

Je découvre à l'occasion du film Invictus le Soweto String Quartet, qui s'inspire aussi bien du jazz africain que du kwela, un genre populaire dans les années 50 et du mbaqanga, plus rural et syncopé, qui s'est épanoui dans les années 60.

On peut aussi y entendre le choeur africain de Johannesburg avec Shosholoza. C'est au départ une chanson de travail entonnée par les ouvriers des mines d'or à la fin du XIXème siècle. Elle est devenu l'hymne des populations noires sous l'apartheid, puis, à partir de la coupe du monde de rugby, en 1995, elle a envahi les stades pour devenir le chant des supporters sud-africains.

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