tpetitberghien
Abonné·e de Mediapart

Portfolio publié dans

Édition

Musiques du monde

Suivi par 81 abonnés

Portfolio 21 mars 2017

Le blues touareg de Tinariwen à La Maroquinerie

Tinariwen, pilier de la scène musicale touarègue, est à La Maroquinerie à Paris pour trois dates. Guitares électriques, chèches et chants traditionnels du Sahara racontés en images.

tpetitberghien
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

  1. Olivier Hoffschir

    Originaires de Tamanrasset en Algérie et de la région de Kidal au nord du Mali, dans l'Adrar des Ifoghas, Tinariwen rend hommage à ces montagnes sahariennes dans lesquelles ils ont grandi, désormais occupées par des djihadistes trafiquants. Depuis leurs débuts, Tinariwen véhicule un message de paix pour la communauté touarègue et chante l'Assouf, la nostalgie en tamacheq, la langue des touaregs. 

  2. Olivier Hoffschir

    Le public est tassé dans la petite salle de la Maroquinerie, il fait déjà chaud lorsque le groupe monte sur scène. Drapés de chèches et de turbans traditionnels, les musiciens décrochent les premiers sons de guitare, on décolle.

    Le son électrique et lancinant transporte. Les têtes du public vacillent doucement, emballées par les riffs et la mélancolie qui se dégage de cette musique. Les musiciens s'échangent leurs guitares, jusqu'à quatre sur scène en même temps. Les morceaux deviennent plus ardents, l'ambiance monte au fil du concert jusqu'à la transe, une transe venue du désert portée par ces voix rugueuses.

  3. Olivier Hoffschir

    En février, le groupe publie son huitième album "Elwan". Enregistré en exil entre le Maroc et la Californie car trop dangereux de le faire à Kidal (nord du Mali), ville dont la plupart des membres du groupe sont originaires, où sévissent encore trafiquants et djihadistes.

  4. Olivier Hoffschir

    "Elwan" signifie "éléphants" et désigne "ces hommes qui écrasent tout chez nous, qui veulent être les plus forts" résumait Abdallah, un des leaders du groupe.

    Un album emprunt de riffs électriques et sablonneux, des morceaux parfois mélancoliques et comme souvent militants. Dans "Ittus" ("Notre objectif"), une voix éraflée s'interroge: "Quel est notre objectif? C'est que notre communauté soit rassemblée. Un jour, on va voir le drapeau tamasheq sur notre territoire". 

  5. Olivier Hoffschir

    Le territoire des touaregs : les déserts, appelés tinariwen en langue tamasheq. Un peuple connu par le passé pour son nomadisme dans le Sahara, se nomment eux-mêmes « Kel Tamatsheq », « ceux de langue tamasheq », ou « Kel Taggemoust », « ceux qui portent le voile ». Ce sont des peuples de culture Amazigh (Berbère) qui utilisent une écriture très ancienne appelée le « tifinagh ».

  6. Olivier Hoffschir

    Plutôt considéré comme un mouvement culturel ou un courant musical, la formation n’est pas figée. Les artistes participent à leur guise aux différents projets, même si les leaders Ibrahim ag Alhabib « Abraybone » et Alhousseini ag Abdoulahi « Abdallah », compositeurs et guitaristes, perdurent et assurent la continuité.

  7. Olivier Hoffschir

    Dans les années 1990, certains membres du groupe ont participé à la rébellion touareg face au gournement malien de l'époque.
    On raconte que certains touaregs ont mené la rébellion arme à la main, guitare électrique dans le dos. 

    Formés dans les camps libyens de l'ancien dictateur Mouammar Kadhafi, ils ont pris les armes pour revendiquer leurs droits. Après l'accord de 1996 avec le gouvernement malien, les riffs de guitare ont définitivement pris le dessus sur la kalachnikov. 

    En 2006, Jérémie Reichenbach réalise Teshumara, les guitares de la rébellion touareg, un documentaire qui révèlera davantage ce groupe. Il évoque la naissance de la formation musicale dans les années 1990, pendant le soulèvement du peuple touareg face à la répression malienne.

  8. Olivier Hoffschir

    Tinariwen a un vrai public en France, « on vient de Kidal, au nord du Mail, mais on ne se présente plus ici, on se connait n’est-ce pas ? » questionne Abdallah entre deux morceaux. Et pour cause, la Maroquinerie a annoncé trois dates il y a déjà plusieurs mois, du 18 au 20 mars, toutes trois affichaient complet.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Les Ukrainiens écartelés entre la dureté des batailles, les tourments de l’exil et la peur de rentrer
L’Ukraine, qui entre dans son quatrième mois de guerre, a pour le moment échappé au pire : l’invasion totale du territoire national. Mais le pays reste déchiré, entre celles qui ont fui à l’étranger la menace russe, celles qui rentrent d’un exil forcé, parfois dans une grande détresse matérielle, et ceux qui se battent, à l’est et au sud.
par Mathilde Goanec
Journal — France
Législatives : dans le Sud, le pas de deux des identitaires et du RN
À Nice, Menton et Aix-en-Provence, trois figures des identitaires se présentent aux élections législatives sous les couleurs d’Éric Zemmour. Le RN présente face à eux des transfuges de la droite et fustige leur radicalité, alors qu’ils étaient membres du parti quelques mois plus tôt.
par Lucie Delaporte
Journal — France
Redon : un mutilé, les fautes du ministère de l’intérieur et la justice qui enterre
Le 19 juin 2021, en Bretagne, lors d’une opération menée pour interdire une rave party, Alban, 22 ans, a eu la main arrachée par une grenade tirée par les gendarmes. Le 11 mars 2022, le parquet de Rennes a classé sans suite. Pourtant, l’enquête démontre non seulement la disproportion de la force mais les responsabilités de la préfecture et du ministère de l’intérieur. Mediapart a pu consulter des SMS et des appels aux pompiers, accablants, enterrés par le procureur de la République.
par Pascale Pascariello
Journal
La majorité se montre embarrassée
Après les révélations de Mediapart concernant le ministre Damien Abad, visé par deux accusations de viol qui ont fait l’objet d’un signalement à LREM le 16 mai, la majorité présidentielle peine à justifier sa nomination au gouvernement malgré cette alerte. La première ministre a assuré qu’elle n’était « pas au courant ».
par Marine Turchi

La sélection du Club

Billet de blog
Recrutement enseignant : une crise des plus inquiétantes pour l’avenir de l’école
La crise de recrutement enseignant atteint cette année un niveau largement plus inquiétant que les années précédentes dont les conséquences seront gravissimes pour le service public d’éducation. Elle témoigne, au-delà de ses dénis, de l’échec de la politique de Jean-Michel Blanquer.
par Paul DEVIN
Billet de blog
Lycéennes et lycéens en burn-out : redoutables effets de notre organisation scolaire
La pression scolaire, c’est celle d’une organisation conçue pour ne concerner qu’une minorité de la jeunesse Lycéennes et lycéens plus nombreux en burn-out : une invitation pressante à repenser le curriculum.
par Jean-Pierre Veran
Billet de blog
L’Ecole et ses professeurs à bout de souffle : urgence vitale à l'école
Nous assistons aujourd’hui, dans un silence assourdissant, à une grave crise à l’Ecole. Le nombre des candidats aux concours de l’enseignement s’est effondré : ce qui annonce à court terme une pénurie de professeurs. Cette crise des « vocations », doit nous alerter sur une crise du métier et plus largement sur une crise de l’Ecole.
par Djéhanne GANI
Billet de blog
Ndiaye et Blanquer : l'un compatible avec l'autre
« Le ministre qui fait hurler l'extrême droite », « l'anti-Blanquer », « caution de gauche »... voilà ce qu'on a pu lire ou entendre en cette journée de nomination de Pap Ndiaye au ministère de la rue de Grenelle. Beaucoup de gens de gauche qui apprécient les travaux de M. Ndiaye se demandent ce qu'il vient faire là. Tentons d'y voir plus clair en déconstruisant le discours qu'on tente de nous imposer.
par Jadran Svrdlin